vendredi 27 mai 2016

Inspirations pour le District XXX

L'article Quadrants, Districts, Lander et autres zones montre où se situent les mondes du jeu de rôles Empire Galactique (de François Nedelec, 1984) ainsi que ceux créés par les joueurs qui continuent à l'affectionner 20 ans après (confer site Encyclopédie Galactique), en utilisant une image d'artiste de la Voie Lactée.


Le Secteur 412/39 a été renommé District XXX (lire : "district numéro 30"), selon la volonté des joueurs qui ont perpétué le jeu de rôles sur internet. La discussion qui a abouti à ce choix peut être intégralement lue ici : Des subdivisions adminsitratives. La Galaxie est ainsi partagée en 100 Districts qui sont autant de cubes de 10000 années-lumière de côté.

Dans ce District XXX, on trouve :
- le Lander Gandalf, anciennement nommé "Les Marches d'Arcadius",
- la zone Dante Aloïsi
- la zone des Etoiles Brisées
- la zone du Trèfle (anciennement numérotée 312/54A8)
- et bientôt la Marche de Calyspo (à l'angle sud-est du Lander Gandalf, au sud de la zone du Trèfle).

Dans les images ci-dessous, le District a été positionné sur des cartes établies d'après deux classiques de la science-fiction : Star Wars et Star Trek.
Ces deux épopées sont néanmoins largement antérieures au contexte historique d'Empire Galactique dans la chronologie de l'Histoire du Futur :
- Star Trek est à considérer au 28ème siècle de l'ère chrétienne;
- Star Wars au 86ème siècle;
- tandis qu'Empire Galactique se situe au 116ème siècle.
Elles pourront de ce fait être utilisées comme des sortes d' "Antiquité" et de "Moyen-Âge" du District XXX.

1- D'après STAR TREK

Sur cette première carte, toute la moitié sud-est du Distric XXX est sous le contrôle du Collectif Borg. Dans les zones nord-ouest et nord, on voit également apparaître, respectivement, les chasseurs nomades Hirogen et l'Impérium Krenim. Un peu plus éloignés, au nord-est : les Voth (une espèce saurienne qui pourrait avoir subi le processus d'Elévation quand ils étaient encore des hadrosaures ou « dinosaures à bec de canard », il y a des dizaines de millions d'années). 

Civilisations du District XXX

Nombres d'espèces sont aptes à fournir la base organique constitutive des Borgs. Les Borgs sont constitués de drones qui en sont l'incarnation individuelle physique. Les drones sont en permanence connectés entre eux au moyen d'un réseau subspatial et forment ainsi une entité supra-individuelle nommé le Collectif. Le Collectif est une sorte de ruche où l'expression de l'identité personnelle est soumise à la loi de la communauté, le drone est membre, un outil et non pas une personnalité.

 
 

La structure sociale des Hirogens est basée autour de groupes de chasseurs, chacun dirigé par un Alpha Hirogen. Le second aux commandes est appelé Beta. Le statut social des individus est déterminé par les trophées accumulés au cours des chasses. Cette civilisation n'est pas sans rappeler celle des Prédateurs.

 
 

Les Krenims étaient une espèce humanoïde . Ils possédaient un vaste territoire du nom d'Imperium Krenim. Ils étaient capables de modifier l’histoire à l’aide d’un vaisseau temporel dont ils se servaient pour annihiler une simple molécule jusqu’à des espèces entières en un seul tir. La destruction de leurs fameux vaisseaux temporels eut pour effet d’annuler tous les dégâts causés par les Krenims et ramena la belliqueuse société Krenim à un stade pré-distorsion. Pire, des Krenims furent assimilés par le Collectif Borg.

 

La deuxième carte tirée de Star Trek confirme la domination des Borgs sur plus de la moitié du District XXX à l'époque où la civilisation humaine/terrienne balbutiait au NT5 (niveau technologique interstellaire), neuf millénaires avant Empire Galactique


"Nous sommes le Borg. Abaissez vos boucliers et rendez vous sans condition. Nous intègrerons vos caractéristiques biologiques et technologiques aux nôtres. Votre culture s’adaptera à nos besoins. Toute résistance serait futile."
Les Borgs, pseudo-espèce d'humanoïdes améliorés par la cybernétique, mi-organiques, mi-mécaniques, sont originaires du Quadrant Delta (selon le découpage de la "Fédération des Planètes Unies") et du Quadrant de Corellia (selon le découpage de la République Galactique). Les drones Borgs ne disposaient pas de conscience individuelle, mais étaient liés par une conscience collective appelé "esprit ruche". Craints dans toute la galaxie, les Borgs procédaient à l'assimilation des autres espèces de valeur dans le but d'atteindre la "perfection" en intégrant les qualités technologiques et biologiques des espèces assimilées.

