lundi 28 septembre 2020

V pour Vendetta

V pour Vendetta (V for Vendetta) est une série de bande dessinée réalisée de 1982 à 1990. Le scénario est signé Alan Moore et les dessins David Lloyd (ainsi que Tony Weare qui a illustré une partie des chapitres Valérie, Vacances et Vincent). La traduction en français a été assurée par Jacques Collin pour les premières éditions, puis par Alex Nikolavitch pour l'édition de 2009.


Synopsis

Dans les années 1980, une guerre mondiale éclate ; l'Europe, l'Afrique et les États-Unis d'Amérique sont réduits en cendres par des armes nucléaires. Le Royaume-Uni est épargné par les bombardements mais pas par le chaos et les inondations issues des dérèglements climatiques. Dans cette société anglaise post-apocalyptique, un parti fasciste, Norsefire, prend en main le pouvoir et tente de rétablir le pays après avoir procédé à une épuration ethnique, politique et sociale sans pitié.

En 1997, au moment où le parti semble avoir la situation sous contrôle, un anarchiste commence une campagne pour ébranler tous les symboles du pouvoir. Cet anarchiste qui se fait appeler « V » porte un masque représentant le visage de Guy Fawkes, le plus célèbre membre de la conspiration des poudres. Lors de sa première action d'éclat, le dynamitage du Palais de Westminster, V sauve Evey, une jeune fille de 16 ans qui risquait d'être violée puis exécutée pour prostitution.

Résumé

En 1997, l'Angleterre est dirigée par le parti fasciste Norsefire qui a pris le pouvoir quelque temps après la guerre nucléaire qui ravagea la quasi-totalité du monde. Ce parti est dirigé par le commandeur Adam James Susan qui passe ses journées devant le Destin, super-ordinateur et pilier principal du parti. L'Oreille, l'Œil, la Main, le Nez et la Voix constituent les cinq factions qui gèrent les différents aspects du régime. L'Oreille et l'Œil gèrent les surveillances audio et vidéo des espaces publics et privés, La Main est la dangereuse milice du parti à laquelle tous les droits sont octroyés, Le Nez est la police criminelle et scientifique du gouvernement et la Voix, service de propagande. Le parti contrôle tous les médias, véhiculant une haine des homosexuels, noirs et juifs au travers, par exemple, de la série télévisée Storm Saxon dans laquelle un brave homme blond combat ces minorités. Minorités qui furent déportées tout comme les gauchistes aux alentours de 1993 dans des camps maintenant abandonnés. Toute culture, hormis celle approuvée par Norsefire est bannie. L'Angleterre est, depuis la guerre nucléaire, en guerre avec l'Écosse qui a décidé de faire sécession.

L'histoire commence la nuit dans ce Londres dystopique. Evey Hammond, une jeune orpheline de 16 ans dans le besoin aborde un homme afin de lui offrir ses services de prostituée. Mais celui-ci se révèle être un agent de La Main, autorisé à faire ce qu'il veut des hors-la-loi, incluant les prostituées. D'autres agents font irruption et lorsque ceux-ci s’apprêtent à agresser la jeune fille, un homme au masque de Guy Fawkes arrive, sauve Evey, blessant des agents, et l'emmène sur les toits de la ville. C'est sur les toits que l'homme masqué et celle qu'il vient de sauver assistent à la destruction du parlement de la ville.

Le sauveur d'Evey la recueille chez lui, au musée des ombres, souterrain construit dans les ruines du métro de Londres où sont conservés de nombreux articles culturels bannis par le parti fasciste. Au même moment, les différents services du parti se coordonnent pour traquer le mystérieux homme masqué. Et l'homme masqué maintenant connu sous le nom de V commence à tuer un à un des membres importants du gouvernement. L'un de ces hommes importants est celui qui représente la voix du Destin lors des nombreuses interventions radiodiffusées diffusant les dernières nouvelles du super-ordinateur auprès de la population. Le peuple britannique croit la voix de cet homme comme étant celle de l'ordinateur. Cette voix a une symbolique importante et est une nécessité pour la suprématie de Norsefire. Le locuteur, contrairement aux autres victimes de V, n'est pas tué. Il est capturé et emmené au musée des ombres où V lui fait vivre une simulation de camps de concentration. La victime devient folle et il est révélé au lecteur que V est un ancien détenu du camp de Larkhill.

