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vendredi 1 avril 2016

Question d'échelle

Ordre de grandeur : kilomètre(s)

Dans la longue histoire des flottes stellaires de combat, peu de vaisseaux peuvent se vanter d'occuper dans l'imaginaire collectif une place aussi importante que les Destroyers Stellaires de Classe Impériale (1600m). Ces imposants mastodontes, qui symbolisent à eux seuls la toute-puissance du premier Empire Galactique né en l'an -19 (avant la Bataille de Yavin), n'auront eu besoin que de quelques années pour se faire connaître de tous les peuples de la galaxie, et pendant longtemps leur silhouette seule suffira à emplir d'effroi les pilotes les plus téméraires... 


Ordre de grandeur : dizaine(s) de kilomètres

Ci-dessous, les vaisseaux les plus imposants des peuples (Amarr, Galente, Caldari et Minmatar) qui dominèrent la Galaxie peu avant la fondation de l'Empire Galactique, sur Prima, par Tortran le Bâtisseur. L'Avatar (le vaisseau amiral des Amaar, doré, en forme de masse elfique), par exemple, mesure 13816m.  


Ordre de grandeur : centaine(s) de kilomètres


Comparés à la station spatiale cassemonde Etoile de la Mort (diamètre 160km), tous les vaisseaux longs de plusieurs kilomètres semblent bien dérisoires. Pourtant, on reconnaît parmi eux les vaisseaux amiraux des Amarr, des Galente et autres peuples d'EVE Online , les superdestroyers de l'Empire de Palpatine, les "Marteaux de Guerre" de l'Empereur de l'Humanité (plus tard associé à Osiris, gardien des esprits des défunts) et même, en bas à gauche, un long-courrier de la Guilde Spatiale. Les plus gros de ces engins oscillent pourtant entre 10 et 25 km de long !
Ci-dessous, l'Etoile de la Mort et l'Etoile Noire aux côtés de Haute Charité (du jeu Halo III), de l'Empire Covenant, avec ses 464 sur 348km. 



C'est une prouesse technologique que de construire une "petite lune" artificielle, et d'y ajouter l'armement et de la propulsion qui vont avec.

C'est généralement un palier, un passage entre le niveau technologique "interstellaire" (NT5) et le niveau technologique "galactique" (NT6).

Ordre de grandeur : millier(s) de kilomètres

Au-delà  de cette échelle (quelques centaines de kilomètres), on trouve des engins de la taille de planètes naines (comme Pluton). Sur l'image ci-dessous, on aperçoit Unicron (1000km de diamètre sans l'anneau artificiel et les excroissances pointues), le Tueur d'Etoile (1200km de diamètre) mis au point une trentaine d'années après la bataille de Yavin, la base des Zentraedi (1400km de haut), le vaisseau-mère des Boov (sphère bleutée de 1500km de diamètre), le tétraèdre vaisseau-mère des Gorgs (2000km de long), la roue Gaea (2000km de diamètre d'après l'image mais 1300km dans le roman) de la trilogie écrite par John Varley, Cybertron (3500km), et autres planétoïdes en haut à droite de l'image.


Cybertron (3500km de diamètre, soit quasiment de la même taille que la Lune) est la planète fictive d'où sont originaires les Transformers.


La Lune (satellite naturel de la Terre), avec ses 3474km de diamètre (parmi les plus grands pour une lune, aux côtés de Titan, Ganymède, Callisto, Io, Europe, Triton ...), apporte une échelle de grandeur pour estimer la taille du planétoïde artificiel Prima, capitale de l'Empire Galactique au 91ème siècle (représentée ci-dessous entourée de ses champs de force et anneaux artificiels défensifs).




Entièrement creuse, Prima abrite, dans d’innombrables bureaux, appartements et jardins d’agrément, un milliard de fonctionnaires de l’Empire. Prima dépend pour sa survie de 24 mondes nourriciers contrôlés par l’Armée. Sa défense est assurée par 12 lunes artificielles mobiles et 6 escadres d’élite de la Flotte Impériale. Prima abrite une garnison de 800.000 Scorpionautes. L’économie de 500 systèmes stellaires est liée à la seule proximité de Prima.