On découvre tout de même, en bordure est du District XXX, une autre civilisation majeure : les Kazon.
Les Kazons étaient une espèce humanoïde avec au moins deux races. Une race minoritaire avait la peau brune alors que la race la plus souvent rencontrée avait la peau rouge cuivre. Les deux races avaient une arête frontale et leurs cheveux étaient noirs ou bruns et poussaient en de larges mèches épaisses ; certains avaient des pointes blanches à leurs mèches. Les Kazons et les Cardassiens pouvaient se reproduire sans difficulté.


Leur monde d'origine n'était pas connu; ils vivaient comme des nomades sur d'immenses vaisseaux spatiaux et prospéraient grâce à des actes de piraterie sur les vaisseaux qui traversaient leur territoire. 18 Sectes furent recensées parmi lesquelles les Kazon-Haliks, les Kazon-Hobiis, les Kazon-Mostrals, Kazon-Nistrims, les Kazon-Oglas, les Kazon-Oglamars, les Kazon-Pommars, les Kazon-Reloras, les Kazon-Saris, etc ... Plus une Secte couvrait de territoire, plus elle était puissante et respectée.  

Conclusion sur les populations du District XXX et de son voisinage quelques 9000 ans dans le passé (sorte de "haute Antiquité") :
De dangereux prédateurs (les Hirogens) au nord-est, des pirates à la structure clanique à l'est (les Kazon) et surtout : une domination très marquée du Collectif Borg (capable d'assimiler l'Imperium Kenim) sur les trois quarts du volume spatial. Même plusieurs millénaires après leur présence, on doit s'attendre à des traces de leur dangereuse et assimilatrice civilisation. Il se pourrait toutefois que les Borgs aient contribué à l'édification des Voies et Routes hyperspatiales utilisées à l'époque de la République Galactique (de "Star Wars") puis de l'Empire Galactique.

2- D'après STAR WARS

Les cartes de Star Wars montrent une galaxie spirale mais au sens de rotation inversé. Les films annoncent même "une galaxie très lointaine" sous-entendu : qui ne serait pas la nôtre ... Mais si je persiste à vouloir l'utiliser, voilà ce que cela pourrait donner en utilisant le quadrillage des cartes : des carreaux de 1500 parsecs (soit 4890 années-lumière) de côté.


Le District XXX se trouverait sur la Voie Hydienne à mi-chemin entre le centre galactique, d'une part, et le Secteur Corporatif, d'autre part. Les astrocartographes nomment cette région de l'espace : la "Bordure extérieure".

Au moins quatre Secteurs (plutôt appelés Zones dans Empire Galactique) seraient tout ou partie inclus dans ce District :
(à l'ouest)
- Secteur d'Ojoster (planètes Wayland, Denova et Taris)
- Secteur Mandalorien (incluant entre autres les planètes Mandalore, Gargon, Concord Dawn et Vorpa'ya)
(à l'est)
- Secteur Quelii (avec ses planètes Corstris, Pil Diller, Varn, Vinsoth, Amorris, Dathomir, Axxila, et Selaggis VI).
(au sud-est)
- Secteur Thesme.(incluant les planètes Feriae Junction, un monde commercial jadis spécialisé dans le négoce des pierres précieuses comme les gemmes coruscantes de la planète Yavin, et le monde industriel Thesme). 


Les mondes principaux inclus dans ce volume d'espace seraient :
(du nord-ouest au nord-est) :
- Null, monde forestier jadis propriété du Comte Dooku, dont la faune attire les chasseurs, en particulier les oiseaux-soupirs importés de la lune Yavin 4,
- Taris, planète polluée jonchée de déchets, de conteneurs et d'épaves de vaisseaux, où les élites vivent dans des gratte-ciels qui surplombent un épais smog jaune. 
- Bandomeer, peuplée par les Meerian, et possédant d'importants gisements de ionite (une matière utilisée pour perturber les appareils électroniques mais aussi pour produire des générateurs, des bombes, etc.)