Au parti, les enquêteurs découvrent une similitude entre les victimes de V : toutes ont eu un rôle important au camp de Larkhill. Un de ces investigateurs se rend au domicile du dernier officier du camp survivant, y croise V et est tué par celui-ci alors qu'il le menaçait avec son revolver. Il est ensuite découvert, grâce au carnet du médecin habitant les lieux (et ayant travaillé au camp où l'homme masqué était interné), que V était un des sujets aux tests médicaux du camp, rendu fou par ceux-ci. Il s'était plus tard enfui grâce aux bombes artisanales fabriquées avec les engrais auxquels il avait accès. La traque continue.

Evey, qui a été complice d'un meurtre de V, décide d'arrêter de l'aider car l'assassinat lui fait horreur, l'homme masqué l'abandonne en dehors du musée des ombres. Alors que la jeune fille est recueillie par un certain Gordon, V s'introduit dans les locaux de la télévision nationale et y fait diffuser un message révolutionnaire dans lequel il critique le pouvoir et invite le peuple à faire évoluer sa condition d'asservissement.

Evey a une aventure avec Gordon, l'homme qui l'a recueillie. Mais celui-ci est mêlé à des affaires louches qui impliquent Harper, un bandit au service de La Main, qui l'assassine. Evey tente de tuer le bandit mais échoue et est emprisonnée. Elle subit de nombreux interrogatoires, tortures physiques et psychologiques pour lui soutirer des informations, car ses bourreaux savent qu'elle a vécu avec V. Mais elle ne trahit pas le personnage et est subitement délivrée de sa cellule. Elle s'enfuit, déambule dans les couloirs et découvre qu'elle était en réalité la prisonnière de V. Elle finit par pardonner à V ce qu'il lui a fait, le remercie et rejoint son combat.

Durant la nuit du , l'anniversaire de la conspiration des poudres, V fait exploser le siège de l'Oreille et la tour Jordan, tourmente le commandeur en affichant des messages sur son super-ordinateur et prend le contrôle de La Voix pour diffuser un message qui annonce l'absence de surveillance et la liberté totale pour chaque Britannique durant trois jours. Il instaure ainsi le chaos dans Londres. Pour V, c'est la première étape vers l'anarchie. Les pillages et autres mouvements sont sévèrement réprimés par le parti et des protestations commencent à s'élever.

Dans les jours qui suivent, des poèmes subversifs sont envoyés partout dans le pays via la poste du parti, Norsefire découvre que depuis le début, V a accès au Destin.

Au même moment, Eric Finch, l'homme chargé d’enquêter sur V se rend au camp d'internement de Larkhill où il prend du LSD afin de penser comme V qui est profondément fou. Dans ses réflexions, il se met à douter du parti et revit l'évasion de V. Cependant, il abat l'homme masqué lorsque qu'il le rencontre dans le métro, à la recherche du musée des ombres.

En 2006, le roman graphique est adapté en film sur un scénario des Wachowski. Succès critique et commercial, il relance les débats sur l'anarchisme et fait du masque de Guy Fawkes un symbole de l'anarchie et plus largement de la rébellion face à l'ordre établi. 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/V_pour_Vendetta

 

V pour Vendetta (V for Vendetta) est un film américano-germano-britannique, réalisé par James McTeigue et sorti en 2006. C'est une adaptation du roman graphique V pour Vendetta (1982-1990) d'Alan Moore et David Lloyd. Le scénario est dû aux Wachowski.

L'action se situe à Londres dans une société dystopique, où un combattant de la liberté se faisant appeler « V » cherche à mettre en place un changement politique et social en menant une violente vendetta personnelle contre le gouvernement fasciste en place. La distribution comprend notamment l'acteur australien Hugo Weaving dans le rôle de « V », l'actrice américaine Natalie Portman dans le rôle d'Evey Hammond et les acteurs britanniques John Hurt, Stephen Rea et Stephen Fry.

Warner Bros. avait initialement prévu de sortir le film le (un jour avant le 400e anniversaire de la Guy Fawkes Night, célébrant la conspiration des Poudres du ), mais cette sortie a été retardée jusqu'au . Alan Moore, mécontent des adaptations cinématographiques de ses œuvres From Hell et La Ligue des gentlemen extraordinaires, a refusé de voir le film et a pris ses distances vis-à-vis de la production. Les scénaristes ont supprimé de nombreuses allusions anarchistes et des références aux drogues présentes dans l’histoire originale et ont aussi modernisé le message politique. Malgré de nombreuses modifications, le thème général du roman graphique reste néanmoins intact.

