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jeudi 8 mai 2025

Voyages dans le temps dans Spirou (5)

 

Sin Glas : Surgi du Futur (1982)

Thias m'avait appris l'existence de Sin Glas, une bd de science fiction qui n'eut qu'une histoire par Bosse & Darasse dans Spirou n°2317-2330 (1982). 

Sin-Glas est un ethnologue du sixième millénaire qui ressemble un peu à Valérian et qui étudie les colonies humaines qui se sont dispersées depuis la "catastrophe" du 34e siècle, environ deux mille ans avant. 


Il pilote le North-Tramp, vaisseau spatio-temporel avec un droïd nommé Or-Ter et un pilote dauphin intelligent nommé Dalmus WH-1. Il trouve une énorme épave de plusieurs kilomètres, qui a déjà été subi d'autres tentatives de pillages, le Shin Wasa Thai.

Il rencontre Sakuragi, un cyborg Waraï qui attend en stase depuis deux mille ans dans l'épave. Sakuragi lui dit que Sin Glas les avait sauvés contre les Pirates Lomars en 3337 (le vaisseau appartenait à une énorme flotte de vaisseaux comme celle de Battlestar Galactica) et que ces pirates avaient aussi voyagé dans le temps. 

Quand il revient dans le présent tout comme les pirates Lomars, il promet à Sakuragi qu'il l'aidera à retrouver sa flotte. 

Comme le dit Thias, il y a une certaine atmosphère plus sombre que le space opera habituel de Spirou, qui me fait penser au film Black Hole. Il est dommage que le décor et l'univers semblent plus creusés que l'intrigue. 

Zagazik : Du Shah des Shas au Premier Tsar (1980/1982)

Mais en lisant ce numéro n°2317 où commençait Sin Glas, je tombe par hasard sur un second épisode d'une autre série de voyage temporel, mais dans une veine plus "humoristique", Zagazik, qui ne fut pas reprise en album non plus. C'était écrit par un certain Eugène Crespin mais dessiné par Jo-El Azara (auteur venu de Tintin où il dessinait Taka Takata, le pilote japonais myope). 

Zagazik est un musicien hippie parti à Kathmandu qui a acquis d'un gourou malhonnête, Ramavishnou, le pouvoir de se téléporter dans l'espace et dans le temps (mais sans contrôler sa destination). Dans Spirou n°2209-2019 (1980) "Un Terme aux Piles", il participe à la Seconde Guerre médique où il conseille d'abord Xerxès, puis Thémistocle à Salamine (tout en essayant de ne jamais changer le passé, avec l'aide des dieux grecs et de nombreux gags absurdes). A la fin de la première aventure, il se venge du gourou en l'envoyant à son tour dans le passé et il apparaît en pleine Guerre napoléonienne. 

Dans la seconde histoire "Les Tsars dînent à l'Huile" (Spirou n°2317-2338, 1982), Zagazik revient en France (sans se téléporter, car il redoute son pouvoir). Il finit par se servir de son don et se retrouve en Russie à l'époque d'Ivan le Terrible, au XVIe siècle. L'épisode se termine en plein suspense avec Zagazik dans les geôles d'Ivan mais il n'y eut jamais de suite.

Sourcehttps://anniceris.blogspot.com/2025/03/voyages-dans-le-temps-dans-spirou-5.html

Voyages dans le temps dans Spirou (1)

 


Avant de parler des aventures de Spirou, il faut commencer par une autre série chez Dupuis qui était plus de la science fiction.

Yoko Tsuno par Roger Leloup est surtout connue par ses voyages dans l'espace (vers la planète Vinéa et ses colonies : tomes 1, 3, 6, 8, 10, 13, 18, 27, 30) mais il y a eu presque autant de voyages dans le temps (tomes 11, 17, 20, 22-23, 26, 29, 31). Quand on pense à voyage temporel en BD franco-belge "classique", on pense d'habitude surtout à Valerian & Laureline, Blake & Mortimer, les Naufragés du Temps, Time is Money, Bob Morane..., mais Yoko Tsuno eut aussi sa série de paradoxes temporels.


 

Dans l'album n°11 La spirale du temps (1980), Yoko est chez ses cousins japonais installés en Indonésie, à Borneo quand arrive soudain Monya, une voyageuse du XXXIXe siècle où la Terre a été détruite par une bombe à antimatière. Le véhicule temporel, le Translateur, a été construit par son défunt père et il ne peut pas être utilisé par n'importe quel passager, il faut une ceinture adaptée à sa biologie. Monya a voyagé vers le passé pour empêcher l'invention de cette arme destructrice et on apprend donc que le passé est tout à fait malléable dans le Yokoverse (on est 4 ans avant Terminator). L'inventeur de l'arme leur révèle que sa bombe hérite d'une technologie extraterrestre sur cette île indonésienne, technologie sur laquelle avait déjà travaillé l'oncle maternel de Yoko Tsuno 35 ans avant, pendant la 2e Guerre mondiale, l'officier japonais Toshio Ishida. Mona et Yoko repartent alors en 1943 et convainquent son oncle de les aider. Ils détruisent la source mystérieuse d'antimatière et changent donc le passé. Monya explique qu'elle ne peut plus revenir dans le futur car il y a déjà une "autre" Monya là-bas modifiée par le paradoxe temporel. Elle a sauvé son père rétroactivement mais ce n'est pas "son" père et elle ne pourra pas le revoir. Elle restera donc vivre en Indonésie, avec les cousins de Yoko et avec son Translateur comme une exilée temporelle. 

On retrouve Monya dans l'album n°17 Le matin du monde (1988). Monya était allée dans le passé et elle avait volé une statuette de Bali en l'an 1520 (avant une éruption volcanique qui devait détruire cet endroit) mais une jeune danseuse balinaise a été accusée du vol et doit être sacrifiée aux ptéranodons qui vivent encore dans cette région. Yoko et Monya repartent sauver la jeune fille et l'amènent à Bornéo où elle causera le bas-relief d'une danseuse que regardait Yoko dans le n°11 avant même de rencontrer Monya (ce qui prouverait alors qu'elle n'a pas changé le passé mais qu'elle l'a causé tel qu'il est, contrairement à l'album précédent). Cela commence une double tradition : (1) Yoko a tendance à voyager pour sauver (un peu arbitrairement) une femme du passé (certes, ici, elle était en danger à cause d'un voyage précédent), (2) son voyage vers le passé est souvent provoqué par une anomalie dans un document ou une oeuvre artistique au présent.

Dans l'album n°20 L'astrologue de Bruges (1994), on quitte l'Asie pour l'Europe et même pour la Belgique (ce qui est rare dans Yoko Tsuno qui a ses aventures en Allemagne, Ecosse ou Asie). Yoko a été invitée à Bruges par un certain Jan Van Laet qui lui montre un tableau la représentant au XVIe siècle. Van Laet et son complice Torcello ont obtenu un philtre d'immortalité depuis le XVIe siècle et ils avaient déjà rencontré Yoko à cette époque  ont alors tué l'alchimiste Zacharius. Yoko repart dans le passé avec Monya, Pol et Vic. C'est la première fois qu'ils vont ramener quelqu'un et non pas seulement un objet, car Pol tombe amoureux d'une paysanne du XVIe, Mieke, qui devient sa compagne au XXe siècle.

Dans les albums n°22 La jonque céleste (1998) et n°23 La pagode des brumes (2001), on revient en Asie, en Chine. Yoko et sa fille adoptive Ziu Lu / Chén Lù ("Rosée du Matin", adoptée depuis l'album n°16) trouvent la tombe d'une très jeune princesse chinoise, Sin-Yi  gardée par une femme, le Dr Lin-Po. La jeune Sin-Yi serait morte très jeune, en 1021 à peu au même âge que celui qu'a sa fille Rosée du matin. Elle était promise comme future épouse de l'Empereur Zhenzong (968-1022), 3e Empereur de la Dynastie Song. Yoko et Monya retournent dans le passé pour sauver Sin-Yi. On découvre qu'il n'y a pas de paradoxe : le tombeau qu'elles avaient vu dans le présent était un faux fabriqué par Yoko et elle ramène Sin-Yi au XXe-XXIe siècle. Mais dans l'album suivant, Sin-Yi demande d'aller aussi sauver sa servante Mei-Ling à laquelle elle était attachée. Yoko revient à nouveau en Chine au XIe siècle et retrouve les origines d'une légende que sa grand-mère chinoise lui avait racontée sur le dragon de cette pagode (Yoko est en effet sino-japonaise). Les origines du dragon sont en fait extraterrestres et c'est un vaisseau robot (comme beaucoup d'autres véhicules vivants dans le Yokoverse). 