Ordre de grandeur : dizaine(s) de milliers de kilomètres

Sur le tableau de comparaison de tailles, ci-dessus, on aperçoit une portion d'un anneau de type Halo. Ces structures extraterrestres mesurent 10.000km de diamètre, 318km de large et 22,3km d'épaisseur. Elles ont été construites par les Précurseurs (Forerunners en anglais) qui en avaient précédemment bâti des plus grandes encore de 30.000km de diamètre. Les dimensions des Halo découvertes par les Humains sont du même ordre de grandeur que la planète Terre dont le diamètre est 12742 km en moyenne. L'humanité ne parviendra que tardivement à égaler puis dépasser nettement cette ancienne civilisation, en construisant ses propres Orbitales.


Ordre de grandeur : centaine(s) de milliers de kilomètres

La Grande Arche et l'Installation 00 ou Arche (Ark en anglais) dans Halo mesurent très exactement 127.530 km. Ces mégastructures ont fabriqué les Halos d'une dizaine de milliers de km (de 10.000 à 30.000km) qu'on peut trouver dans la Galaxie. La Grande Arche a été construite environ 106.000 ans avant J.-C. et a été détruite 97.000 ans avant J.-C. L'Arche ou Installation 00 existe encore et est située hors de la Voie Lactée, à 262144 années-lumière au-dessus du plan galactique.





Ordre de grandeur :  million(s) de kilomètres

C'est un nouveau palier, un passage entre le niveau technologique "galactique" (NT6) et le niveau technologique "intergalactique" -ou "extragalactique"- (NT7).

Le diamètre moyen du Soleil (étoile jaune de type G) est 1.392.684km. Ce diamètre est exactement 109 fois plus grand que celui de la Terre (cf. le premier schéma ci-dessous). Le deuxième schéma montre que même l'orbite lunaire autour de la Terre serait largement incluse dans le volume sphérique du Soleil.


Le monde-vaisseau des Magogs mesure 1.500.000km de diamètre. Son volume total est du même ordre de grandeur que celui du Soleil. Il est composé d'une étoile naine M ou K (rouge ou orange probablement) et d'une dizaine ou vingtaine de mondes sphériques reliés entre eux.



Iain Banks décrit les Orbitales de la Culture comme des "bracelets de dieux" suspendus dans le vide intersidéral. Les orbitales sont des rubans circulaires constitués d'un matériau super-résistant (voir aussi unobtainium), dont la cohésion est encore renforcée par l'emploi de champs de force. Une Orbitale ressemble à un Halo, mais en beaucoup plus grand, et à un Anneau-monde, mais en beaucoup moins grand.
Au lieu d'encercler une étoile 'comme c'est le cas d'un Anneau), elle orbite autour de manière plus conventionnelle, faisant d'elle un système intrinsèquement beaucoup plus stable qu'un Anneau-monde. De nombreuses civilisations sont connues pour utiliser des Orbitales dont la taille est adaptée aux préférences de leurs constructeurs; les Orbitales de la Culture par exemple font environ dix millions de kilomètres de circonférence, pour un diamètre de 3 millions de km, avec une largeur allant de mille à six mille kilomètres, soit une surface de 20 à 120 fois celle de la Terre (de 10 à 60 milliards de km²).

  

L'Orbitale de Vavatch (Orbitale extérieure à la Culture) apparaît dans le roman Une forme de guerre. Sa taille est sensiblement plus importante que celle des Orbitales construites par la Culture : sa circonférence est de quatorze millions de kilomètres pour une largeur de trente-cinq mille kilomètres, soit une superficie de 490 milliards de km² : près de 1000 fois celle de la Terre (8 à 50 fois plus qu'une Orbitale moyenne). La gravité à sa surface y est également plus importante : 1,2 fois celle de la Terre. Sa surface consiste essentiellement en une étendue d'eau douce appelée Mer Circulaire, les terres sont relativement peu importantes en comparaison. Vavatch ne présente pas non plus ce système d'assistance permanente par une superintelligence artificielle telle que celle d'un Mental, mais elle possède un Moyeu central comme les autres Orbitales. Elle est découpée en morceaux puis désintégrée par un vaisseau militaire de la Culture pour que les Idirans ne puissent pas se l'approprier.