La critique a perçu des correspondances avec le roman 1984 de George Orwell à propos de la société dystopique et du pouvoir politique dépeints, mais aussi avec les romans Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas et Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux

Résumé détaillé

Vers 2038, après une guerre à peine évoquée et un mystérieux virus utilisé lors d’un terrible attentat biologique visant trois sites importants par leur symbolique ou leur nombre de victimes (l’école primaire Sainte-Mary, la station de métro Victoria et l'usine de traitement des eaux Three Waters), l’Angleterre est dirigée par un parti fasciste après l’élection d’Adam Sutler. Ce dernier, ayant profité du climat de peur affectant la population, a facilement institué un régime dictatorial à la tête duquel il s’est autoproclamé « Haut Chancelier ». Un couvre-feu, dont le respect est contrôlé par sa milice, « Le Doigt », a été instauré sur tout le territoire. En parallèle, les migrants, les « païens », les musulmans, les malades physiques ou mentaux et tous ceux dont les idées pouvaient s’en approcher ont été bannis, et les opposants au régime ou minorités, tels les homosexuels, pourchassés lors de l'« Assainissement ». Les plus élémentaires libertés fondamentales (la liberté d'expression, en particulier) ont été abandonnées au nom de la sécurité nationale et de la guerre contre le terrorisme. Les médias sont muselés et la BTN, unique chaîne de télévision, est le principal instrument de propagande du parti.

Le soir du , un homme masqué et vêtu de noir, qui se fera connaître sous le nom de « V », sauve Evey Hammond des griffes des hommes du « Doigt » qui s’apprêtaient à la violer en guise de sanction alors qu'elle bravait le couvre-feu pour se rendre chez Gordon Deitrich, animateur et producteur à la BTN, où elle travaille également. V emmène Evey sur le toit d’un immeuble pour lui permettre d’assister à sa spectaculaire destruction du Old Bailey (l'une des cours criminelles centrales de l'Angleterre), synchronisée avec la diffusion sur les ondes du parti de l’Ouverture solennelle 1812 de Tchaïkovski.

Le lendemain, les journalistes de la British Television Network (BTN) annoncent cependant que le gouvernement avait prévu de longue date la destruction du bâtiment. Au même instant, V prend le contrôle de la chaîne et diffuse une vidéo condamnant la politique du régime fasciste et accusant aussi les citoyens de laisser le parti les priver ainsi de leurs libertés. V demande instamment à la population de se soulever contre l’oppression le , pour la nuit de Guy Fawkes, un an plus tard jour pour jour. V annonce qu’il détruira, ce jour-là, le palais de Westminster (les Chambres du Parlement), autre bâtiment symbolique du Royaume-Uni.

L’armée lance un assaut contre la tour Jordan, siège de la BTN, prise en otage par V. Celui-ci a amorcé une bombe et a vêtu tous les otages d’un costume et d’un masque à son image afin de faciliter sa fuite. Evey, présente également ce jour-là, est blessée en voulant aider V à s’échapper. Pour la protéger des autorités, celui-ci la ramène dans sa tanière, « La Galerie des Ombres ». Là, Evey apprend qu’elle doit rester cachée avec son hôte pendant un an, jusqu’à ce que le plan de ce dernier soit mené à bien. Ses origines (fille d’activistes démocrates disparus, sœur d’une jeune victime de l’attentat de Sainte-Mary) font rapidement d’elle une fugitive recherchée par le régime en place, l'inspecteur Finch étant chargé de l'enquête sur la jeune femme ainsi que sur V.

Evey accepte finalement de rester, jusqu’à ce qu’elle apprenne que V est à l’origine de la mort de Lewis Prothero, le présentateur d'une émission télévisée de propagande en faveur du gouvernement, qui a joué un rôle, selon lui, dans l’extermination des opposants et des minorités. Lorsque V lui demande de l’aider à éliminer l’évêque Lilliman, Evey accepte en pensant ainsi à un moyen de s’enfuir, de peur d'être condamnée pour l'avoir aidé. Au moment où V s’apprête à tuer l’évêque, Evey, paniquée, en profite pour s'échapper. Elle trouve refuge chez son ancien patron et ami, l’animateur Gordon Deitrich, un homosexuel contraint de taire son orientation sexuelle de peur d'être arrêté. Pendant ce temps, V, continuant sa vendetta personnelle, élimine le Dr Delia Surridge, qui manifeste du remords et s'excuse pour ses actions passées.