- Dathomir, planète tempérée, peuplée d'Humains et de Kwa (ancienne civilisation jadis capable de bâtir des Portails de Saut, espèce Patronne des primitifs Rakata puis détruite par ses propres Clients), très hospitalière en apparence bien qu'aux neuf dixièmes inexplorée, mais aussi monde des terrifiants rancors,
 
 - Vinsoth, monde natal des Chevin, des pachidermes malfamés à cause de leur propension à la contrebande et à l'esclavagisme des Chevs, des humanoïdes de cette même planète Vinsoth.

(au sud-ouest)
Mandalore, la planète-mère de ce groupe d'espère liées entre elles par une culture guerrière millénaire, connu sous le terme générique de Mandaloriens. La planète est également appelée Manda'yaim en langage madalorien, nommée d'après le conquérant légendaire Mandalore Premier. Ce dernier était un guerrier Taung,  une espèce originaire de la planète Coruscant. Depuis des millénaires, les Mandaloriens sont craints pour leur férocité et leur amour de la guerre. Ce sont d'excellents mercenaires; les meilleurs.

(au sud-est)
- Jonction au carrefour de la Voie Hydienne, du Tracé de Thesme et la Gordian Reach, ou secteur de l'Etendue Gordienne, qui avait pour planète-capitale Torque et comprenait notamment Yavin IV.
 


Cette deuxième carte (légèrement plus récente selon Empire Galactique), également tirée de Star Wars, se situe après l'invasion des Yuuzahn Vong.
La diagonale qui délimite les Quadrants passe par les nébuleuses de Ssi-ruuk, d'Hapes et de Tion, sans oublier par le centre galactique. Elle est différente par rapport à la précédente carte car elle suit cette fois la direction de la barre de la galaxie spirale barrée. Le District XXX n'en est pas moins situé au même endroit (à 20000 années-lumière "est" et à 10000 années-lumière "sud" du centre galactique) : traversé par la Voie Hydienne et partiellement contrôlé (au sud-ouest) par les Mandaloriens.
Sans être des prédateurs/chasseurs comme les Hirogens de Star Trek (situés au nord-est de ce même District), la culture martiale des Mandaloriens est tout de même relativement proche. Il ne serait pas étonnant que les Hirogens soient une des espèces anciennes à avoir intégré les Mandaloriens de Star Wars.


Conclusion sur les populations du District XXX et de son voisinage quelques 3000 ans dans le passé (sorte de "Moyen-Âge") : 
La Voie Hydienne traverse le District XXX du nord-ouest au sud-est.
Les Secteurs/Lander d'Ojoster et surtout de Mandalore occupent toute la partie sud-ouest du District.
Les territoires décrits par les joueurs d'Empire Galactique s'intercalent tout juste entre le Secteur de Mandalore et le Secteur de Quelii qui fut jadis dominé par les très intéressants Kwa (de la planète Dathomir), une civilisation qui a connu son apogée il y a fort longtemps, plusieurs dizaines de milliers d'années dans le passé.
Au sud-est, se trouve la planète Jonction, plaque tournante du commerce, spécialisée dans le spierres précieuses. C'est la sortie du District XXX, via la Voie Hydienne, en direction du Secteur Corporatif (au bout de cette route hyperspatiale).
Les Hirogen de Star Trek peuvent avoir régressé et se limiter désormais à la planète forestière Null.
Les pirates Kazon peuvent tenter des incursions mais ils sont loin des mondes d'Empire Galactique.
L'omniprésence du Collectif Borg est lié à la Voie Hydienne, comme le furent jadis, sur Terre, les Romains, grands bâtisseurs de routes.
L'influence de tous ces peuples (sauf peut-être les Mandaloriens) peut aussi s'être réduite à une seule planète voire à la zone qui l'entoure. D'autres vagues de migration ont succédé et renouvelé les cartes.

3- Analogie avec le planisphère terrestre

Le District XXX se retrouve à mi-chemin entre le centre galactique (ici le nord de l'Inde, c'est-à-dire l'Himalaya) et l'extrême sud-est de la Galaxie Voie Lactée ou son satellite immédiat, la Galaxie naine du Sagittaire (constitué de l'Australie ou de la Nouvelle-Zélande).