Dans l'album n°26, Le Maléfice de l'améthyste (2012), Yoko et sa nouvelle amie la jeune pilote Emilia MacKinley (russo-écossaise, rencontrée depuis le tome 24) vont en Ecosse où Emilia hérite des biens de son arrière grande-tante décédée, Gloria qu'elle aurait sauvée 80 ans avant. Elle rencontre le vieux Malcolm qui dit avoir voyagé dans le futur depuis 1934 pour trouver un médicament pour sauver cette même Gloria. Mais il a sauté 33 ans, est arrivé en 1977, deux ans après la mort de Gloria, et a mis ensuite à nouveau 45 ans pour reconstruire une machine à voyager dans le temps qu'il ne peut plus utiliser lui-même en raison de son grand âge. Yoko et Emilia acceptent de repartir en arrière, en 1934 et découvrent des secrets concernant la maladie de Gloria, une pierre d'améthyste et l'histoire de la Russie. Le "Malcolm" qu'elles avaient rencontré était en fait son assistant, Ralph, qui se faisait passer pour lui pour voler le trésor. Elles ramènent avec elle une nouvelle femme du passé, Bonnie (cousine d'Emilia), et plusieurs trésors qui permettent à Yoko et son cercle d'obtenir leur indépendance financière. C'est la première fois que Yoko Tsuno voyage dans le temps avec un véhicule qui n'est pas le Translateur de Monya. Cette machine de Malcolm (qui ressemble à d'énormes bobines de Tesla) est bien plus encombrante et plus dangereuse. 


 

Dans l'album n°29 Anges & Faucons (2019), Emilia reprend à nouveau la machine de Malcolm pour retourner en 1935 et sauver deux enfants, Peter et Julia, qui doivent mourir dans un accident ferroviaire cette année-là d'après une indication d'une tombe dans le cimetière local. L'idée des voyages uniquement pour sauver des enfants reste une obsession de cette série et cela a un peu gâché la cohérence : si le passé est malléable, pourquoi utiliser le voyage uniquement pour sauver une poignée d'individus choisis arbitrairement parce qu'ils ont suscité la sympathie de Yoko ? En passant, cet album illustre bien la méthode poétique d'écriture de scénario de Roger Leloup. Autant les graphismes des véhicules sont précis comme de l'ingénieurie ou de la Hard SF, autant les scénarios sont faits de libres associations métaphoriques ou thématiques (ici, entre ailes d'anges et figures de dieu Horus), plus oniriques ou elliptiques que des relations causales claires. 

Dans l'album n°31 L'Aigle des Highlands (2024), Roger Leloup noue ensemble de nombreux personnages de son univers : Monya et son translateur (plus vue depuis le n°23), la colonie celtique cachée, Vinéa et le domaine écossais. Les moines de l'abbaye locale aurait détruit un "aigle" au XIIIe et Yoko découvre, grâce à la Déesse Brigit (en fait une IA) que c'était un robot de Vinéa. Elle repart au XIIIe siècle grâce à Monya pour sauver cet "aigle". Pour une fois, elle ramène non pas une jeune fille (comme Sin-Yi, Mieke ou Bonnie) mais un petit garçon, Sébastien (la maison de Yoko commence à ressembler à un orphelinat).

Yoko n'a à ma connaissance jamais voyagé vers "le futur" (sauf pour revenir à son époque). Cela donne la chronologie suivante des voyages de Yoko (deux au XIe, un au XIIIe, deux au XVIe et trois au XXe) : 

XIe 1021 Yoko part en Chine pour sauver Sin-Yi et la ramène. 

Elle revient ensuite peu de temps après pour tenter en vain de ramener aussi Mei-Ling et rencontre un robot. 

XIIIe Yoko sauve un autre robot vinéen. 

XVIe siècle : Yoko sauve une Balinaise d'un sacrifice. Elle lutte contre un alchimiste à Bruges avec tous ses amis, elle ramène Mieke. 

XXe : 1934 Macolm invente une machine à voyager dans le temps 900 ans avant le père de Monya. Yoko et Emilia aident la famille de cette dernière. Elles ramènent Bonnie (qui a donc dû naître vers 1918 à peu près ?).

1935 Yoko et Emilia modifient des détails du passé.

1943 Yoko rencontre son vieil oncle en pleine Guerre en Indonésie et lutte contre une intelligence extraterrestre faite d'énergie. 

Sourcehttps://anniceris.blogspot.com/2025/02/voyages-dans-le-temps-dans-spirou-1.html

Le sable rouge est comme une mer sans limite

 

Le sable rouge est comme une mer sans limite,
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
Une ondulation immobile remplit
L'horizon aux vapeurs de cuivre où l'homme habite.

Pas un Orni ne passe en fouettant de son aile
L'air épais, où circule un immense soleil.
Parfois quelque Faiseur chauffé dans son sommeil,
Fait onduler sa queue dont l'écaille étincelle.

Tel l'espace enflammé brûle sous les cieux clairs.
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Les Vers géants rugueux, voyageurs vifs et rudes
Se glissent sous le sol à travers les déserts.

D'un point de l'horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière, et l'on voit,
Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
Sous leur ventre annelé crouler au loin les dunes.

Aussi, sans souci du temps et du vent, ils passent
Comme une ligne noire, au sable illimité ;
Et le désert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l'horizon s'effacent.

Leconte de Lisle, Poésies nouvelles, 1855 
(repris dans Poèmes barbares, 1862)

Le Dune de Lynch de 1984 trouve peu de défenseurs et même son réalisateur l'a renié. Pourtant, en dehors de quelques caricatures cauchemardesques de Harkonnen, les sourcils ridicules des Mentats ou la scène où il pleut à la fin, je le trouve plutôt réussi (même si je pense préférer encore la mini-série). Et je crois que je retiens plus Brian Eno que le Hans Zimmer de la version de Villeneuve. 

J'aime bien le sublime des Grands Monolithes flottants et immobiles de Villeneuve (surtout dans Arrival) mais en dehors de cette ombre du divin dans cette froide architecture totalitaire, je ne vois pas bien ce que j'en tire. 

La différence principale de cette version est d'insister sur la transformation et la trahison de Paul et sur le scepticisme croissant de Chani malgré son amour. Irulan et Jessica sont plus actives (Villeneuve a dit qu'une de ses idées était de faire une adaptation plus centrée sur les Bene Gesserit et de réduire la place des Mentats). Le film développe aussi le personnage assez secondaire de Margot Fenrig (la Bene Gesserit envoyée pour séduire Feyd - qui a pris plus d'importance dans Paul of Dune, un des sequels de Brian Herbert qui se passe entre Dune et Messiah of Dune). En revanche, Alia au Couteau, la soeur du Prophète, devra attendre le Messie car elle n'est toujours pas née dans cette version. Le fait d'avoir développé la Princesse Irulan rend ce pauvre Empereur encore plus inexistant en marionnette des Bene Gesserit. La Guilde est absente et on ne revoit jamais ce pauvre Mentat Assassin Thufir Hawat (Stephen Henderson) qui est complètement coupé au montage et oublié. 

Le rythme me paraît très discutable. La bataille de chute des Atréides dans le premier volet était épique mais la bataille finale de chute des Harkonnens est bâclée très rapidement. Les Sardaukars se rendent immédiatement ou sont massacrés hors champ. L'arc de Paul est trop abrupt, il change quasiment immédiatement de son refus d'être le Messie à une volonté froide de vengeance et de pouvoir après avoir retrouvé Gurney Halleck comme figure paternelle en plus de Stilgar. L'ambiguïté de Paul est certes bien mieux rendue que dans le film de 1984. 

Couvertures des Champions et comparaison avec les Titans de Frisano

 

Au début de l'année 1975, Jenny Isabella (qui s'appelait encore Tony) avait repris le titre Ghost-Rider (au n°11, jusqu'au n°19 - où le moralisme devenait très chrétien) et elle venait de créer en avril 1975 un nouveau héros noir, Black Goliath, dans le titre Luke Cage, Power Man n°24. Quand les X-Men furent relancés en mai 1975 par Len Wein après 5 ans d'absence, Isabella proposa de créer une nouvelle équipe, les Champions, qui compteraient deux anciens X-Men qui n'avaient pas été retenus par Chris Claremont (Angel et Iceman), plus sa nouvelle création Black Goliath. Mais quand Marvel lui offrit un titre séparé pour Black Goliath (qui ne fut qu'une mini-série en 5 épisodes, octobre 1975- juillet 1976), Isabella le remplaça par son autre personnage, Ghost-Rider, et ajouta deux autres membres, un personnage mythologique, Hercules (qui venait d'avoir sa série dans Thor n°221-239) et la superhéroïne russe Black Widow (qui avait été la co-star dans Daredevil n°81-124). La série bimestrielle Champions n'eut que 17 numéros, de juillet 1975 à août 1977 et fut un échec, avec Isabella qui partit dès le n°8 (l'épilogue final où l'équipe se dissout fut par Bill Mantlo dans Spectacular Spider-Man n°17, janvier 1978). 