Après une émission satirique de Deitrich contre le Chancelier Sutler, la police secrète mène un raid contre sa maison, et Gordon a juste le temps de prévenir Evey avant de se faire arrêter. Alors qu'elle pensait être parvenue à s'échapper discrètement par le jardin, Evey est capturée par un policier resté en arrière. Elle est alors incarcérée puis torturée pendant plusieurs jours dans le but de lui faire avouer, entre autres, où se cache V. Durant son isolement, elle va trouver une sorte de refuge et de leçon de vie en découvrant les notes d’une ancienne prisonnière lesbienne, Valerie Page.

Valerie fut arrêtée lors de la « Grande Purge », quelques années auparavant, et emprisonnée à Larkhill, où elle fut également torturée. Elle décida malgré tout de laisser une trace de son passage en écrivant sa biographie sur du papier toilette. Après cette lecture, ses tortionnaires posent à Evey un ultimatum en lui ordonnant de révéler la cachette de V sous peine de mort. Ayant repris courage, elle refuse d’accéder à leur requête et leur annonce qu’elle préfère mourir. À son grand étonnement, elle est libérée sur-le-champ et découvre qu’elle était retenue par V, qui avait revêtu plusieurs identités pour tromper Evey durant son incarcération. Passées la colère et la suffocation d'Evey, V lui explique que le fait de la confronter à sa propre mort était le seul moyen de lui faire accepter plus sereinement cette éventualité et ne plus craindre ses véritables idées. V laisse ensuite Evey repartir, lui faisant promettre de revenir le voir avant le .

Pendant ce temps, l’inspecteur Finch en apprend plus sur les origines de V. Il découvre comment la Norsefire — le parti fasciste du « Feu nordique » — est arrivée au pouvoir. Vingt ans plus tôt, alors que le Royaume-Uni était en proie au chaos, le parti conservateur conduisit une répression afin de ramener l'ordre. Ainsi, les soi-disant ennemis de l’État, étrangers, musulmans, homosexuels, libéraux et opposants à la guerre, furent soumis à des rafles et beaucoup disparurent sans laisser de trace. Le pays fut profondément divisé face à cet événement, jusqu’à ce qu’une attaque bioterroriste tue environ 80 000 personnes. Une compagnie pharmaceutique appartenant à la Norsefire découvrit bientôt un traitement contre le virus, permettant au parti de s’enrichir rapidement grâce à la distribution du vaccin. La peur générée par l’attaque terroriste permit à la Norsefire de faire taire l’opposition et de gagner largement l’élection suivante. Avec le consentement silencieux des citoyens (à l'exception de quelques résistants, dont les parents d'Evey), la Norsefire transforma le Royaume-Uni en un État policier totalitaire, avec son chef Adam Sutler autoproclamé « Haut Chancelier ».

L’inspecteur Finch découvre que l’attaque terroriste avait été élaborée par la Norsefire dans le cadre d'un complot pour accéder au pouvoir. Le virus — ainsi que son traitement — a été conçu grâce à l’expérimentation humaine sur les « indésirables » et les dissidents politiques internés au centre de détention de Larkhill, où travaillaient alors Prothero, Lilliman et Surridge. Parmi les détenus se trouvait l’homme qui est devenu V. Alors que les autres sujets testés mouraient à la suite des expériences, l’occupant de la cellule 5 (V en chiffres romains) a acquis des aptitudes mentales et physiques accrues, au prix de sa défiguration et de la déformation de son esprit. Ces capacités ont permis à V de détruire le camp de Larkhill et de s’échapper, après s’être engagé à prendre sa revanche sur le régime de la Norsefire.

Tandis que l'inspecteur Finch éclaircit le mystère autour des histoires d'Evey et de V, ce dernier provoque le bras droit de Sutler, Peter Creedy, également chef de la milice, en établissant avec lui un pacte faustien : comme il ne peut pas atteindre Sutler en raison de la sécurité dont il bénéficie, il propose à Creedy (seul responsable du plan d’évacuation du Haut Chancelier en cas de révolte populaire) de l'amener à lui en échange de sa propre reddition, le . Creedy accepte, y voyant un moyen à la fois d'éliminer le terroriste et de prendre la place de Sutler.

Alors que le approche, les plans de V provoquent le chaos au Royaume-Uni et la population se montre de plus en plus rebelle et subversive face à l’autorité du gouvernement. La veille du , Evey rend visite à V, qui lui dévoile enfin son plan : un train bourré d’explosifs va rouler jusqu’au Parlement sur les lignes condamnées du métro. Il confie alors le lancement du train à Evey, lui laissant le choix de terminer son plan ou non, estimant que la décision finale n’est plus son affaire mais celle des générations suivantes incarnées, à ses yeux, par la jeune fille présente.