Ordre de grandeur : dizaine(s) de millions de kilomètres

 ... pas d'artefact de référence ...

Ordre de grandeur : centaine(s) de millions de kilomètres

Sphères de Freeman Dyson (dite également "biosphère artificielle") et Anneau-Monde de Larry Niven possèdent un diamètre de 300.000.000km avec, au centre, une étoile semblable au Soleil ! Le rayon de ces structures (150 millions de km, soit une UA -pour "unité astronomique"-) correspond exactement à la distance moyenne entre la Terre et le Soleil.

Données techniques sur l’Anneau-Monde
  • Étoile K9 (de type G3, proche d’une G2, un peu plus petite et plus froide que notre Soleil) ;
  • Vitesse de l’anneau : 1 250 kilomètres par seconde ;
  • Masse de l’anneau : 2×1027 kilogrammes, soit à peu près la masse de Jupiter (2 millions de milliards de milliards de tonnes) ;
  • Rayon : 1,54×108 kilomètres (= 1 UA environ, soit la distance Terre-Soleil) ;
  • Largeur : 1,6×106 kilomètres (soit un peu plus que le diamètre de son étoile) 1,6 million de kilomètres ;
  • Superficie : 3×106 fois celle de la Terre = 1,6×1015 km2 environ (1,6 million de milliards de kilomètres carrés) ;
  • Hauteur des montagnes bordant l’Anneau : 1 500 km ;
  • Plaques rectangulaires permettant l’alternance jour/nuit : 1,5×106 par 4×106 kilomètres, reliées par des câbles et en orbite plus rapprochée de l’étoile ;
  • Durée du jour : 30 heures ;
  • Temps de rotation de l’anneau : 7,5 jours ;
  • 1 falan = 10 révolutions = 75 jours ;
  • Gravité en surface : 9,73 m/s2 = 0,992 g






Récapitulatif, image suivante :  
-          un Halo, de 10000 km de diamètre (pour 300km de largeur)
-          frôle une Orbitale d’une largeur de 10000 km (soit d’une taille intermédiaire entre celles de la Culture -1000 à 6000km de largeur- et Vavatch -35000km de largeur) dont le diamètre est compris entre 3 et 5 millions de km
-          comparés à l'Anneau-Monde de Larry Niven, en arrière-plan, de largeur 1,6 million de km et de diamètre d’environ 300 millions de km.
En résumé : le diamètre de l’un ne vaut que la largeur du supérieur.





Ci-dessous, les dimensions d'une Sphère de Dyson; surface habitable de soixante millions de fois celle de la Terre !


Omale est une Sphère de Dyson.
Qu'on imagine une sphère de matière ultra-dense, le carb, enveloppant une petite étoile calme, Héliale, de façon à former une coquille solide tout autour. Telle est Omale. La surface interne de cet artefact démesuré est parsemée de vastes cuvettes atmosphérisées, les Grand'Aires, abritant des milliers d'espèces intelligentes ou rehs (voir le Lexique).
L'humanité n'est qu'une reh parmi d'autres. Une espèce mythique disparue, les Vangk, aurait édifié cette fabuleuse configuration astronomique, à laquelle les Humains donnent le nom d'Omale, et y aurait importé les espèces de toute la galaxie. Afin qu'il y ait des échanges thermiques avec l'extérieur, deux "trous" dans la coquille d'Omale existent aux pôles, ainsi que des surfaces non atmosphérisées poreuses aux rayonnements.
La distance de la sphère d'Omale à son soleil est de 120 millions de jals (1 jal = 1,24 km). Sa superficie habitable (zone tropicale) se monte à 65 millions de fois celle de la Terre, soit 33,15 x 1015 kilomètres carrés. Un total si vaste que ses habitants ne peuvent en apprécier la courbure sans instrument de mesure. Un quart de cette superficie serait habitable. Un Terrien pèserait 0,96 fois son poids à l'équateur, celui-ci décroissant vers les pôles. Deux planètes intérieures, les Captives, gravitent dans l'espace qui sépare Héliale de la coquille de carb : Benveniste et Acomat. Noyées dans la lumière solaire, elles ne sont pas visibles depuis la surface d'Omale. La première planète est exploitée pour ses minerais par une espèce maîtresse de l'espace hélien, les Æzirs, qui ne descendent sur Omale que par exception. Acomat, la plus proche d'Héliale, est interdite aux Æzirs par un champ magnétique dangereux pour leur organisme. D'après ces derniers, sa surface est un pavage hexagonal de composition inconnue.
La révolution d'Omale autour d'Héliale est de douze tours par jour. Mais l'alternance des jours et des nuits est assurée, à l'échelle de la Grand'Aire, par une couche gazeuse de cristaux phototropes nappant la très haute atmosphère.
Omale bénéficie d'une insolation clémente due à la stabilisation d'Héliale par des procédés mystérieux. Dans la Grand'Aire, il n'y a que deux saisons : la saison humide, et la saison sèche.
L'Aire humaine s'étend sur environ deux cents gaias (soit deux cents fois la surface de la Terre). Elle est entourée d'autres Aires où résident des espèces biologiquement voisines : les Chiles et les Hodgqins, avec lesquels l'humanité des Bordures commerce ou guerroie. Les Chiles occupent trois cents gaias, les Hodgqins cinquante. Au-delà de ces territoires encore peu explorés s'étendent d'immenses déserts de carb nu, dépourvus de vie. D'après les Æzirs, il existerait d'innombrables Grand'Aires disséminées sur Omale, séparées par des millions de kilomètres.