Sur ce planisphère, le District XXX va de l'île de Bornéo à la Papouasie-Nouvelle-Guinée (d'ouest en est), des Philippines à l'Indonésie (du nord au sud) et est constellée de myriades d'îles.
Très précisément, l'Indonésie compte 13 466 îles, dont 922 sont habitées de manière permanente ! Que de diversité pour des aventuriers de la Bordure Extérieure !





Différentes cartes de la galaxie "Star Wars" et "Star Trek" pour positionner les Quadrants puis le District XXX

L'avantage de la carte ci-dessus est qu'elle présente, en son centre, la barre d'une galaxie spiralée barrée. C'est dans le prolongement de cette barre centrale (une ligne passant par "Hapes Cluster" et "Tion Cluster") que je tracerai l'une des deux diagonales qui partageront la Galaxie en quatre Quadrants. Le Quadrant au nord sera celui de Coruscant.

Cette deuxième carte présente les grandes Routes qui traversent la Galaxie de "Star Wars". La Route de Corellia va servir de direction pour la deuxième diagonale. Le Quadrant obtenu à droite de cette carte sera le Quadrant de Corellia.

Le District XXX sera localisé tout en haut à droite de cette carte, dans le prolongement de la Route de Perlemia et de la Voie Hydienne., à proximité (au sud, après une rotation de la carte vers la droite) du Secteur corporatif. Il faudra comparer mais il me semble que l'emplacement de ce Secteur Corporatif correspond à celui du Secteur Borg dans les cartes de "Star Trek" ...




Oui, c'est le cas : le vaste domaine des Borgs de "Star Trek" se termine là où se situe le Secteur Corporatif de "Star Wars". Mais ces deux époques sont séparées de près de six millénaires (environ 5800 ans) selon "L'Histoire du Futur inspirée par les classiques de la SF".
A noter que sur ces quatrième et cinquième cartes, le sens de rotation des bras galactiques est conforme à celui de la Voie Lactée (alors qu'il est inversé sur celles de "Star Wars").
A noter également que la cinquième et dernière carte présente déjà quatre Quadrants identifiés par des lettres grecques. Mais ce sont des médianes et pas des diagonales qui ont été choisies pour partager l'image en quatre.


Sources :
Star Wars
https://www.jediholo.net/wp-content/uploads/2008/11/306-24-galaxymap.png
https://wrvh.home.xs4all.nl/galaxymap/images/modi.jpg
http://img00.deviantart.net/4b64/i/2012/120/f/e/star_wars____galaxy_map_with_bg_by_offeye-d4y2cum.png
Star Trek
http://f.ptcdn.info/134/020/000/1402821288-url-o.jpg
http://www.ex-astris-scientia.org/inconsistencies/galactic-map.jpg

samedi 21 mai 2016

Triple Grâce

Tau-7830 est un système triple. Une petite M2 rouge (Euphrosyne) et une F1 jaune/blanc (Thalie) tournent autour d'Aglaia, une céphéide F2 qui enfle et se rabougrit sur une période d’une semaine standard, oscillant entre l’orange et le jaune. Un certain nombre de planètes durent entourer ce trio, ainsi que de d’innombrables lunes. Les phénomènes de marée gravifiques en sont venus à bout, mais n’ont pas réussi à faire le vide dans la multitude de débris qui se poursuivent indéfiniment selon des orbites fort complexes. La densité de ces corps mouvants est si élevée que des observateurs les verraient à l’œil nu soit sous forme de points brillants, soit sous celle de taches mobiles, soit encore pour ce qu’ils sont : des masses rocheuses en libration les unes autour des autres, se poursuivant à l’infini, se frôlant parfois, se heurtant assez rarement de nos jours.

Or, ces observateurs existent, et ils sont même plutôt nombreux. Et ils ont tout le temps d’admirer le ballet des astres parce qu’ils habitent certains d’entre eux. Ce sont les Trégratiens.