C'était, je crois, la première fois que Marvel créait une équipe basée à Los Angeles et pas sur la Côte Est (et DC ne créa ses Titans West que deux ans après, dans Teen Titans n°50, octobre 1977). 

Quelques temps après (en 1981) parut ce qui doit être l'un des plus célèbres jeux de rôle de superhéros, Champions. Le logo du jeu retrouva en partie dans la 1e édition celui de la brève équipe de Los Angeles. 



Mais je ne veux pas parler du comic des Champions de Los Angeles en tant que tel (il faut reconnaître qu'ils n'eurent aucune bonne histoire que ce soit avec Isabella ou avec Mantlo) mais des couvertures françaises réalisées par Jean Frisano (1927-1987) pour l'éditeur Lug. J'avais déjà comparé sa couverture de la mort de Gwen Stacy avec celle de Romita Sr en septembre 1978. 

Le magazine Titans avait commencé ses trois premiers numéros en essayant de se diversifier et de traduire des titres qui n'étaient pas de Marvel mais de son éphémère rival Atlas/Seaboard. Mais les éditions LUG repassèrent dès le n°4 à des traductions de Marvel quand la compagnie Atlas fit faillite. 

Le premier épisode des Champions apparaît dès ce n°4 mais la couverture du premier épisode n'apparaît qu'au n°5 (novembre 1976).  La couverture américaine du n°1 (juillet 1975) est par Gil Kane, avec un Hercule en gros plan.

La version Frisano s'inspire en fait d'une case intérieure de Don Heck, il refuse tout l'effet de perspective, redessine complètement Hercule et retire Ghost-Rider. L'éditeur Lug a tellement peur de se faire interdire qu'ils enlèvent de nombreuses images effrayantes et le Crâne en feu du Ghost-Rider va se faire souvent auto-censurer. Et bien entendu les couvertures de Frisano n'ont jamais de textes. En revanche, je ne comprends pas pourquoi Frisano fait flotter la Veuve Noire sans aucun fil de toile. 


Champions n°6 (mars 1976)  a une couverture par Jack Kirby (l'intérieur de Georges Tuska). 


Frisano devait trouver cela beaucoup trop encombré. Il est assez fidèle à l'image centrale, corrige des proportions kirbyesques, améliore le réalisme de la position de Black Widow mais enlève Angel et Iceman dans Titans n°9 (juillet 1977). 


La couverture suivante dans Titans n°11 est bien plus modifiée. L'histoire traduite est celle de Champions8 mais la couverture semble être un mélange à la fois des couvertures de Champions n°7 et n°9 (où Tony Isabella était partie du titre pour être remplacée par Bill Mantlo). 

Voici en effet les deux couvertures originales, celle avec le Griffon (Champions n°7, mai 1976) et celle avec les personnages russes Titanium Man, Crimson Dynamo et Darkstar (Champions n°9, septembre 1976 - Darkstar rejoint l'équipe à partir du numéro suivant, ce qui donne soudain deux superhéroïnes russes dans l'équipe) : 


 

Et voici le traitement par Jean Frisano dans Titans n°11 (novembre 1977) avec Crimson Dynamo, Titanium Man et le Griffon face à Angel et Hercule. On remarque qu'il a recomposé complètement l'image à partir de la dernière case de Champions n°8 (la conférence de presse où ils annoncent la création de leur équipe). Comme souvent, il met la scène juste avant la confrontation et non pas in medias res comme l'originale. Pourquoi Frisano retire-t-il les personnages féminins de Darkstar et Black Widow ?

Champions n°11 (novembre 1976), couverture par Gil Kane, scénario de Bill Mantlo, dessins intérieurs de John Byrne. Black Goliath arrive finalement dans la série dont il devait être un fondateur.

Titans n°14 (mai 1978). Frisano met la scène juste avant et l'angle est complètement inversé.

Champions n°14 (avril 1977) avec la première apparition de The Swarm, créé par Bill Mantlo & John Byrne.

Titans n°17 (novembre 1978). Frisano est forcé d'enlever le crâne du Ghost Rider et d'éloigner l'Essain des abeilles.


Champions n°16 (août 1977). Couverture par Bob Hall. C'était une des dernières tentatives du scénariste Bill Mantlo d'attirer le succès des X-Men. Ces derniers viennent d'affronter Magneto sur l'île de Muir dans X-Men n°104 et le Mauvais Mutant s'est ensuite allié avec Dr Doom contre les Vengeurs et les Champions dans Super Villain Team-Up n°14 (juillet 1977 - qui ne fut pas traduit - et Bill Mantlo avait aussi tenté un cross-over de Darkstar dans Iron Man Annual 4, mai 1977). 

 

Titans n°20 (mai 1979). Frisano retire Ghost-Rider et Black Widow et il ne garde que Hercules, Iceman et The Beast. Comme dans la composition du n°11, il met les héros de dos par rapport à nous et l'antagoniste à l'arrière-fond. Le champ magnétique en couverture est peut-être une influence de la couverture de X-Men n°104 ou de sa couverture de Strange n°43 ?



Addendum : Survol de toute la série

1-3 Angel et Iceman deviennent étudiants à UCLA. L'équipe est dirigée par Black Widow et sauve Hercule et la déesse Venus capturés par Pluton, Mars et Hippolyte (Pluton veut forcer Jupiter à accepter le mariage d'Hercule et Hippolyte et de Venus et Mars). Pluton est aidé par Cerbère et Le Chasseur, un de ses fils. Venus pardonne à Mars et quitte le monde des mortels. 

4 Lansing, un savant fou, prend le contrôle de Hercule et Black Widow. Isabella n'a pas d'idées...

5-6 Ils arrêtent Rampage (Stuart Clark, un génie rival de Tony Stark). Il tente en vain de n'être qu'un voleur non-violent mais il perd la raison. Les Champions tenteront plusieurs fois de le réhabiliter mais le scénario n'arrive pas vraiment à convaincre que c'est un personnage tragique et ambigu. Il sera l'ennemi le plus récurrent des Champions et Marvel l'a depuis recyclé en consultant pour le Punisher.

7-10 Les Soviet Super-Soldiers, Crimson Dynamo, Darkstar et Titanium Man engagent Griffin et Rampage. Ils viennent avec Bruskin, ancien formateur de Black Widow pour ramener Natacha en Russie. Ils attaquent pendant la conférence de presse d'annonce de création de l'équipe. Yuri Ivanovich Bezukhov, le porteur de l'armure de Crimson Dynamo, est le fils d'Ivan Petrovitch Bezukhov, le tuteur de Natacha. Darkstar (Laynia Petrovna) change de camp et rejoint les Champions. (Isabella avait l'intention de révéler qu'Ivan était aussi le vrai père de Natacha mais cette histoire fut annulée par son départ).

11-13 Les Champions chassent des fantômes indiens avec l'aide du Vengeur Hawkeye. Black Goliath répare leur vaisseau (le Champcraft) et ils l'aident contre Stilt-Man qui veut voler une arme. Le Stranger (qui porte une des Gemmes) vient leur demander de rapporter le Bâton runique de Kamo Tharn le Possesseur pour arrêter cette arme destructrice ultime. C'est assez confus comme quête de McGuffin...

14-15 Ils battent The Swarm, un Nazi dont le corps n'est qu'un essaim d'abeilles. 

Iron-Man Annual 4 Ils aident Iron Man à battre Modok et l'AIM.

Avengers 163 Le titan maléfique Typhon prend Beast en otage et force Iron Man à enlever Hercule, mais les Champions déjouent le plan de Typhon.  

Super-Villain Team-Up 14 Doom prend le contrôle des Vengeurs par son neuro-gaz et Magneto enlève Beast et décide d'aller chercher les Champions de LA. 

16 Doom domine désormais la capitale de Washington (avec une caricature de ce pauvre Jimmy Carter) et de Hulk, mais Magneto  se sert des Champions pour vaincre Doom, qui absorbe son propre gaz. 

