dimanche 15 mars 2026

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

 


Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (titre original : Do Androids Dream of Electric Sheep?) est un roman de science-fiction écrit par Philip K. Dick en 1966 et publié deux ans plus tard aux États-Unis.

Œuvre majeure dans la bibliographie de son auteur, elle marque le début de sa reconnaissance par le public américain grâce à son adaptation cinématographique par Ridley Scott sortie en 1982, avec le film Blade Runner. Le roman est d'ailleurs réédité par la suite sous le titre Blade Runner.

Le livre est publié en français pour la première fois en 1976 par les éditions Champ libre, dans la collection « Chute libre ». 

Résumé

En 1992, la Terre, dévastée par une guerre nucléaire, n'est plus habitée que par les rares humains qui ont choisi de ne pas émigrer sur Mars, ou qui n'en avaient pas les moyens.

Dans ce monde dévasté, on tâche d'oublier le vide de son existence dans laquelle on cherche à tout prix un lien d'empathie. Aussi laisse-t-on allumé son poste de télévision en permanence, regardant l'émission de variété de l'ami Buster, présentateur toujours impeccable, toujours frais et jovial, ayant toujours quelque chose à dire, inépuisable et pourtant jamais ennuyeux apparemment. Par ailleurs, le mercerisme est une religion où l'individu cherche à ressentir la « Passion » d'un nouveau Christ, appelé Mercer, par le biais d'un appareil appelé boîte à empathie. Lorsqu'on y est connecté, on ressent violemment, jusqu'à en être physiquement affecté, le chemin de croix de Mercer, brutalisé et lapidé.

De plus, la plupart des espèces animales ont disparu dans le cataclysme si bien que leur simple possession est devenue, non seulement un signe de richesse, mais aussi un signe d'empathie, érigée en qualité absolue et une réelle source de bien-être pour des Terriens vivant isolés.

Rick Deckard est une de ces personnes qui continuent à vivre sur Terre. Chasseur d'androïdes à San Francisco, il rêve de remplacer son mouton électrique par un vrai. Aussi, lorsque son supérieur lui apprend que des androïdes Nexus 6 se sont illégalement enfuis de Mars vers la Terre, il espère aussitôt que la récompense offerte pour leur capture va lui permettre de réaliser son rêve.

À l'aide du test de Voigt-Kampff, fondé sur l'empathie, dont les androïdes sont censés être dépourvus, Rick Deckard entreprend alors de démasquer les androïdes fugitifs. Il se rend tout d'abord chez Rosen, le fabricant des androïdes Nexus 6, qui ne croit pas en l'efficacité du test de Voigt-Kampff. Afin de mettre celui-ci en défaut, il demande à Rick Deckard de réaliser le test sur sa nièce, Rachael Rosen.

En réalité cette dernière n'est autre qu'un modèle Nexus 6, mais Deckard découvre la supercherie grâce à son expérience. Pourtant, il ne retire aucune satisfaction personnelle de cet épisode et s'interroge en voyant la détresse de Rachael. Peu après, celle-ci s'offre à lui, car elle espère, de même que son oncle, que Rick ne pourra plus ainsi tuer d'androïde et qu'il ne s'opposera donc plus au développement de la firme.

Toutefois, Deckard poursuit sa traque et à la fin tue tous les Nexus 6 revenus illégalement sur Terre. Une fois débusqués, ceux-ci sont comme affolés et n'offrent guère de résistance : il s'agit plutôt d'une exécution que d'un combat acharné.

Parallèlement, on suit la vie de John R. Isidore, un « spécial », un humain trop atteint par les radiations pour avoir le droit de se reproduire ou d'émigrer sur Mars. Il vit dans un immeuble abandonné et se sent terriblement seul. Or, les trois derniers Nexus 6 viennent se réfugier dans son immeuble. Il les rencontre et on se rend compte alors de la froideur et du manque total de compassion de ces derniers.

Grâce à ses primes, Rick parvient à s'acheter un vrai animal (et non un robot), une chèvre noire, ce qui les comble, lui et son épouse, de bonheur. Toutefois, pour se venger de l'élimination des Nexus 6, et pour lui faire ressentir une grande peine, Rachael parvient à précipiter dans le vide la chèvre de Rick depuis le toit où elle était parquée.

En accomplissant sa mission, Rick Deckard n'aura de cesse de se demander ce qui différencie l'être humain de l'androïde et ce qui fait son humanité. Ce questionnement atteint son paroxysme lorsqu'il couche avec Rachael.