mardi 12 janvier 2016

Orbital, de Sylvain Runberg et Serge Pellé

Orbital (6 tomes parus + un hors-série depuis 2006, Dupuis) est une série de space opera écrite par Sylvain Runberg et dessinée par Serge Pellé. A première vue, cela a l'air de ressembler à Valérian & Lauréline (voire à Sillage pour les missions avec de nombreuses espèces) et je l'avais même pris au départ comme une simple parodie spatiale du genre du buddy cop show (les histoires avec deux policiers contrastés mais qui s'entendent-malgré-leurs-oppositions, avec parfois une vague tension érotique non déclarée).

Mais il y a plusieurs différences avec Valérian : même si les 6 épisodes ont l'air d'être des missions distinctes, il y a une intrigue continue, très sombre, et le cadre de l'univers a même été complètement révolutionné dès ce volume 6 paru en 2015. L'histoire est fondée sur les intrigues politiques et les graphismes technologiques plus dystopiques font penser à Manchu voire la froideur de Bilal (Sylvain Runberg a aussi cité comme influence politique la noirceur d'El Eternauta d'Héctor Oesterheld et Alberto Breccia).

L'histoire
A la fin du XXIIIe siècle, la Terre a été contactée par une sorte d'ONU interstellaire, la Confédération, qui abrite environ un millier d'espèces différentes. Le siège de la Confédération est Orbital, une station dotée de portes quantiques "vers d'autres espaces-temps" (cela fait penser à Point Central dans L'Ambassadeur des Ombres de la série Valérian, mais on n'a vu que des voyages dans l'espace et pas vraiment à travers le temps ou vers d'autres dimensions - ce n'est pas l'Assemblée Galactique du jeu de rôle MEGA). La Confédération a proposé des avancées technologiques en échange de l'intégration mais la Terre est divisée avec un mouvement puissant violemment xénophobe, les Isolationnistes.

L'un des deux membres du couple de héros est Caleb Swany, d'origine tchèque. Ses parents furent des négociateurs de l'intégration dans la Confédération et ils furent assassinés par des terroristes isolationnistes. On découvre par la suite que Caleb, loin d'être le héros sans reproche qu'on voit au début, a failli mal tourner dans son adolescence dans sa haine contre les Isolationnistes, en tabassant certains militants de leur cause.

Après l'intégration, les Isolationnistes gagnèrent les élections terriennes et décidèrent d'envahir une planète pacifique, celle des Sandjarr, pour lui prendre ses ressources. Les Sandjarrs faillirent être tous exterminés et la Confédération intervint pour juger le gouvernement isolationniste et remettre en place un gouvernement terrien pro-confédéré. La Terre fut mise au ban des systèmes après ce xénocide et donc être Terrien dans la Confédération est à peu près comme être Allemand en 1948 même si la Terre connaît maintenant une immigration alien importante.