17 Le Vanisher reprogramme des Sentinelles pour qu'elles le servent et reforme la Confrérie des Mauvais Mutants. Il est vaincu par Darkstar. 

Spectacular Spider-Man n°17-18 : On apprend que le groupe des Champions de Los Angeles s'est dissout d'un coup : Iceman ne restait que pour être avec Darkstar. Stuart Clark (Rampage) prend le contrôle d'Iceman et tente de l'utiliser contre Angel et Spider-Man. Rampage finit à nouveau mal (c'est la 3e fois que ses plans suicidaires l'envoient à l'hôpital en situation critique).

Hulk Annual 7 (Stern & Byrne) : Angel et Iceman s'allient au Hulk contre le Master Mold des Sentinelles (qui a les mémoires de Scott Lang). 

Source https://anniceris.blogspot.com/2025/04/couvertures-des-champions-et.html

Le premier jeu de rôle chinois

 


La Chine a déjà traduit quelques jeux de rôle comme Call of Cthulhu (克苏鲁的呼唤, L'Appel de Kèsūlǔ) et des jeux de rôle japonais et il existe de nombreux jeux amateurs mais 侠界之旅 (Xiájiè zhī lǚ, Voyage dans le Monde Héroïque) par 路西西, Lù Xīxī serait le premier jeu de rôle sur table  chinois officiel. Comme on pouvait s'y attendre, c'est un jeu de wǔxiá (de chevalerie et d'arts martiaux). 

CJ Leung en fait la présentation en anglais, avec interview de l'auteur, et il y a une présentation en chinois et une ouverture de boite en chinois du mois de février (il y a l'air d'y avoir énormément de jetons et goodies alors que l'auteur ne mentionne qu'une version téléchargeable pour l'instant). 

Jeu de rôle sur table se dit normalement 桌上角色扮演游戏 (zhuō shàng juésè bànyǎn yóuxì) mais d'après CJ Leung le terme le plus courant comme référence pour parler de jdr est de mettre les deux caractères d'un "groupe de jeu" 跑团 (Pǎo tuán). 

Source : https://anniceris.blogspot.com/2025/04/le-premier-jeu-de-role-chinois.html

Magnus (version 2017)

 

Gunther Anders appelait "prometheische Scham" non pas seulement la blessure narcissique que les machines nous dépassent mais aussi un secret désir de devenir machine à notre tour, face au fossé grandissant entre nos capacités et la puissance de nos réalisations techniques. Magnus, Robot Fighter 4000 AD (créé en 1963 par Russ Manning chez l'éditeur Gold Key) est une bd de réaction à cette Humiliation Prométhéenne. La scène se passe dans deux mille ans, au XLIe siècle et l'Humanité est devenue complètement aliénée à ses robots. Magnus est le dernier militant humain à ne pas vouloir dépendre des robots et à lutter activement contre eux. Mais son secret est qu'il n'est pas aussi intolérant qu'il en l'air, il a été éduqué par un robot philanthrope, la Première IA (une sorte de R. Daneel Olivaw), qui a formé Magnus depuis son enfance par souci d'une nouvelle 4e Loi asimovienne de la Robotique, règle de ne pas laisser les Humains dans leur aliénation. [En revanche, je pense que ce n'est qu'une coïncidence s'il a le même nom que le Magnus chez DC qui est le Prométhée-Gepetto créant les androïdes Metal Men en 1962. Manning a dit s'être inspiré de Maximus, un acteur secondaire dans le comic strip réaliste Mary Perkins, On Stage. ]

Magnus est à nouveau, tout comme Superman l'avait été à sa manière, un Tarzan inversé : alors que Lord Greystoke doit sa force au retour à la nature élevé par les ancêtres naturels de l'Humain, Magnus a été élevé par les descendants artificiels de l'Humain mais il doit ses capacité à la résistance au progrès des sciences et des techniques. Russ Manning reprit d'ailleurs l'adaptation en comics de Tarzan chez Gold Key en même temps que Magnus. 

Magnus dans cette première version ne se servait au début quasiment pas de gadgets (en dehors d'un moyen de communication), pas d'autres techniques que de techniques du corps, des Arts martiaux qui lui permettait de casser du métal et qui en faisait le seul humain capable de lutter à la fois contre les robots corrompus (les effets indésirables sont des accidents puisque les IA normales respectent les Trois Lois) mais aussi les autres humains qui tentaient d'utiliser les robots pour soumettre les autres. Selon les scénaristes, Magnus pouvait être un vulgaire Luddite fanatique ou un personnage plus nuancé. 

Cette version s'arrête officiellement en 1977 mais cela faisait déjà longtemps que Manning avait arrêté les histoires. En 1991, Jim Shooter reprend la licence de plusieurs personnages de Gold Key et relance une 2e version du personnage qu'il associe à un nouvel "univers" de superhéros et de sf, l'univers Valiant. Ce Magnus commence à nouveau comme Luddite mais évolue et finit par se révolter contre les autorités humaines : il aide certains robots conscients à créer leur propre communauté autonome séparée. En 1997, Valiant fut racheté par Acclaim et Magnus devint une sorte de cyborg. 

Par la suite, Western/Gold Key avait récupéré les droits de Magnus (ce qui explique qu'il n'existe plus dans l'univers Valiant actuel) et le personnage réapparut d' abord chez Dark Horse (2010) dans des comics chez Dynamite Comics (en même temps que bien d'autres personnages Gold Key, y compris certains qui n'avaient pas été dans l'univers Valiant). 

En 2017 parurent deux versions distinctes chez Dynamite : dans Sovereigns, Magnus devient un dieu-cyborg connecté à toutes les machines et on voit à quel point les reboots américains peuvent subvertir complètement ou inverser le concept de départ (comme si on relançait Asterix en un Alix gallo-romain). 

Mais la même année 2017, le même scénariste Kyle Higgins essaya aussi une autre version (avec le dessinateur d'origine catalane Jorge Fornés si adapté à l'atmosphère du "Film Noir") où "Magnus" est cette fois une femme, Kerri Magnus, psychanalyste pour IA. 



Il n'y eut hélas que 5 numéros (et une VF chez Casterman) mais c'était la version la plus subtile : Magnus soignait les IA dans le Cyberespace (le Cloud-World) au lieu de simplement lutter physiquement contre des robots. Elle est à la fois une Blade Runner (Magnus: Robot Hunter) contre les IA psychopathes mais surtout une thérapeute qui se soucie aussi de ce dont "rêvent ces Androïdes" dans leur Univers virtuel qu'ils préfèrent à notre réalité biologique de wetware. Les IA conscientes ont obtenu une sorte d'indenture limitée où ils sont payés en "temps libre" et le droit à pouvoir partir un jour vers l'autonomie vers leurs communautés virtuelles.


On voit passer le Good Doctor Asimov en journaliste

La série révèle ses origines qui sont à nouveau un hommage à Tarzan : Kerri Magnus est la seule humaine qui peut si facilement demeurer en interface dans le Cyberespace sans avoir son cerveau qui frit parce qu'une IA l'a élevée à l'intérieur de ce monde avant qu'elle ne revienne dans notre monde organique. Ces deux mondes fournissent dans la bd une idée graphique amusante : la réalité est dans le style sombre habituel de Jorge Fornés alors que le Monde du Cloud est dessiné dans un style bien plus coloré et épique, presque kirbyesque

Il est dommage que l'histoire n'ait pas de suite car la fin annonçait une intrigue à venir et cette version me paraît la meilleure avatar de Magnus Robot Fighter

Source : https://anniceris.blogspot.com/2024/08/magnus-version-2017.html

mercredi 11 septembre 2024

Traveller: Far Trader #2

Article extrait de l'excellent blog Annicéris :

En septembre dernier, j'avais parlé du n°1 de Far Trader, la bd dans l'univers de Traveller. Via Imaginos, je vois que le n°2 est paru



Rappelons l'histoire du premier numéro (25 pages de bd + 10 pages d'information), écrit par Chris Griffen (qui est aussi un des auteurs de la nouvelle édition de Traveller chez Mongoose) et dessiné par Xavier Bernard. La Capitaine Susa dirige le vaisseau Far Trader Slowhand (ou Nelanaak). Son équipage est composé de quatre autres membres, dont deux non-humains : Ngazroe (dit "Gaz"), un Steward Vargr très poli, Odja le Pilote cyborg, Kampaari une Ingénieure introvertie et angoissée et ils viennent de recruter comme nouveau membre Feitalih un honorable Mercenaire Canonnier Aslan (et Odja vient d'une famille qui fut asservie par des Aslans). 