V rencontre finalement Creedy, qui s'est emparé de Sutler, dans la station Victoria. Creedy tue Sutler, mais comme V refuse d'ôter son masque devant lui, il ordonne à ses hommes de lancer leur attaque. Seul contre une douzaine d’hommes armés, V les supprime tous avant d'étrangler Creedy. Touché par plusieurs balles, il est grièvement blessé mais encore vivant grâce à une armure dissimulée sous son costume et à sa force surhumaine. Il retourne avec difficulté auprès d'Evey pour lui dire adieu. Il lui avoue son amour avant de mourir, et Evey étend son corps dans le train avec les explosifs, comme il le souhaitait.

Alors qu’elle est sur le point de faire démarrer le train, Evey est interrompue par l’arrivée de l'inspecteur Finch. Toutefois, en raison de ce qu'il a appris sur la corruption du régime, Finch lui permet de respecter les vœux de V. Pendant ce temps, des milliers de personnes déguisées en Guy Fawkes marchent sur le Parlement pour assister au spectacle. Sutler et Creedy étant morts, personne n’ordonne aux soldats de faire feu sur les manifestants, et ceux-ci envahissent sans violence les rues encerclant Westminster. L’explosion illumine le ciel de Londres et le Parlement est détruit tandis qu'est diffusée sur les ondes publiques l’Ouverture solennelle 1812 de Tchaïkovski.

Sur le toit d’un immeuble voisin, Evey et Finch assistent à l’explosion et Finch interroge Evey sur l’identité de V. Evey lui répond qu'il était Edmond Dantès (personnage principal du Comte de Monte-Cristo) et lui explique qu’il était la représentation du peuple. On voit alors certaines personnes retirer leurs masques et les visages alors aperçus sont ceux de chaque personne ayant été tuée par le parti et apparaissant dans le film. 

Sourcehttps://fr.wikipedia.org/wiki/V_pour_Vendetta_(film)#R%C3%A9sum%C3%A9_d%C3%A9taill%C3%A9

vendredi 18 septembre 2020

SOS Bonheur

S.O.S. Bonheur est une série de bande dessinée dystopique belge réalisée par le dessinateur Griffo et le scénariste Jean Van Hamme. D'abord parue en six épisodes dans l'hebdomadaire Spirou entre 1984 et 1986, elle a été publiée en trois tomes entre 1988 et 1989, avec un épisode final complémentaire inédit en périodique.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/S.O.S._Bonheur#Synopsis

Plan de carrière

François Mortier, ancien chômeur de courte durée, a réussi à décrocher un emploi au sein de la Compagnie d’Analyses Générales, plus simplement appelée CAG, alors que le manque de travail touche très durement le reste de la population. Son nouveau travail, bien payé, consiste très simplement à noter dans un registre les différences entre les chiffres émis par deux imprimantes séquentielles. Mais très rapidement, François se demande à quoi correspondent ces chiffres. Il se rend facilement compte que ses collègues ne savent pas grand-chose de plus, et qu'au final, le travail de son service, voire le fonctionnement même de la CAG, reste très flou aux yeux de tous.

Plusieurs fois averti par sa hiérarchie, mis en garde par ses collègues, incompris par sa femme, risquant d'être renvoyé pour être remplacé par le premier chômeur qui passe, François n'a plus qu'une obsession : trouver des réponses. S'introduisant par effraction au dernier étage de l'immeuble de la CAG, celui de la Direction, il y disparaît mystérieusement; plus personne n'entendra parler de lui... La CAG affirmant même à sa femme que François Mortier n'a jamais fait partie de ses effectifs.

À votre santé

Michelle Duchant ne supporte plus le système de santé actuel ; pourtant, ce système, auquel il est obligatoire de s'affilier pour être soigné, a mis en place toutes les mesures nécessaires pour s'assurer de la bonne santé de ses adhérents. La police médicale peut venir perquisitionner pour contrôler le bon état des appareils électriques ; votre médecin décide de ce que vous avez le droit de manger pour garder la forme, y compris au restaurant ; regarder le bulletin météo est obligatoire pour éviter de tomber malade ; se promener sous les arbres par temps humide ou s'embrasser vous fera verbaliser... Cette santé a un coût élevé, autant au sens propre qu'au figuré, car toute amende est faite en pourcentage du salaire, l'affiliation elle-même en coûtant le tiers. Michelle décide de se désaffilier.