Témoignage de l'auteur

Selon Philip K. Dick :

« Ce livre a été écrit alors que je connaissais une période de stabilité exceptionnelle. Nancy et moi avions une maison, un enfant et pas mal d'argent. Tout allait bien. À ce moment-là, j'opposais la chaleur de Nancy et la froideur des gens que j'avais connus auparavant. Je commençais à élaborer ma théorie de l'humain contre l'androïde, cet humanoïde bipède qui n'est pas d'essence humaine. Nancy m'avait révélé pour la première fois quel pouvait être le portrait d'un être humain vrai : tendre, aimant, vulnérable. Et je commençais donc à opposer cela à la façon dont j'avais grandi et été élevé[1]. »

5 commentaires:

Je a dit…

Le Voight-Kampff (aussi orthographié Voigt-Kampff), également appelé « test de Voight-Kampff » (V-K) est un dispositif mécanique et un test imaginaire ayant pour fonction d'identifier des réplicants. Ils sont tous deux utilisés dans le livre Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, un roman de science-fiction de l'écrivain Philip K. Dick paru en 1966.

Le Voight-Kampff, inspiré du livre de Dick, a été adapté au cinéma dans le film Blade Runner (1982) de Ridley Scott, ainsi que dans d'autres œuvres dérivées du roman telles que le jeu vidéo du même nom (1997).

Je a dit…

Description

Le Voight-Kampff est un appareil mécanique inspiré des détecteurs de mensonge et du test de Turing. Il est employé par les « Blade Runners », des policiers du futur chargés du retrait des réplicants (des humanoïdes de synthèse) illégaux, afin de déterminer si un individu soumis au test est un réplicant ou un être humain.

Cette machine mesure les réactions biologiques à des stimuli afin d'évaluer le potentiel d'empathie des répliquants :

les variations de la respiration ;
les variations du rythme cardiaque ;
les variations de tension des muscles internes de l'œil, c’est-à-dire la dilatation de la pupille, couplées à un petit rougissement ;
la dilatation capillaire dans la région faciale, résultant par un rougissement du visage (lié aux réactions émotionnelles) ;
le dégagement de phéromones.

Les stimuli sont des questions sciemment choquantes, écrites à l'avance et supposées provoquer des réactions émotionnelles immédiates chez le sujet. Le sujet doit répondre aux questions mais les réponses verbales n'ont pas d'importance. Il s'agit de la seule façon d'être sûr de découvrir de subtiles différences empathiques entre humains et réplicants[

Je a dit…

Utilisation

L'appareil fonctionne globalement comme un détecteur de mensonges couplé à un scanner corporel ayant pour cible l'œil du sujet, plus précisément l'inspection de sa rétine en gros plan. Si le sujet ment lors de l'examen, sa pupille se dilate. Un soufflet est également prévu pour aspirer et analyser des échantillons de la respiration.

Le dispositif tient habituellement dans une petite mallette de transport.

Je a dit…

Historique

Le mot Voight-Kampff provient de « Voight » (du nom de son inventeur), modifié plus tard par l'ajout de «  Kampff » (un autre scientifique).

Ce test ne doit pas être confondu avec le « Test de Boneli » aussi utilisé par certains Blade Runner. Le « Boneli » mesure le temps de latence entre une réaction et un signal lumineux ou sonore. Les réplicants ont généralement un temps de réaction inférieur à celui d'un être humain à ce test.

Dans le film, deux réplicants subissent le test : dès le début du film, Leon (interprété par Brion James) est testé par le Blade Runner Holden (interprété par Morgan Paull) à la Tyrell Corporation, puis Rachel (Sean Young) est testée par Deckard (Harrison Ford) au même endroit.

Deckard indique à Eldon Tyrell (Joe Turkel) qu'il lui faut habituellement de 20 à 30 questions pour distinguer un réplicant d'un être humain. Avec Rachel, il en faudra plus d'une centaine. Pour le fabricant d'androïdes, Eldon Tyrell, comme pour Deckard, pouvoir repérer un réplicant avec un test est crucial. Même si Tyrell se dit espérer que le Voight-Kampff désignera Rachel comme un réplicant pour respecter la loi, il semble cependant espérer qu'un jour aucun test ne pourra faire la distinction sur la nature du sujet.

Je a dit…

Conception

Dans le film Blade Runner (1982), le Voight-Kampff est décrit comme :

« Une forme très avancée de détecteur de mensonge qui mesure les contractions du muscle de l'iris et la présence de particules invisibles flottantes dans l'air et provenant du corps. Les soufflets ont été conçus pour cette dernière fonction et donner à la machine l'air menaçant d'un sinistre insecte. Le VK est utilisé essentiellement par les Blade Runners pour déterminer si un suspect est véritablement humain en mesurant le degré de sa réponse empathique par le biais de questions et de déclarations soigneusement rédigées. »

— Description dans le dossier de presse original du film Blade Runner.

Le prototype pour le cinéma a été créé par le designer Syd Mead avec l'aide de l'accessoiriste John Gilman. Mead a expliqué que le réalisateur Ridley Scott souhaitait une machine à l'aspect menaçant, mais délicat. Il lui proposa plusieurs versions et c'est une version modifiée d'un détecteur de mensonge qui fut utilisée.

Les iris montrés par la machine dans le film ne sont pas ceux des acteurs, mais des extraits vidéo d'une compilation provenant de l'entreprise britannique Oxford Scientific. Ceci explique pourquoi l'œil du personnage de Léon apparaît marron sur la machine alors que son acteur (Brion James) a les yeux bleus.