Ils commencent sur Paya où des Prêtres d'une branche hérétique de l'Eglise de la Divinité Stellaire demandent à être transportés avec un mystérieux cargo vers la planète Zycoca à 7 parsecs dans l'Amas de Towers (ce qui doit leur demander deux arrêts s'ils ont bien un hyperpropulseur Jump-3). 


Mais alors qu'ils s'arrêtent dans une Géante gazeuse de Focaline, ils se rendent compte que leur vaisseau a été saboté et ils sont attaqués par un vaisseau corsaire Vargr (venus originellement de Kedzudh dans le sous-secteur Firgr). 

Ce deuxième épisode a plusieurs rebondissements. Malgré leur infériorité numérique, ils sont sauvés des Pirates Vargr grâce à Feitalih. On découvre quel traître à bord a saboté le vaisseau et une nouvelle membre les rejoint un peu malgré elle, la Vargr Vaelda. On en apprend plus sur le passé de la Capitaine Dankuurza Susa. Elle est en fait de haute noblesse impériale, fille du Baronet de Kegena (à côté de Rhylanor) et a renoncé à son titre pour devenir une Voyageuse spatiale avec son Slowhand. Les Prêtres de cette branche de l'Eglise de la Divinité stellaire (qui viennent aussi de Kegena) adorent Iyliy, le Soleil de Zykoca. 

Ils arrivent sur Carsten Station, une station orbitale (Astroport classe C) autour du monde anarchiste de Carsten (et le livre comprend un dossier décrivant les caractéristiques de cette station et de quelques PNJ). 


L'équipage de la Capitaine Susa va devoir faire face à Vadis Minchua, un dangereux agent des colons de Zykoca qui craint l'arrivée de la secte de la Divinité Stellaire sur leur monde. Minchua connaît certains des secrets sur l'identité de la Capitaine et paraît très bien informé. Il a l'intention d'assassiner le Prélat de la secte. 

La BD commence peu à peu à révéler les éléments de l'aventure et j'ai trouvé la bataille plutôt bien menée (comme certains stratagèmes de pirates dans Barbe Rouge). Certains points du scénario sont parfois encore un peu obscurs (notamment sur ces Prêtres ou sur la rapidité des informations dont dispose Minchua). 

C'est très agréable pour ceux qui voient tous les clins d'oeil dans l'univers de Traveller - c'est parfois impressionnant dans l'attention aux détails - mais je ne me rends pas bien compte si c'est toujours compréhensible pour quelqu'un qui ne serait pas déjà familier avec l'univers de l'Imperium. Les auteurs auraient par exemple dû mettre une carte des mondes sur l'itinéraire à mon avis car cela force un peu à aller en ligne si vous n'avez pas déjà les connaissances encyclopédiques d'un Imaginos sur l'Official Traveller Universe ou sur le secteur Aramis. J'aime beaucoup la manière dont Xavier Bernard dessine les Vargr et leurs expressions (je ne sais pas s'il s'agit du même graphiste que cet homonyme français ?). 

Source : https://anniceris.blogspot.com/2024/05/traveller-far-trader-2.html

[Ombres de Dune] L'Univers de l'Incal (ou Jodoverse)

 Il est difficile d'énumérer toutes les influences de Dune dans les univers de SF, et notamment dans les jeux de rôle de SF, tant elles sont nombreuses. J'ai déjà parlé par exemple des 6 religions dans Empire galactique, de l'univers arabisant de Coriolis ou de l'univers de SpaceMaster (où l'Eglise contrôle les télécommunications)

On ne peut pas réduire l'Incal et les autres oeuvres du "Jodovers" à une version du film Dune que Jodorowski n'avait pas réussi à faire (et où il se fourvoyait complètement en faisant de Paul le vrai avatar de Dieu). Certains aspects plus proches du film noir de l'Incal (1980) se trouvaient déjà dans The Long Tomorrow de Moebius et Dan O'Bannon et ils annoncent sur ce point (en plus de la paranoia de Philip K. Dick) le Blade Runner (1982) de Ridley Scott. 

Mais en gros les analogies entre l'Incal et Dune sont claires. Il y a un Empereur qui est créé génétiquement depuis des siècles et le Plan a donc déjà eu lieu avant le début de l'histoire. Il y a les "nonnes-putes" Shabda-oud qui sont les Bene Gesserit. La Loge Noire des Techno-Techno est un mélange des Ixiens, des Bene Tleilaxu et un peu aussi de la Guilde des Navigateurs avec une grosse dose de satire de l'Eglise catholique et de satanisme. L'Endogarde Noire est les Sardaukars. Les Mentreks sont une version plus cyborg des Mentats (comme les interdits sont différents). Il y a des grandes Maisons d'Aristos comme les Maisons du Landsraad. L'Ekonomat est la CHOM. Il n'y a pas d'équivalent clair pour les Troglosocialiks (colons communistes) ou pour de nombreux éléments plus "Jungiens" alchimico-ésotérico-NewAgeo-tarotologues (dont certains vont aussi se retrouver de manière encore plus satiriques dans Valérian). 

Le niveau technologique est bien plus élevé et quasi-magique dans l'univers de l'Incal. Les "Simaks" (des androïdes) semblent bien plus puissants et polymorphes que les Face Dancers tleilaxu. 

Le Métabaron avait commencé comme un super-mercenaire amoral dans l'Incal (et certains lecteurs ont cru à tort que c'était plus un Harkonnen ou ce que Villeneuve a fait de Duncan Idaho) mais il apparaît ensuite plutôt comme le Duc Leto Atréide (alors que l'Empereur serait déjà une version du Plan réussi des Shabda-Oud). La planète de marbre Marmola , seule à contenir l'épiphyte anti-gravité dans tout notre univers, est Arrakis la planète des sables avec l'épice

En poussant un peu, le Gargale Gangez (l'Ange-Vautour, l'Oiseau blanc symbole de la Maison des Castaka) est le gardien de l'épiphyte sur Marmola et pourrait être un équivalent très transformé de Shai-Hulud. Le Ver rampant qui produit l'épice serait inversé en Oiseau céleste gardant l'épiphyte d'une autre dimension. La fusion des Metabarons avec Gangez évoquerait alors plus Leto II l'Empereur-Dieu fusionnant avec le Ver des Sables. 

Mais l'univers de l'Incal est aussi un Multivers et il est dit que l'Empire navigue aussi entre les dimensions. Les Six Gargales sont des Gardiens des Six Portes dimensionnelles. Voilà ce que dit le livre de l'univers-jeu de rôle La Caste des Métabarons (2001) p. 133/136 (voir aussi la synthèse plus précise des six énergies p. 196) :  

Ces portes sont au nombre de six. Chacune d'elles s'ouvre sur un univers qui est l'exact opposé de celui qu'on quitte. Par exemple, aux confins où règne un froid atroce, la porte Temper-Ut, dom le gardien est Uakl, débouche sur un univers brûlant, De même, devant la porte Mardador gardée par Gangez, l'univers est fluide et léger, mais dès qu'on en franchit le seuil, on pénètre dans une dimension où toute chose présente une extraordinaire densité, une compacité infinie. (...) Dans notre univers, les 6 portes secrètes qui marquent le passage vers d'autres univers, celles dont seuls les fous osent rêver franchir, un jour, le seuil, sont respectivement Mardador, Temper-Ut, Lucioh, Per-Beod, Chonch et Puerko. Mardador est la porte gardée par l'oiseau Gangez. Elle mène des confins denses à un univers léger, et la maîtrise de la gravité est le secret qui y est associé, Temper-Ut mène des confins chauds à d'autres confins froids. Cette porte est gardée par Uakl, une tortue de mercure, qui détient le secret de la modification des températures. Gardée par Ophidat, une entité reptilienne aux écailles noires et blanches qui possède le Secret de la lueur et des ténèbres, Lucioh est la porte qui mène de l'obscurité à la lumière. Comme chacun sait la Sainte Eglise Industrielle a une affinité toute particulière avec cette porte et ce gardien. Per·Beod est la porte qui conduit d'un univers sec à un autre liquide. Son gardien. Bemb détient la source absolue, le secret de la maîtrise de l'eau. Il semblerait que Bemb se soit un jour, pour une raison ou une autre, entendu avec l'Ekonomat et qu'un pacte les unisse. Chonch, la porte qui débouche d'un univers rugueux dans un univers lisse, est gardée par Ruante qui possède la capacité de modifier à volonté le relief des mondes. Son pouvoir est détenu dans un objet, un petit pinceau en orikarb. Enfin, Podrih-Do, gardien capable d'agir au niveau moléculaire le plus infime et de maîtriser la chimie des arômes, veille sur Puerko, la porte par laquelle on quitte des confins pestilentiels pour déboucher dans un univers parfumé.