Le bonheur, lorsqu'on est désaffilié, c'est qu'on peut manger ce que l'on veut au restaurant, que l'on touche son salaire en totalité, que l'on peut partir en vacances autre part qu'à la mer... mais le problème, c'est qu'aucun professionnel de santé n'a le droit de soigner un non-affilié, de le vacciner, de lui vendre des médicaments... Aussi, lorsque la fille de Michelle, Émilie tombe malade et contracte le tétanos, que son ex-mari Robert est arrêté pour avoir tenté d'acheter des médicaments au marché noir, que peut faire Michelle ? Si elle est arrêtée également, que deviendra sa fille ?

Vive les vacances !

C'est le temps des vacances. En soi, c'est tout le temps le temps des vacances. L'État a tout prévu : que l'on soit en été ou en automne, on a droit aux vacances payées par l'État, et organisées par le ministère des Vacances nationales. L'État possède les cars qui vous emmènent aux camps de vacances, et l'État possède également les camps de vacances, où les gentils animateurs organisent le temps des vacanciers de la même manière pour tous. Il n'est pas bon de rester dans sa chambre, à l'écart des réjouissances - vous pourriez être mal noté, et partir en hiver au bord de la mer... Mais si vous avez un comportement correct et un bon niveau social, à vous le mois d'août !

Deux adolescents, qui suivent comme tous les autres le programme imposé par le planning, arrivent à la mer. Les groupes, les couples sont formés par les animateurs - pas question d'y déroger. Mais lorsqu'on est amoureux, on est capable de faire beaucoup de choses pour rester ensemble, même contre tous les autres. Même contre l'État. 

Sécurité publique

Joachim Robin-Dulieu est devenu chef de cabinet à la sécurité publique. C'est la nouvelle star du système politique : jeune, beau, intelligent, bref, un vrai playboy, il a toutes les qualités qui vont pouvoir le faire monter, progressivement, à la fonction ultime.

Il est notamment l'inventeur et le promoteur de la Carte universelle (CU), qui a remplacé tous les moyens de paiement et d'identification (casier judiciaire, carnet de santé...). Toutes les transactions monétaires privées sont donc contrôlées par l'État, mais il est évidemment impératif d'être inscrit sur le Grand fichier central de la population pour survivre...

Mais la propre carte de Joachim Robin-Dulieu a une défaillance : elle n'est reconnue valable nulle part. L'administration qui gère la CU lui annonce la mauvaise nouvelle : Joachim Robin-Dulieu n'est tout simplement pas présent dans le Grand fichier central de la population, et il doit prouver son existence.

Perdant petit à petit tous les avantages que le système pouvait lui apporter, incapable de récupérer l'argent de son compte bancaire, expulsé de son logement de fonction, Joachim Robin-Dulieu est soupçonné d'être un « agent de l'étranger infiltré au sommet », et finit par être arrêté par la police, après le vol d'une baguette de pain à la sortie d'un supermarché.

Planning familial

Branle-bas de combat à la Présidence de la République : un terroriste s'est introduit, et pourrait s'en prendre au Président du pays ! Mais le Président reste très flegmatique devant cette possibilité ; il invite même, à l'insu de son service de sécurité, le "terroriste" dans ses appartements privés. Johnny, tout jeune enfant mais déjà rebelle, se méfie de ce vieillard débonnaire qui lui propose de lui raconter sa vie. Johnny finit par lui parler des enfants qui naissent en dehors du contrôle des naissances, au-delà des quotas prévus par famille. L'enfant lui parle de ceux qui, comme lui, comme tous les "illegs", doivent vivre en marge de la société parce qu'ils n'y ont pas leur place. Et il lui parle également des camps prévus pour enfermer ces enfants lorsqu'ils sont découverts, camps qui officiellement n'existent pas plus que les enfants...

Profession protégée

Stéphane Grenier reçoit, à l'issue de ses études, le titre de "maître écrivain" de la part du ministère des Arts et des Lettres. Cette haute distinction, le rang le plus élevé de la caste des écrivains d'état, lui permet d'accéder à un niveau de vie dans lequel il n'a plus aucun souci matériel. Mais cette fonction oblige l'écrivain à produire de la matière intellectuelle : roman, poésie, nouvelle, etc. Les éditeurs sollicités par Grenier refusent tout ce qui ne serait pas conforme à la ligne éditoriale de l'Etat, auquel chaque éditeur rend des comptes : les œuvres gaies, optimistes, et consensuelles sont publiables ; le reste non.