L’origine des Trégratiens est n’est pas mystérieuse. On sait que leur Classe V, baptisé Hoshi o Katta Hi, arriva dans ce système désolé en 11 192. Il provenait de Ladislas, un monde déjà ancien situé à une dizaine de milliers d’années-lumière, en direction du centre galactique. Ce navire était un cargo, dont l’équipage, fort nombreux, navigua avec circonspection dans cette zone pas si éloignée de celle qui avait été fatale à Libre-Entreprise. Ceci expliquait d’ailleurs cela : les Tekno-Marchands qui allaient devenir les Trégratiens étaient de gens très prudents ; qui multiplièrent vols de reconnaissance et détours préventifs afin d’éviter les ennuis. Ils les évitèrent ! Après ce voyage exemplaire, ils arrivèrent donc à Tau-7830. Ils y furent accueillis par l’inévitable, et indispensable, expédition de pré-colonisation qui avait préparé leur arrivée.

Autant le dire de suite, les migrants ne comptaient pas s’installer au sein de ce tas de gravier instable. Ils voulaient y créer une base à leur quête d’une belle petite planète à coloniser, tout en profitant des ressources naturelles de ce système chaotique.

Et les remises en question commencèrent.

Il faut dire que Triple Grâce est située à peu près à mi-chemin des secteurs de Dante Aloïsi d’une part et de l’ineffable secteur 412/39 zone 312/54 A 8 d’autre part. Autant dire qu’elle se planque au cœur des Etoiles Brisées(1). Durant les 100 000 dernières années, diverses catastrophes stellaires, dont une belle hyper nova, stérilisèrent soigneusement le coin, tordirent les trajectoires de bon nombre de systèmes, yoyotèrent les orbites de pas mal de planètes et, last but not least, créèrent un joli paquet de trous noirs dont un fameux : Augra. Certes, la densité stellaire étant exceptionnelle, on aurait pu penser que de beaux morceaux auraient survécu ; et c’était d’ailleurs le cas. Mais rien de ce qu’ils avaient découvert ne satisfaisait vraiment ces Teknos ambitieux, avides de défis impossibles et de projets hors du commun.

Pendant que Hoshi o Katta Hi multipliait les expéditions, sinon infructueuses, du moins peu folichonnes, les prospecteurs chargés de recenser les matières premières indispensables à une jeune colonie faisaient des découvertes ad nauseam. De tout, il y avait de tout ; oh pas en surabondance, certes, mais largement assez pour satisfaire les besoins d’une belle communauté.

Alors des voix se firent entendre, qui arguaient que la vue était superbe ici. Seulement, il n’y avait pas de planète autour de Triple Grâce. L’objet le plus gros y était une vague sphère de 15 000 km de diamètre, se déplaçant selon une orbite vertigineuse qui finirait bien par lui faire emplafonner une des trois Grâces ; et ce même plutôt rapidement si l’on se référait à l’échelle astronomique de mesure du temps. La stabiliser aurait été ruineux, quand bien même cela eût été possible. C’était l’impasse.

C'est alors qu'une jeune tekno Exotique répondant au doux nom de madame Skrrrezxk, qui préparait son Arkitekta, découvrit des points de Lagrange très particuliers, qu’elle baptisa de son nom :-(. Ces points de Skrrrezxk (il faut prononcer Skrrrezxk) n’étaient pas vraiment stables, mais les forces de dissociation y étaient très faibles, tout à fait à la portée de cet instrument fort utilisé par les pirates et les forces de l’ordre et que l’on nomme GRAPPIN. Madame Skrrrezxk proposait d’y mailler les planétoïdes au moyen d’un réseau de répulseurs / attracteurs, afin de les solidariser. Mais, et c’était la clef de son projet, ce maillage devait être souple ; toute structure rigide menant à l’échec. C’était gonflé, mais les calculs montrèrent que le projet tenait la route. Alors les colons se lancèrent. Dans les tous premiers jours de l’année 11 194 calendrier de Stella, deux premiers planétoïdes furent solidarisés par un lien immatériel qui les fit évoluer l’un par rapport à l’autre comme reliés par un élastique (non, ils ne faisaient pas Chtoïng, Chtoïng). Il était prévu de laisser passer deux années qui seraient mises à profit pour observer la dynamique du système et collecter des données correctives. Trois mois plus tard à peine, on constata que le mobile suivait si bien le modèle théorique que l’on repartit de l’avant. Six corps composaient le système au bout d’un semestre, vingt en un an, 250 en cinq ans, 5 000 en dix ans, 25 000 en vingt ans … En 11 241, deux millions sept cent mille corps allant de la taille d’un terrain de hussade à celle d’une toute petite lune étaient reliés les uns aux autres Inutile de dire que l’on avait pas attendu tout ce temps pour accorder son titre d’architecte à Skrrrezxk, sur dossier et avec mention.