Caleb Swany a réussi à être admis comme un agent de l'Office Diplomatique Intermondial (O.D.I.) et il est le premier Terrien à avoir pu surmonter les préjugés contre son espèce considérée comme barbare et belliqueuse.

Les agents de l'ODI sont liés par "binôme". L'autre membre est Mézoké Izzua et c'est un(ë) Sandjarr, choisi(ë) comme symbole du dépassement des anciens conflits. Bien que les Sandjarrs soient dotés de deux sexes, ils paraissent aux yeux des Humains avoir tout(ë)s des caractéristiques sexuelles féminines. Mais on ignore le sexe de Mézoké Izzua et Caleb Swany connaît assez la xénosociologie pour savoir que c'est un tabou que de demander à un(ë) Sandjarr son identité genrée (on s'attend d'ailleurs encore à un renversement possible sur ce point quand on rencontre les "géniteurs" de Mézoké dans les deux derniers volumes).



Le thème traditionnel de l'attirance entre les deux partenaires est donc un peu décalé par rapport à la relation entre Valérian et Laureline : non seulement Caleb et Mézoké ne sont pas de même espèce (et l'espèce humaine a massacré les Sandjarrs) mais il se peut qu'ils soient de même sexe. Ce tabou sur la sexualité ne reçoit un début d'explication qu'au volume 5 quand on découvre que les Sandjarrs ont le pouvoir de dégager des phéromones sexuels qui agissent même de manière interspécifique (certes, cela paraît peu plausible) au point de pouvoir hypnotiser des individus non-Sandjarrs.

On apprend dans le hors-série n°1 Premières rencontres que Mézoké Izzua a aussi d'autres secrets. Membre de l'aristocratie de la planète Skonato (même si ses "géniteurs" devinrent des marginaux refusant la technologie confédérée), ël a connu la diversité des Humains avant le génocide, en se liant d'amitié avec une médecin marocaine, Haza Jaziri, qui fut tuée en même temps que les Sandjarrs par les armées terriennes. Pendant le génocide, Mézoké est resté(ë) sur Skonato pour soigner ses semblables alors que l'élite choisissait de s'enfuir et d'abandonner sa population.

Mais le binôme est en fait un trio (voire un quatuor) avec une autre Humaine mystérieuse, Nina Liebert. Pilote allemande (au nom qui est une allusion à Monster d'Urasawa) enlevée par des extraterrestres vingt ans avant que la Confédération ne contacte officiellement la Terre, elle a été connectée à Angus, un Névronome, un vaisseau organique. Les Névronomes ont été interdits de la Confédération suite à une crise de folie où les Névronomes se suicidèrent en masse en tuant leurs passagers. Une des premières intrigues est justement qu'Angus est officiellement seulement une enveloppe vide de Nevronome alors que Nina cache qu'il est toujours bien vivant et autonome malgré leur lien. Dès la fin du volume 2, les deux agents de l'ODI vont devoir commencer à dissimuler certains de leurs secrets à la Confédération.



Quelques autres espèces de l'Univers d'Orbital
La plupart des innombrables espèces qu'on voit dans la série n'ont pas été nommées.

Les Achérodes sont un des peuples les plus influents de la Confédération. C'est leur technologie qui fait fonctionner les Portes Crop quantiques qui permettent le vol interstellaire depuis 1500 ans et qui rend possible la station d'Orbital. Leur flotte semble être une des principales armées. Ils ont aussi une religion qui commence à faire des convertis même sur Terre. Ils sont très hostiles aux Humains et jugent depuis le massacre des Sandjarrs qu'ils devraient être exclus de la Confédération. Mais un des paradoxes est qu'ils semblent prêts à utiliser ce prétexte terrien pour mieux prendre le contrôle de la Confédération, déclenchant donc une Guerre interstellaire au nom du rejet des barbares.

Les Blaunossoums (vus dans le Hors-série n°1) sont un peuple de petits architectes de moins d'un mètre qui reconstruisent leur style architectural à chaque nouvelle planète intégrée dans la Confédération.

Les Jävlodes sont un peuple démocratique rencontrés dans les deux premiers volumes (et dont certains des membres vont être manipulés par les Achérodes dans leur croisade contre la Terre).

Les Névronomes sont un peuple de Vaisseaux interstellaires organiques faits d'éponge cérébrale de la planète Udhsem. Leur peuple a été banni de la Confédération.