Fils lui-même d'un écrivain d'état, moins distingué que lui, Stéphane étouffe dans ce carcan qu'on lui impose. Mais pour celui qui veut faire des œuvres sur d'autres thèmes, il lui faut renoncer aux distinctions, au régime de faveur, et il doit retourner travailler comme n'importe qui. Par contre, si jamais ses œuvres contestataires venaient à être saisies, on pourrait l'arrêter pour « exercice illégal de l'écriture »... 


Révolution

Une véritable innovation a été mise en place dans le monde judiciaire : afin de désengorger les tribunaux débordés, un juge unique, informatique, "le grand ordinateur judiciaire" nommé Thémis a pris ses fonctions. Mais le jour où il condamne à mort Robert Langlais, coupable d'un simple délit, le système politique défend le verdict et s'apprête à réautoriser la peine de mort. Louis Carelli, policier grisonnant, s'intéresse de près à Langlais, qui a été arrêté alors qu'il venait de croiser inopportunément sa fille Émilie. Une photo qu'il a réussi à lui subtiliser représente l'anniversaire de la petite, entourée de sa mère, mais également d'autres "déregs" dont la nièce de Carelli. Celui-ci se rapproche de l'avocat de Langlais, Marcel Blanchart, un vieil ami, sur qui il compte afin de retrouver sa nièce. Mais sur la photographie est également présent Abel, le leader des "déregs", cible prioritaire du gouvernement. Carelli est donc surveillé de très près par la police politique, et tous les anciens proches des déregs lui ferment la porte au nez.

Carelli finit par retrouver la cache de tous ces illégaux, qui lui proposent de les aider à faire évader Langlais le jour de son exécution. Carelli accepte, mais les illégaux lancent également le jour même l'offensive ultime de leur révolution. Carelli est convié à rencontrer, tout en haut de l'immeuble de la CAG, les vrais dirigeants de la révolution : les "maitres du monde", vieillards qui lui racontent comment ils ont manipulé le système, qu'ils ont mis en place, afin de créer des illégaux qui finiraient par renverser ledit système, et mis en place un nouveau pouvoir qu'il faudrait un jour renverser... Grâce à l'aide de la CAG, ils parvenaient à détecter les personnes potentiellement capables de mener cette révolution selon leur plan. Carelli est ensuite relâché, les vieillards ne souhaitant le rencontrer que pour en faire un témoin de leur puissance. Voulant prendre la parole lors du grand rassemblement pour la chute du régime, et sans doute dénoncer les manipulations auxquelles la révolution a été soumise, il est abattu par un tireur isolé - et transformé aussitôt en martyr du nouveau pouvoir. 

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 Le premier tome d'une saison 2, scénarisée par Desberg, est paru en 2017 suivi d'un second tome en 2019. 

En 1988 paraissait, dans le tout neuf label "Aire Libre", le premier tome de "S.O.S. bonheur", une suite de fables dystopiques qui mettaient à nu les angoisses de la société d'alors. Presque trente ans plus tard, nos craintes ont-elles changé ? C'est la question que pose aujourd'hui Stephen Desberg avec cette nouvelle saison, à la fois hommage et mise à jour de l'œuvre initiale de Jean Van Hamme - qui en signe d'ailleurs la préface.

Pour répondre à cette question, Stephen Desberg dessine dans ce triptyque les contours d'un monde régi par les penseurs d'extrême droite, un univers dominé par l'argent, les valeurs morales réactionnaires, la figure du mâle ou encore la préférence nationale.

En suivant le quotidien de trois personnages plongés dans ce futur qui risquerait un jour de devenir le nôtre, Stephen Desberg met en exergue les dérives de nos sociétés dans un premier album glaçant de justesse, dont la noirceur est encore renforcée par le trait expressif et réaliste de Griffo.