Restait la question de l’habitat. On avait commencé à construire un premier dôme sur un des astéroïdes dès 11 197. Il ne fut jamais terminé. Un Ingénieur humain du nom d’Amédée Norjansk proposa un projet qui lui valut immédiatement la sympathie de madame Skrrrezxk. Il avait calculé qu’une masse gazeuse lâchée au milieu de l’ensemble se comporterait de la façon suivante :
- dans un premier temps, elle resterait sur place sous forme d’une boule d’un diamètre de 200 mètres jusqu’à ce que la pression en son centre atteigne 0,57 bars
- dans un second temps, la boule se mettrait en expansion infinie, c'est-à-dire jusqu’à atteindre la limite du réseau d’attracteurs / répulseurs. La pression au centre de l’ensemble serait alors de 0,95 bars, et de 0,79 à sa périphérie. Et la température y serait réglable à volonté au moyen d’un simple jeu de miroirs orbitant entre les Grâces et le système.
- Dernier point, mais non le moindre et loin de là, une atmosphère donnait encore plus de souplesse à l’articulation

On hésita légèrement : le temps de calculer un peu (mais les Trégratiens adorent les maths). Dès 11 198 on commença donc à alimenter l’ensemble en construction au moyen d’un gaz fabriqué sur place et qui se composait –tenez vous bien– d’un volume d’oxygène pour 4 volumes d’azote. Le système employé, simple et sur, était basé sur un curieux entrelacs de tuyaux basse pression se promenant dans le vide sur des centaines de millions de kilomètres, régulièrement coupés par des corps célestes et s’auto réparant illico. Cela marcha tellement bien que l’on décida d’étendre l’atmosphère à mille kilomètres au-delà de ce qui était nécessaire. On disposerait ainsi d’une protection anti météorique supplémentaire, au cas improbable où le réseau de lasers lourds (que l’on n’avait pas manqué d’installer) laisserait passer une caillasse quelconque. Autre avantage, la pression au centre de l’ensemble était maintenant à 1,02 bars, et à 0,87 en périphérie de la zone habitée.

Les premières habitations furent construites en 11 201, les premières plantations vraiment réussies virent le jour dix ans plus tard, et la colonie déclarée « installée » en 11 241, date de la fin de l’expansion de son atmosphère.

De nos jours …
Triple Grâce est située en 75988 / 34057 / 4599, dans le secteur mal exploré dit des Etoiles Brisées. Elle est à 1 109,8 AL de Vonda, et à 1 346 AL de Terra Formata. Elle est composée de 2 521 732(2) planétoïdes en libration sur un « Point de Skrrrezxk ». La distance moyenne entre chaque planétoïde est de deux mille mètres, mais il arrive souvent que de corps se frôlent. L’atmosphère y est respirable par toutes les espèces qui y résident. Sa position relativement centrale au sein des Etoiles Brisées fait de Triple Grâce une des trois escales possibles entre Viala / Vonda d’une part et Dante Aloïsi d’autre part(3). Cependant, les vaisseaux de passage ont rarement l’autorisation de s’aventurer au centre du réseau de planétoïdes.

Les habitants, qui se nomment « Trégratiens », sont au nombre 764 085 000 environ, soit une moyenne de 303 par planétoïde. Ils sont humains à 80%, les autres étant des ET d’espèces très variées. On y rapporte aucun problème de cohabitation. Triple Grâce est un monde indépendant NT5. Le mode de gouvernement est une démocratie parlementaire sommes toutes assez classique, sans chef suprême. Sans être xénophobe, le Trégratien « moyen » est assez rétif à tout contact avec l’étranger. Il assez difficile d’obtenir des visas permettant de circuler sans limite dans tout le système. Cependant, les organisations veillant au respect du droit des êtres ont toujours pu y travailler sans contrainte, et il existe des zones touristiques permettant aux passagers des vaisseaux faisant escale d’avoir un aperçu de la magnificence du site.