Les Rapakhuns sont un peuple de Nomades interstellaires qui vont de planète en planète où ils s'arrêtent périodiquement. Ils sont mal intégrés dans la Confédération, considérés comme des "résidents non-citoyens" et ont une coutume de sacrifice cannibale (leurs aïeux s'offrent au groupe pour être dévorés) qui leur a donné une réputation déplorable. En dehors de ce rituel, ils sont pourtant paisibles.

Les Sandjarrs de la planète Skonato étaient entièrement pacifistes et ils n'ont pas pu résister à l'extermination perpétrée par l'armée terrienne. Leur peau est d'un noir complet et opaque, en dehors de lèvres charnues, d'où ils peuvent dégager s'ils le désirent des phéromones. Leurs élites ont survécu en fuyant le génocide.

Les Sulfurs ressemblent à la représentation humaine du diable avec des cornes et des sabots de bouc. On sait peu de choses d'eux mais Tacilith le Sulfur est un chasseur contrebandier et il a l'air particulièrement intelligent.

Les Varosashs sont un peuple de créatures parasites composées de nanoparticules. La Confédération et leurs Névronomes entreprirent une grande Guerre pour tous les exterminer comme ils étaient opposés à toute autre forme de vie.

Les Well'burrs (Vol. 5, p. 22-23 et Hors-série n°1) sont un peuple de bio-ethnologues qui étudient les autres peuples. Ce sont eux qui ont enlevé Nina Liebert à l'époque où la Terre était encore à l'extérieur de la Confédération.

lundi 17 novembre 2014

Le space opera sur PocheSF

C'est en 1941 que le vétéran apprécié de la SF, Wilson Tucker, inventa le terme "space opera", par esprit de dérision, pour désigner des aventures naïves qui avaient fortement tendance à tirer à la ligne. En effet, l'origine du terme est dérivée ironiquement des "soap opera" (opéra de savon) qui désignait, du temps de la radio américaine, les feuilletons mélodramatiques destinés à encadrer les réclames des grandes sociétés de détergents en tous genres.


Roman d'aventure à l'échelle galactique

Les récits de space-opéra racontent des aventures souvent teinté de fantasy comprenant de l'action, des découvertes et de l'exploration. On y trouve un immense décor comme des galaxies soumises à des régimes impériaux ou dictatoriaux, de puissants protagonistes aux grands enjeux, des énormes flottes de vaisseaux spatiaux et une multitude d'extraterrestres ou de robots. Vastes sagas populaires, l'espace se développe au fur et à mesure de l'exploration de nouvelles planètes, de découvertes de nouvelles civilisations et de guerres galactiques.

Ce genre est à la fois prisée pour ses aventures trépidantes, ses horizons illimités et ses rencontres inattendues, mais aussi méprisée pour ses intrigues à peine démarquées des romans noires ou des romans de guerre, avec souvent le sort de l'univers entre les mains d'un super-héros. Frank Herbert, l'auteur d'une des plus célèbre saga de space-opéra avec "Dune" a su déjouer les pièges de la facilité en retenant pour scène une seule planète sur fond certes d'imperium galactique mais en inventant des combinaisons inédites à partir d'éléments puisés dans un grand nombre de cultures. Le space-opéra domine la production littéraire de SF au cours de l'âge d'or mais commence à régresser dans les années 50. C'est à cette période que le space-opéra va se modifier et passer de la thématique de l'exploration purement géographique à celle du développement de l'espèce humaine.

Le cinéma va redonner ses lettres de noblesse au space-opéra avec le film de 1977 le plus représentatif du genre : "La Guerre des Etoiles" de George Lucas. De même, la télévision vulgarisera ce courant grâce à de nombreuses séries comme "Galactica" ou "Star Trek".


Les maîtres du genre

Edmond Hamilton avec E.E. "Doc" Smith peuvent être considéré comme les pères du space-opera. Le cycle d'Hamilton : "Loups des étoiles", rythmé par le fracas d'immenses batailles spatiales, reste d'une étonnante modernité et propulse le lecteur à travers une myriade de planètes dangereuses, au contact de nombreuses races extra-terrestres et de secrets astronomiques vieux de millions d'années. "Doc" Smith, dans les années 40, avec "Saga du Fulgur" a fait évolué le genre progressivement.