Source https://www.bedetheque.com/BD-SOS-Bonheur-Tome-4-312848.html#


 Plus de trente ans après le cauchemar qu'Orwell nous promettait dans 1984, qu'est-il advenu de nos libertés individuelles ? Au profit de qui les gouvernements imposent-ils une norme censée organiser le bonheur de tous ? Griffo et Desberg confrontent leurs personnages à l'obligation de se conformer à ces lois prétendument prévues pour assurer le bien-être collectif, devenu une norme coercitive. En six destins croisés, ce sont six injustices, six combats, six flammes d'espoir que les auteurs mettent au jour, avec une acuité toujours plus fine et plus glaçante.
L'accès aux soins, les discriminations raciales, le chantage à l'emploi et à la vertu, la suppression de l'Histoire et le refus de la mémoire, la toute-puissance matrimoniale et le rôle de l'homme... Autant de sujets que Desberg décortique pour en faire ressortir les pires travers, en s'interrogeant sur les lois iniques mais omniprésentes qui étouffent l'aspiration et l'ambition individuelle.
Que sont devenus Paul et Émilie, Laziza et Anne, Risbeck et Carmin ? Où a été emmenée Aude ? Et à qui appartient cette voix dans le téléphone de Moreau, qui lui demande de l'aide ?
La suite terrifiante de la nouvelle saison de S.O.S. Bonheur, dont l'acuité vous glacera le sang.

Sourcehttps://www.bedetheque.com/BD-SOS-Bonheur-Tome-5-377835.html

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L'auteur  


Jean Van Hamme
, né le à Bruxelles, est un romancier et scénariste belge de bande dessinée et de téléfilms.

Il est surtout connu pour avoir créé et scénarisé les aventures de trois personnages de la bande dessinée belge, Thorgal (1977), XIII (1984) et Largo Winch (1990). 

 Jean Van Hamme est scout dans sa jeunesse. Il effectue ses études secondaires à l'Athénée d'Uccle puis poursuit des études supérieures à Bruxelles, est diplômé ingénieur commercial de l'École de commerce Solvay, agrégé d'économie politique (des connaissances qu'il utilisera notamment pour Largo Winch). Chaque été, il se métamorphose en routard, un sac sur le dos et le pouce en l'air. « J'ai parcouru quelque 30 000 km en stop, en Europe, aux États-Unis, en Afrique. J'ai été en Norvège, en Suède, en Turquie, en Écosse et en Espagne. Partir de Bruxelles jusqu'en Angola a aussi été un grand voyage »

 Les premiers pas de Jean Van Hamme dans le monde professionnel l'amènent à occuper le poste de directeur administratif d'une petite société de transport et de matériel ferroviaire. Il quitte celle-ci pour devenir consultant au service de l'United States Steel Corporation. Engagé en 1968 par la Manufacture Belge de Lampes Électriques (MBLE), une filiale du groupe Philips, il a pour première mission la prospection de marchés émergents, comme en Afrique par exemple en Sierra Leone, au Proche-Orient ou en Asie du Sud-Est. Il devait parfois traiter avec des administrations corrompues pour les convaincre de travailler avec lui, et devait pour ce faire les soudoyer1. Attaché à Philips Belgique, il occupe, après un bref passage à l'administration commerciale, le poste de directeur des appareils ménagers. Son expérience de marketing chez Philips dure jusqu'en 1976, année où il démissionne afin de se consacrer à l'écriture de romans, notamment la série des Largo Winch

Le dessinateur


 Werner Goelen, dit Griffo, est un dessinateur belge de bande dessinée né le à Wilrijk.

En 1971, il achève ses études à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers qu’il avait commencées à l’âge de 15 ans. Après cela, il effectue des travaux occasionnels comme illustrateur pour des magazines féminins et des magazines de télévision.

Quand il se présente en 1975 aux Éditions du Lombard, on lui soumet une offre intéressante. L’éditeur cherchait alors désespérément un successeur à Mittéï, qui était passé à la concurrence au Journal de Spirou. Griffo hérita ainsi de la série Modeste et Pompon créée en 1955 par Franquin. Parallèlement à la livraison hebdomadaire d'une planche de gags pour le magazine Tintin, Griffo participe aussi au Tintin Sélection trimestriel avec des mini-récits humoristiques.

Outre ce démarrage prometteur de sa carrière comme dessinateur de bande dessinée, il était déjà professionnel depuis longtemps dans la publicité et dessinait aussi des pages érotiques pour la maison d'édition Biofot.

À partir de 1982, Griffo réalise avec Marcus (pseudonyme de Danny de Laet) une aventure de bande dessinée classique de la longueur d’un album, L’Ordre du Dragon Noir, qui paraîtra en 1984 aux éditions Michel Deligne (1987 en Allemagne chez Ehapa).

Une œuvre majeure de Griffo est la série Giacomo C. scénarisée par Jean Dufaux. Cette série comporte 15 albums parus de 1988 à 2005. À partir de 2013, il s'associe à Valérie Mangin pour la série Abyme.