Chronologie des 300 siècles

Il y a une petite chronologie dans le livre sur l'Univers des Métabarons p. 17-18 (qui à l'époque s'arrêtait à la fin du CCCe siècle :

36e Siècle Rosemonde le Rebis Alchimique devient le premier Empereur galactique. 

46e Siècle La Planète d'Or devient la nouvelle capitale impériale. 

135e Siècle Artaran & Marmala, les Jumeaux, remplacent Rosemonde et l'Empire contacte les autres Univers parallèles. 

Sur Ahour-la-Naine, Dayal de Castaka naît d'un viol d'une Castaka par un Amakura. Les Castakas massacrent tous les Amakura qui ont le temps de se venger en rendant toute la Maison Castaka stérile en dehors de Dayal le bâtard. La Guilde Techno devient l'Eglise Techno et ils viennent détruire toute la Maison Castaka pour prendre le contrôle d'Ahour. Dayal s'enfuit avec sa femme et ses deux jumelles. Ils rejoignent les Pirates et découvrent par hasard Marmola. Dayal se lie à l'oiseau Gargez et détient le secret de l'épiphyte. 

233e Siècle : Margaela & Magellan deviennent le 3e couple impérial. Puis ce sera les siamois Janus-Jana. 

236e Siècle : le Technopape des Techno se sépare de la Papesse des Shabda-Oud. Elles utilisent des Cetacyborgs, des baleines de l'espace. 

299e Siècle : Les deux jumelles fusionnées de Castaka ont un enfant avec Ulrich un viking de l'espace, Berard. Berard donne ensuite sa fille Edna à Othon von Salza. L'Empire découvre le secret de Marmola et conquiert la planète. Le Premier Metabaron Othon doit s'enfuir vers la planète Okhar, puis sur Perdita mais il sera anobli par l'Imperoratrice Janus-Jana. La Shabda-Oud Honorata engendre Aghnar, le 2e Metabaron, qui sera un cyborg mais qui contient de l'épiphyte dans son organisme. C'est le début du rituel sanglant du parricide des Metabarons : chaque Metabaron devra tuer son prédécesseur et être mutilé d'un membre pour hériter du titre. 

300e siècle : Aghnar tombe amoureux d'Oda mais elle est laissée sans âme par les Shabda-Oud. La mère d'Aghnar Honorata possède alors (à l'insu de son fils) le corps de sa brue zombie Oda et elle engendre ainsi le 3e Metabaron, Tête d'Acier, qui sera rejeté et mutilé par son père. Tête d'Acier tue son père et se greffe la tête de Zaran le Poète pour devenir plus humain : il devient Melmoth. Il tombe amoureux de Dona Vicenta (dont il a tué le père) et elle engendre alors le/la 4e Metabaron, Aghora, une fille (quasi-hermaphrodite car elle a le cerveau de son frère mort). Aghora est nourrie par Dejanire la Tarantulouve mais iel rompt avec la tradition en ne tuant pas son père Tête d'Acier qui disparaît. Aghora s'auto-féconde et engendre Sans-Nom, le 5e et dernier Meta-Baron qui tue son père/mère mais jure de ne jamais avoir d'enfant. Il tente de sauver l'Humanité d'un désastre en la conduisant par la porte Lucioh vers un Univers de Lumière. Tête d'Acier doit se sacrifier pour le sauver. Le Metabaron Sans-Nom décide de rompre avec la tradition martiale et le statut de mercenaire créé par le 2e Metabaron. L'Oiseau Gangez se réveille et lui dit qu'il est le premier Metabaron à avoir dépassé la vengeance vers la pitié. Il se consacrera désormais à la justice et à lutter contre les Ténèbres de l'Eglise Techno. 

301e siècle : (Scénario de Jerry Frissen) Le nouveau Technopape reconstruit une nouvelle Planète d'Or. L'épiphyte (qui est le résidu de l'univers originel avant le Multivers, ce qui explique comment il contredit les lois de la Nature) arrive à sa fin sur Marmola et l'univers menace de se contracter sans l'épiphyte. Les Technos créent l'Anti-Baron Khonrad, clone du Metabaron Sans-Nom mais il meurt en tuant son maître. Le Technopape a une fille, Orne qui devient la compagne du Méta-Baron et tombe enceinte de lui. Alors que leur univers va être détruit, un Simak (androïde polymorphe) remplace le Technopape et poursuit le Metabaron vers la source de l'épiphyte dans une autre dimension, vers la planète Algoma, contre-partie de Marmola. Le Métabaron doit s'allier à la Métagardienne indigène de l'épiphyte contre l'invasion des Simaks et il sauve son univers avec l'épiphyte d'Algoma, mais la Métagardienne (qui est aussi enceinte du Métabaron) tue Orne. Le Métabaron aura deux enfants : un fils de la Métagardienne, Adal, et une fille d'Orne, Dargona.  

Source : https://anniceris.blogspot.com/2024/04/ombres-de-dune-lunivers-de-lincal-ou.html

[Ombres de Dune] Quelques éléments de l'univers de Fading Suns

 Nous sommes au début du LIe siècle. Fading Suns est un univers de SF qui mélange atmosphère médiévale (féodalisme, poids de l'Eglise) et l'exploration spatiale. Une différence importante avec Dune est la présence de plusieurs espèces non-humaines (sur ce point, cela peut plus faire penser à Hyperion). Certaines sont plus ou moins dominées par les Humains mais certaines ont des Empires extérieurs (les Vau - ou "Vao" dans la VF de feue Anne Vétillard et alii - ou les Symbiotes). L'Eglise est parfois plus inspirée par l'Orthodoxie orientale que par le Catholicisme latin. 


La 1e édition (principalement créée par Bill Bridges) fut de 1996. Par coïncidence, dans la sf française, Jean-Claude Dunyach avait sorti son roman Etoiles Mortes en 1991 et sa suite avec Ayerdhal Etoiles Mourantes en 1999. L'édition actuelle est la 4e. 

Chronologie

-40 000 Un espèce extraterrestre inconnue qu'on appelle les Ur ou Annunaki bâtissent les Portes de Saut entre les planètes. Ils vont disparaître en laissant deux espèces de serviteurs humanoïdes, les Ur-Obun et les Ur-Ukar. Les premiers (qu'on trouve surtout sur leur monde Velisamil) ont une civilisation mystique et religieuse, les seconds (exilés surtout sur Kordeth) sont des guerriers albinos et assassins dotés de psychomancie. 

24e siècle : La Première République humaine découvre les Portes de Saut et réussit à les réactiver. Elle ne va pas résister à cette expansion et ce sera la période de Diaspora (26e-36e siècles) où les Maisons locales font sécession. 

28e-29e siècle : Les colons humains massacrent le peuple inhumain des Shantor sur leur monde Shaprut. Naissance du nouveau Prophète Zebulon [Zacharie dans l'ancienne traduction] et de l'Eglise Universelle du Soleil Céleste qui réunifie les mondes humains et mène la guerre contre les Ukari. Un Ur-Obun devient un des Apôtres du nouveau Prophète et certains Obuns se convertissent à l'Eglise Universelle. 

35e siècle : La Seconde République prend pour capitale Yeni İstanbul, seul système à avoir 9 Portes de Saut et qui devient donc le carrefour. 

41e siècle : On commence à observer le phénomène des Etoiles Mourantes qui déclenchent des croyances millénaristes et des réactions de terreur de l'Eglise. Crise économique et déclin technologique. Des clans humains (les Vuldroks) dévastent les mondes (notamment près des mondes Hawkwood). La Seconde République s'écroule et à nouveau les Maisons nobles deviennent autonomes. 

46e siècle : Vladimir de la Maison Alecto crée l'Empire avec le soutien de l'Eglise à Byzantium Secundum (ex-New Istanbul). Sa Maison décline et ses successeurs sont choisis par les Cinq Maisons Royales, l'Eglise (elle-même divisée en plusieurs courants et ordres comme l'Inquisition) et la Ligue marchande. 