Le genre a acquis ses lettres de noblesse avec des auteurs comme Leigh Brackett, Frank Herbert, John Campbell,C. J. Cherryh, Iain M. Banks, David Brin et surtout Jack Vance qui l'éleva au niveau d'un art véritable.


Plus d'infos

Le space opera d'après le cafard cosmique (http://www.cafardcosmique.com/Le-Space-Opera)

Voyages interstellaires, vaisseaux galactiques grands comme des montagnes, planètes lointaines couvertes de sable ou de neige, héros brave et extra-terrestres impitoyable... voici quelques éléments du space opera tel qu’il est né après la Première Guerre Mondiale, aux Etats-Unis.
Mais depuis, le space-op’ a fait du chemin et se révèle comme l’un des genres les plus ambitieux de ces dix dernières années...


Règle n°1 : le Space Opera, c’est... spatieux

Ce qui compte dans le Space Op, c’est de prévoir grand. Pas question que l’action se situe dans un mouchoir de poche : le Space Op exige au minimum un Empire de proportion galactique, et des centaines de centaines de centaines de planètes.
Prévoyez des planètes mono-décor : planète des glaces, planète des mers, planète désertique, planète jungle, bref de belles planètes identifiables [faudraitt pas que le lecteur s’y perde quand même] qui offrent de beaux paysages. A l’idéal, dessinez une carte en annexe, ça fait toujours plaisir et ça fait plus « vrai ».
De même, les batailles spatiales impliquent à tout le moins plusieurs milliers de vaisseaux de tous format. Faut que ça fuse, que ça vaporise, qe ça désintègre. Donnez leur des noms d’insectes, ça fonctionne bien. N’oubliez pas, bien sûr, quelques vaisseaux mères gigantissimes pour organiser le massacre.
Bref : il faut faire du spectacle, ne mégotons pas sur la quantité. Et n’oubliez pas : vous n’aurez pas vraiment à construire le décor. Tout est dans la tête, alors n’ayez pas peur de faire grand, c’est le même prix.

Règle n°2 : le Space Opera, c’est... en couleur !

La vie est trop courte pour s’habiller triste : dans le Space Op, la mode est en pleine forme. Variez les costumes, faites valser les chapeaux, oser toutes les audaces. Opposez des indigènes boueux en peaux de Schmurk, des dignitaires religieux en robes bariolées et des autocrates couverts de bijoux.
Attention : dans le Space Op, l’habit fait le moine :
  • habillé trop riche = personnage puissant mais véreux
  • habillé sobrement = personnage moral et droit [sauf s’il est en noir, là ça craint].
Les filles peuvent s’habiller court, surtout si elles sont copines avec le Héros, car alors elles sont bombesques. Rappelez-vous que dans le futur, les jolies filles seront toutes en bikini. On arrête pas le progrès.
N’oubliez pas enfin une bonne pelleté d’extra-terrestres. Ca semble évident, mais ça va mieux en le disant. A poil, à plumes et à vapeur, ils seront disponibles en toutes tailles, parfois drôle, parfois effrayant, le maître mot est diversité.
Chaque race de E.T. aura d’ailleurs sa culture, ses mœurs bizarres et ses lubies exotiques. Il faut faire riche, foisonnant, un vrai carnaval.
Que ce ne soit pas crédible ne doit pas vous freiner [cf. Règle n°3]. Lâchez votre imagination, le lecteur a acheté votre bouquin pour ça !

Règle n°3 : le Space Opera, n’est pas euclidien

S’il y a bien quelque chose qui importe peu dans le Space Op, ce sont les lois de la physique. La gravité, on s’assoit dessus. La vitesse de la lumière, c’est dépassé. Le paradoxe temporel, on oublie. Le Space Op doit être avant tout spectaculaire, alors ce qui gêne, on jette.
Tant pis si dans l’espace le son n’existe pas : c’est bien plus sympa les réacteurs nucléaires qui vrombissent et les lasers qui sifflent.
Réfléchissez bien : cette façon de voir n’a que des avantages ! Plus besoin d’essayer de comprendre la « Théorie de la Relativité » pour avoir l’air crédible face à Gregory BENFORD ouStephen BAXTER.
Deux ou trois termes pseudo-techniques sortis de votre imagination, [comme « meta-quantique » par exemple] et hop ! le lecteur ne se rendra compte de rien. Au contraire, il sera ravi ! Et si vous avez besoin d’une invention miracle pour sauver le scénario en perdition, foncez !