Economie :
On aura deviné qu’elle est principalement autonome. Triple Grâce exporte cependant des matières premières, et importe de la technologie ; dont tous ses astronefs. En effet, pour trouver une étoile à Varlets dans ce secteur : bonjour !

Ecologie.
C’est la préoccupation n°1 des Trégatiens, et pas seulement parce qu’ils aiment les fleurs. La culture, la possession et la diffusion de plantes de toutes sortes est plus qu’une institution : elles sont dans l’ordre des choses. Le plus modeste étudiant emménageant dans son modestissime connapt n’aura de cesse de le transformer en serre. Il aura pour ce faire l’aide de tout son entourage, même la plus vague des relations. Refuser une bouture à quelqu’un est considéré comme un affront ; sauf si la plante est l’objet d’un brevet commercial, évidemment. Voir passer au-dessus de sa tête un planétoïde couvert d’une chevelure de céréales ne surprend personne.

Voilà ce que peut savoir de Triple Grâce un habitant de Terra Formata un peu cultivé.

(1) Et un petit coucou à Edmond Hamilton au passage.
(2) Le nombre initial a du être revu à la baisse suite à quelques problèmes d’équilibrage du système.
(3) Les deux autres étant de simples stations intrasystèmes Navyborg dont la seule raison d’être est leur usine à antimatière.
Sémi Déhèmette
 

vendredi 20 mai 2016

Cartes de la galaxie Voie Lactée





Une nouvelle zone à explorer : la Marche de Calyspso

Un District Galactique est un cube de 10.000 années-lumière de côté. Il y a 100 Districts Galactiques, identifiés par un chiffre romain. Le Ier District est celui abritant Prima, le IIème District celui situé à l'Est galactique du Ier, le IIIème celui situé au Sud galactique du IIème, et ainsi de suite dans le sens horaire.



Le secteur 412/39 est rebaptisé XXXième District Galactique. Un Secteur Galactique n'a pas de taille définie, mais c'est au minimum un volume d'espace cubique de 1.000 années-lumière de côté, contenu à l'intérieur d'un District Galactique. On y trouve plusieurs types d'espaces territoriaux aux statuts juridiques différents :

Remarque : La vaste zone (ou Lander) "Gandalf" est aussi appelée "Les marches d'Arcadius"; tout comme la zone 312/54A8 porte le nom de "Trèfle" sur certaines cartes.


Quant à la zone située entre les coordonnées 32000-33000 de latitude et 75000-76000 de longitude, elle semble toute destinée à recevoir "la Marche de Calyspso", théâtre de mon roman en (perpétuelle) gestation.

D'ailleurs, elle m'évoque vaguement cette région du monde :


A développer !

samedi 7 mai 2016

Champignon

Les champignons sont des eucaryotes pluricellulaires ou unicellulaires. Le terme champignon est devenu ambigu car il désigne un taxon obsolète. Ce terme englobe à la fois les Fungi (ou Mycota), les Oomycota, les Chytridiomycota et les Mycetozoa. Leurs cellules, pourvues d'une paroi chitineuse ou cellulosique, sont immobiles et se nourrissent par l’absorption des molécules organiques directement dans le milieu. La cellule ou les cellules sont dépourvues de chlorophylles et/ou de plastes car ces organismes sont hétérotrophes vis-à-vis du carbone. Leur appareil végétatif est un thalle : ce sont donc des thallophytes. L'étude de ces champignons (la mycologie) est pratiquée par des mycologues.
Tous les champignons vrais appartiennent au groupe des Eumycètes et se répartissent au sein des Basidiomycètes, comme les amanites ou, pour quelques-uns, parmi les Ascomycètes, à l'exemple des morilles ou des truffes. Deux groupes sont communément appelés « champignons » mais n'en sont pas au sens strict du terme : les oomycètes (plus proches génétiquement des algues brunes) et les myxomycètes.
Apparus vers 450 millions d'années au Silurien, ils ont colonisé presque tous les milieux terrestres et même aquatiques (en eaux douce, saumâtre et même marine (1500 espèces au moins, qui ont un rôle écologique important ; via des symbioses avec des algues parfois).
Les premiers champignons mycorhiziens de type gloméromycètes ont vraisemblablement aidé les premières plantes terrestres à coloniser les terres émergées.
Ce qu'on appelle couramment champignon n'est en fait que la « fructification » temporaire et visible, le sporophore (autrefois appelé carpophore), d'un organisme à caractère plus durable et plus discret, le macromycète, dont la structure habituellement filamenteuse constitue le mycélium, dont les filaments isolés sont généralement invisibles à l’œil nu. Le sporophore se présente souvent sous forme d'un pied (le stipe) portant un chapeau. D'autres silhouettes de sporophores sont bien connues : en forme de petits buissons comme les clavaires, de langues sur le tronc des arbres comme les fistulines, de coupes comme les pézizes, de sphères comme les vesses-de-loup, etc.