50e siècle : Guerres pour le contrôle du Trône du Phénix entre les Maisons et invasion des Symbiotes. L'Eglise autorise certains pouvoirs psi tant qu'ils sont sous son contrôle. Alexius de la Maison Hawkwood l'emporte, devient Empereur et officiellement n'appartient plus à sa propre Maison. Il crée un ordre de Chevaliers Errants (Questing Knights). 

51e siècle : Alexius épouse une princesse d'Hargard, d'un clan des Vuldroks et l'espoir renaît avec une héritière nommée Aurora qui serait selon certains celle qui "ravivra" la lumière des Etoiles. 

Les Cinq Maisons principales
(Cliquez pour agrandir)

Cette carte ne couvre qu'une partie des mondes explorés et il en existe en fait d'autres avec des Portes à découvrir. 


Al-Malik : Marchands et érudits sybarites. Ils contrôlent notamment Criticorum, un des carrefours de 7 Portes, Istakhr (capitale désertique), Aylon, Shaprut (dans la carte bidimensionnelle du réseau des Portes, c'est plutôt "l'ouest"). C'est l'Empire qui garde la frontière occidentale contre les Aliens parasites, les Symbiotes

Decados : Ok, c'est les Harkonnen et ils ont des noms un peu slaves (ils prétendent descendre des Tsars Romanov, ils sont plus en compétition avec Al-Malik qu'avec les Hawkwood). Ils contrôlent Severus, Cadiz, Malignatius, Pandemonium, Cadavus (donc le "sud-ouest" de la carte mais leurs systèmes ne sont pas tous continus, Pandemonium est loin au "sud-est" au contraire). Au sud se trouve l'espèce mystérieuse des Vau

Hawkwood : Je les voyais juste comme les Atréides mais j'ai depuis compris qu'ils sont aussi censés être les Pendragon (on insiste sur le fait qu'ils descendraient de la famille royale britannique). Ils contrôlent Delphi, Ravenna, Gwynneth, Leminkainen (le "nord", près des clans de pillards Vuldroks). 

Hazat : Ils contrôlent Aragon, Sutek, Vera Cruz, Hira (qu'ils disputent au Califat Kurgan, à "l'est")). 

Li-Halan : Les plus proches de l'Eglise (ce qui en ferait l'équivalent des Wallach dans Dune). Ils contrôlent Kish, Midian, Icon, Ungavorox (monde de l'espèce ET des Vorox, des felins à quatre bras) et Rampart (le "sud-est"). 

Je ne vois pas de Maison qui serait hyper-technophile et anti-religieuse (comme les Richese). Dans les Maisons mineures, on mentionne les Shelits de Hira qui aiment les robots ou les Ramakrishna de Hargard qui ont une foi différente. 

Pourquoi les étoiles déclinent-elles ? 

1 Des Démons des Ténèbres ou des pouvoirs Psi, comme le dit l'Eglise ?
2 A cause de l'usage des Portes de Saut
3 Non, en fait au contraire à cause des instruments imposés par l'Eglise aux Portes de Saut pour empêcher les expériences sensorielles Sathra. 
4 A cause des Annunakis qui sont toujours là, dans les Portes et qui bloquent peu à peu les mondes pour sceller leurs concurrents ?

Bill Bridges semble refuser de répondre à la question et c'est donc à chaque MJ ou campagne d'en décider comme il n'y a pas d'explication officielle. 
 

jeudi 16 mai 2024

[Ombres de Dune] L'Univers de l'Incal (ou Jodoverse)

Il est difficile d'énumérer toutes les influences de Dune dans les univers de SF, et notamment dans les jeux de rôle de SF, tant elles sont nombreuses. J'ai déjà parlé par exemple des 6 religions dans Empire galactique, de l'univers arabisant de Coriolis ou de l'univers de SpaceMaster (où l'Eglise contrôle les télécommunications)

On ne peut pas réduire l'Incal et les autres oeuvres du "Jodovers" à une version du film Dune que Jodorowski n'avait pas réussi à faire (et où il se fourvoyait complètement en faisant de Paul le vrai avatar de Dieu). Certains aspects plus proches du film noir de l'Incal (1980) se trouvaient déjà dans The Long Tomorrow de Moebius et Dan O'Bannon et ils annoncent sur ce point (en plus de la paranoia de Philip K. Dick) le Blade Runner (1982) de Ridley Scott. 

Mais en gros les analogies entre l'Incal et Dune sont claires. Il y a un Empereur qui est créé génétiquement depuis des siècles et le Plan a donc déjà eu lieu avant le début de l'histoire. Il y a les "nonnes-putes" Shabda-oud qui sont les Bene Gesserit. La Loge Noire des Techno-Techno est un mélange des Ixiens, des Bene Tleilaxu et un peu aussi de la Guilde des Navigateurs avec une grosse dose de satire de l'Eglise catholique et de satanisme. L'Endogarde Noire est les Sardaukars. Les Mentreks sont une version plus cyborg des Mentats (comme les interdits sont différents). Il y a des grandes Maisons d'Aristos comme les Maisons du Landsraad. L'Ekonomat est la CHOM. Il n'y a pas d'équivalent clair pour les Troglosocialiks (colons communistes) ou pour de nombreux éléments plus "Jungiens" alchimico-ésotérico-NewAgeo-tarotologues (dont certains vont aussi se retrouver de manière encore plus satiriques dans Valérian). 

Le niveau technologique est bien plus élevé et quasi-magique dans l'univers de l'Incal. Les "Simaks" (des androïdes) semblent bien plus puissants et polymorphes que les Face Dancers tleilaxu. 

Le Métabaron avait commencé comme un super-mercenaire amoral dans l'Incal (et certains lecteurs ont cru à tort que c'était plus un Harkonnen ou ce que Villeneuve a fait de Duncan Idaho) mais il apparaît ensuite plutôt comme le Duc Leto Atréide (alors que l'Empereur serait déjà une version du Plan réussi des Shabda-Oud). La planète de marbre Marmola , seule à contenir l'épiphyte anti-gravité dans tout notre univers, est Arrakis la planète des sables avec l'épice

En poussant un peu, le Gargale Gangez (l'Ange-Vautour, l'Oiseau blanc symbole de la Maison des Castaka) est le gardien de l'épiphyte sur Marmola et pourrait être un équivalent très transformé de Shai-Hulud. Le Ver rampant qui produit l'épice serait inversé en Oiseau céleste gardant l'épiphyte d'une autre dimension. La fusion des Metabarons avec Gangez évoquerait alors plus Leto II l'Empereur-Dieu fusionnant avec le Ver des Sables. 

Mais l'univers de l'Incal est aussi un Multivers et il est dit que l'Empire navigue aussi entre les dimensions. Les Six Gargales sont des Gardiens des Six Portes dimensionnelles. Voilà ce que dit le livre de l'univers-jeu de rôle La Caste des Métabarons (2001) p. 133/136 (voir aussi la synthèse plus précise des six énergies p. 196) :  

Ces portes sont au nombre de six. Chacune d'elles s'ouvre sur un univers qui est l'exact opposé de celui qu'on quitte. Par exemple, aux confins où règne un froid atroce, la porte Temper-Ut, dom le gardien est Uakl, débouche sur un univers brûlant, De même, devant la porte Mardador gardée par Gangez, l'univers est fluide et léger, mais dès qu'on en franchit le seuil, on pénètre dans une dimension où toute chose présente une extraordinaire densité, une compacité infinie. (...) Dans notre univers, les 6 portes secrètes qui marquent le passage vers d'autres univers, celles dont seuls les fous osent rêver franchir, un jour, le seuil, sont respectivement Mardador, Temper-Ut, Lucioh, Per-Beod, Chonch et Puerko. Mardador est la porte gardée par l'oiseau Gangez. Elle mène des confins denses à un univers léger, et la maîtrise de la gravité est le secret qui y est associé, Temper-Ut mène des confins chauds à d'autres confins froids. Cette porte est gardée par Uakl, une tortue de mercure, qui détient le secret de la modification des températures. Gardée par Ophidat, une entité reptilienne aux écailles noires et blanches qui possède le Secret de la lueur et des ténèbres, Lucioh est la porte qui mène de l'obscurité à la lumière. Comme chacun sait la Sainte Eglise Industrielle a une affinité toute particulière avec cette porte et ce gardien. Per·Beod est la porte qui conduit d'un univers sec à un autre liquide. Son gardien. Bemb détient la source absolue, le secret de la maîtrise de l'eau. Il semblerait que Bemb se soit un jour, pour une raison ou une autre, entendu avec l'Ekonomat et qu'un pacte les unisse. Chonch, la porte qui débouche d'un univers rugueux dans un univers lisse, est gardée par Ruante qui possède la capacité de modifier à volonté le relief des mondes. Son pouvoir est détenu dans un objet, un petit pinceau en orikarb. Enfin, Podrih-Do, gardien capable d'agir au niveau moléculaire le plus infime et de maîtriser la chimie des arômes, veille sur Puerko, la porte par laquelle on quitte des confins pestilentiels pour déboucher dans un univers parfumé.

Chronologie des 300 siècles

Il y a une petite chronologie dans le livre sur l'Univers des Métabarons p. 17-18 (qui à l'époque s'arrêtait à la fin du CCCe siècle :

36e Siècle Rosemonde le Rebis Alchimique devient le premier Empereur galactique. 

46e Siècle La Planète d'Or devient la nouvelle capitale impériale. 

135e Siècle Artaran & Marmala, les Jumeaux, remplacent Rosemonde et l'Empire contacte les autres Univers parallèles. 

Sur Ahour-la-Naine, Dayal de Castaka naît d'un viol d'une Castaka par un Amakura. Les Castakas massacrent tous les Amakura qui ont le temps de se venger en rendant toute la Maison Castaka stérile en dehors de Dayal le bâtard. La Guilde Techno devient l'Eglise Techno et ils viennent détruire toute la Maison Castaka pour prendre le contrôle d'Ahour. Dayal s'enfuit avec sa femme et ses deux jumelles. Ils rejoignent les Pirates et découvrent par hasard Marmola. Dayal se lie à l'oiseau Gargez et détient le secret de l'épiphyte. 

233e Siècle : Margaela & Magellan deviennent le 3e couple impérial. Puis ce sera les siamois Janus-Jana. 

236e Siècle : le Technopape des Techno se sépare de la Papesse des Shabda-Oud. Elles utilisent des Cetacyborgs, des baleines de l'espace. 

299e Siècle : Les deux jumelles fusionnées de Castaka ont un enfant avec Ulrich un viking de l'espace, Berard. Berard donne ensuite sa fille Edna à Othon von Salza. L'Empire découvre le secret de Marmola et conquiert la planète. Le Premier Metabaron Othon doit s'enfuir vers la planète Okhar, puis sur Perdita mais il sera anobli par l'Imperoratrice Janus-Jana. La Shabda-Oud Honorata engendre Aghnar, le 2e Metabaron, qui sera un cyborg mais qui contient de l'épiphyte dans son organisme. C'est le début du rituel sanglant du parricide des Metabarons : chaque Metabaron devra tuer son prédécesseur et être mutilé d'un membre pour hériter du titre. 

300e siècle : Aghnar tombe amoureux d'Oda mais elle est laissée sans âme par les Shabda-Oud. La mère d'Aghnar Honorata possède alors (à l'insu de son fils) le corps de sa brue zombie Oda et elle engendre ainsi le 3e Metabaron, Tête d'Acier, qui sera rejeté et mutilé par son père. Tête d'Acier tue son père et se greffe la tête de Zaran le Poète pour devenir plus humain : il devient Melmoth. Il tombe amoureux de Dona Vicenta (dont il a tué le père) et elle engendre alors le/la 4e Metabaron, Aghora, une fille (quasi-hermaphrodite car elle a le cerveau de son frère mort). Aghora est nourrie par Dejanire la Tarantulouve mais iel rompt avec la tradition en ne tuant pas son père Tête d'Acier qui disparaît. Aghora s'auto-féconde et engendre Sans-Nom, le 5e et dernier Meta-Baron qui tue son père/mère mais jure de ne jamais avoir d'enfant. Il tente de sauver l'Humanité d'un désastre en la conduisant par la porte Lucioh vers un Univers de Lumière. Tête d'Acier doit se sacrifier pour le sauver. Le Metabaron Sans-Nom décide de rompre avec la tradition martiale et le statut de mercenaire créé par le 2e Metabaron. L'Oiseau Gangez se réveille et lui dit qu'il est le premier Metabaron à avoir dépassé la vengeance vers la pitié. Il se consacrera désormais à la justice et à lutter contre les Ténèbres de l'Eglise Techno. 

301e siècle : (Scénario de Jerry Frissen) Le nouveau Technopape reconstruit une nouvelle Planète d'Or. L'épiphyte (qui est le résidu de l'univers originel avant le Multivers, ce qui explique comment il contredit les lois de la Nature) arrive à sa fin sur Marmola et l'univers menace de se contracter sans l'épiphyte. Les Technos créent l'Anti-Baron Khonrad, clone du Metabaron Sans-Nom mais il meurt en tuant son maître. Le Technopape a une fille, Orne qui devient la compagne du Méta-Baron et tombe enceinte de lui. Alors que leur univers va être détruit, un Simak (androïde polymorphe) remplace le Technopape et poursuit le Metabaron vers la source de l'épiphyte dans une autre dimension, vers la planète Algoma, contre-partie de Marmola. Le Métabaron doit s'allier à la Métagardienne indigène de l'épiphyte contre l'invasion des Simaks et il sauve son univers avec l'épiphyte d'Algoma, mais la Métagardienne (qui est aussi enceinte du Métabaron) tue Orne. Le Métabaron aura deux enfants : un fils de la Métagardienne, Adal, et une fille d'Orne, Dargona.  

Source : https://anniceris.blogspot.com/2024/04/ombres-de-dune-lunivers-de-lincal-ou.html

Re : Maisons du Landsraad

 (en ajout de cette liste des Maisons nobles de l'univers de Dune)

Je vois qu'en plus du vieux jeu Dune d'Avalo Hill qui est réédité, il y a un nouveau jeu plus moderne avec deckbuilding et placement d'ouvriers, Dune: Imperium

Dans le vieux Dune, c'était plus adapté à un format comme Diplomacy (mais avec asymétrie entre les camps) et on joue soit les Harkonnens, les Atréides, les Fremens, la Guilde, l'Empereur, les Bene Gesserit (ou les Tleilaxu dans des extensions). Dans Dune: Imperium, on joue moins de factions, entre 1 et 4 Maisons mais on peut s'allier avec les autres groupes. Les 4 Maisons sont les Atréides, les Harkonnens, les Richese (rivaux d'Ix / Vernius) et une Maison que je ne connaissais pas, qui vient des épilogues ou paralipomènes de K. Anderson et l'héritier Herbert, la Maison Thorvald

Source : https://anniceris.blogspot.com/2020/11/re-maisons-du-landsraad.html

House Thorvald was a Great House during the time of the later Corrino Empire, and was based on the planet Ipyr

Thorvald Coat-of-Arms -FanArt

 Firenza and Shaddam

During this time, the House was headed by Earl Memnon Thorvald, who as leader, was married his sister, Firenza Thorvald to Emperor Shaddam Corrino IV in 10,187 AG. Firenza was unable to bear Shaddam any royal heirs in addition to the five daughters that he already had, and in a few years, Frienza fell out of favor with him. She died within one or two years of her marriage to the Emperor, leaving Memnon somewhat embittered.

Rebelling Against Paul

During the Ascension of House Atreides a few years later, Memnon took upon himself the dangerous position of being the leader of the rebellion against the new Emperor, Paul Muad'Dib. When Paul gave his first speech before the Landsraad in 10,194 AG after the jihadi sacking of Kaitain, Memnon walked out of the speech after defiantly yelling at Paul, saying that he'd "had enough of Emperors!"

Soon afterwards, Memnon organized Houses that were in rebellion to Paul under the leadership of House Thorvald. They put up a guarded defense of Galicia a few years later, against the forces of Gurney Halleck in 10,196 AG; although the Emperor's forces eventually won. After the first assassination attempt on Paul's life in 10,198 AG at the Great Surrender Ceremony on Arrakis, House Thorvald initially claimed to have orchestrated the complex plot, though it was found out to be Whitmore Bludd.

Elimination of House Thorvald

Later that year, Paul discovered through prescience that Memnon and his allies were planning to attack and destroy Caladan, and kidnap or kill Paul's mother, Jessica. Paul immediately summoned the Guild representative Olar, who took him to the Navigator Beric. It was confirmed that House Thorvald had indeed conspired to destroy Paul's homeworld, and that fighter starships were in heighliners waiting to be transported to the water-world.

Paul ordered that all of the House Thorvald ships, as well as all of Thorvald's allies be stranded in deep space, without any provisions. He further commanded that House Thorvald be eliminated, and their homeworld of Ipyr be sterilized, and House Thorvald ceased to exist.

Source : https://dune.fandom.com/wiki/House_Thorvald