Classifications

La classification des champignons relève de la mycologie. Elle évolue, notamment en raison des progrès de la génétique, y compris pour des organismes symbiotes (ex. : les lichens ont un temps été classés hors du monde fongique, et y ont récemment été réintroduits). Les listes et classifications sont donc régulièrement mises à jour. Deux classifications sont actuellement proposées: la classification classique et la classification phylogénétique.
Les champignons ont été considérés jusqu'au milieu du XXe siècle comme des végétaux, en raison de leur immobilité et de la présence d'une paroi cellulaire épaissie, végétaux dits « cryptogames » car ne produisant pas de fleurs.

Champignons des bois

Mais les champignons constituent un règne à part car ils se différencient des plantes et des algues par plusieurs caractères :
  1. Ils sont hétérotrophes vis-à-vis du carbone : leur incapacité à synthétiser des sucres à partir de simples ressources minérales les distingue fortement des végétaux qui eux sont autotrophes grâce à la chlorophylle et à la photosynthèse. Les champignons doivent extraire de leur environnement des composés organiques déjà constitués. Ils doivent « s'alimenter » comme le font les animaux, ce qu'ils font soit en décomposant de la matière morte (ils sont alors saprophytes), soit au détriment d'organismes vivants (ils sont alors parasites), soit en s'associant avec un organisme chlorophyllien (ils sont alors symbiotiques) ; Plusieurs de ces stratégies pouvant être combinées chez certaines espèces. Les recherches récentes sur l'évolution des espèces vivantes placent d'ailleurs la plupart des champignons plus près des animaux que des végétaux.
  2. Ils sont absorbotrophes ;
  3. Leur appareil végétatif est ramifié, diffus et tubulaire ;
  4. Ils se reproduisent via des spores ;
  5. Leur paroi cellulaire est chitineuse (comme l'exosquelette des arthropodes et des crustacés, ce qui est un exemple de convergence évolutive).
Le botaniste Robert H. Whittaker a donc logiquement créé pour les champignons, en 1969, le règne spécifique des Fungi (du latin littéraire fungus, le champignon) pour y placer ces êtres particuliers, non seulement ceux produisant des sporophores, mais également dans les définitions les plus larges qui ont pu exister toutes sortes d'organismes eucaryotes multicellulaires ni végétaux, ni animaux, comme les moisissures, les rouilles, le mildiou, les saprolègnes, etc. et même parfois unicellulaires comme les levures.
L'usage du mot champignon s'est alors étendu dans le langage commun à des formes biologiques très diverses. Ainsi le terme de champignon est utilisé parfois extensivement pour désigner aussi bien des agents responsables de dermatophytoses (types d'affections rencontrées fréquemment sous les ongles des pieds), les feutrages des oïdiums qui parasitent le feuillage des végétaux, l'ergot de seigle, des plasmodes coloniaux comme les fleurs de tan, les Penicillium du fromage de Roquefort, etc. À l'analyse, il s'avère que certains de ces « champignons inférieurs » sont effectivement apparentés de manière très proche aux champignons à sporophores, alors que d'autres appartiennent à des groupes très distants. Les définitions des différents taxons scientifiques ont alors été précisées, mais l'emploi élargi du mot champignon est resté.
Il y a de très nombreuses espèces de champignons, dont épiphytes, endogés ou aquatiques, et il en reste beaucoup à découvrir. Sur les 100 000 espèces de champignons répertoriées en 2015 (sur un nombre total estimé de cinq millions, voire de 10 millions d'espèces), « près de 10 000 produisent des fructifications à l'œil nu, un peu plus de 1 100 sont comestibles et consommés comme aliments, et environ 500 sont utilisés comme remèdes dans la médecine traditionnelle de tous les pays en développement ».
La classification des champignons a été totalement revue :