Règle n°4 : le Space Opera, ne se prend pas la tête !

Ce n’est pas pour rien que l’on parle souvent du Space Opera comme d’un Western dans lequel l’espace aurait remplacé le Far West : le genre réclame des Héros avec un grand H, et des Vilains avec un grand V. Et un combat final où gagne... devinez qui ?
LE HEROS
Ne faites pas dans la demi-mesure : le Héros est gentil, il n’a peur de rien, et puis c’est bien normal vu que de toutes façon il est beau et de lignée aristocratique. Il peut être accompagné d’acolytes sympas mais pourvus de défauts. Un ou deux défauts, pas trop quand même. Ca aidera le scénario, et ça rendra le Héros encore plus... héroïque. Et puis un mec si sympa a forcément des amis.
LE VILAIN
Il est très très très méchant. Et si possible moche à faire peur. Il est puissant [on croirait presqu’il va gagner !], il est impitoyable. Il est conscient de sa méchanceté, mais il s’en fiche : c’est dire s’il est méchant !
On peut distinguer deux carrières de Méchants :
- le Méchant qui fut gentil dans le passé, voire même qui a un lien de parenté et/ou d’amitié avec le Héros. C’est bien, ça fait tragédie grecque [une tragédie grecque, c’est un space opera en sandales qui pourrait se dérouler à Sparte]. Au moment du dénouement, le Méchant se repentit. Ca vous fait une fin morale. Mais il meurt quand même, parce qu’il a fauté, et qu’il faut pas déconner.
- le Méchant qui est en fait une incarnation du Mal. Dans ce cas, on découvre en cours de récit qu’il y a un Encore Plus Méchant caché derrière, une entité puissante et satanique qui tire les ficelles. Le Diable, à côté, c’est un chic type. Le dénouement passe donc par l’anéantissement total du Méchant [Enfin, total, jusqu’au tome 2]. Ca vous fait une fin à grand spectacle.
L’INTRIGUE
Elle doit tenir en quelques mots : le Vilain fait des misères au Héros, il marque même quelques points contre lui, et au moment où l’on pensait le Héros perdu, paf ! à la surprise générale des enfants de moins de 6 ans, en fait il s’en sort. Héroïquement cela va de soi.
Cependant, attention : simple ne veut pas dire simpliste ! Trop de manichéisme tue le suspense. Prévoir donc quelques traîtrises bien lâches et un retournement de veste spectaculaire, qui permettront de faire rebondir l’action de votre Space Op, le rendront sympathique aux critiques, et fourniront la matière de post enthousiastes sur le Forum du Cafard cosmique.
EXEMPLE : «  Tiens, tiens, on dirait bien que l’Empereur Zhakggg et son épouse viennent nous lancer un ultimatum...  »


Les Auteurs de Space Opera

Intrigues simplistes, batailles galactiques, extra-terrestres vilains tout plein, les auteurs des pulps américains des années 1920 à 1950 ne faisaient pas dans la dentelle. Mais attention : tout n’est pas à jeter.
C’est de façon méchamment ironique que plus tard, en 1941, Wilson TUCKER baptise space opera [sur le modèle de soap opera, les feuilletons sentimentaux sponsorisés par les marques de lessive] ces romans sans profondeur qui privilégiaient le dépaysement et l’action. Le terme a longtemps gardé une connotation franchement péjorative.
Il est vrai que les auteurs américains de SF cherchaient davantage à divertir leurs lecteurs qu’à les faire réfléchir. La fierté nationale des Etats-Unis après la victoire de 1918 leur donner ce ton triomphant :reflets de la puissance américaine, les Empires galactiques qu’ils mettent en scène écrasent leurs ennemis extra-terrestres avec l’assurance d’incarner le Bien. Ils poursuivent la conquête de l’Ouest dans les espaces stellaires. D’ailleurs, certaines intrigues des premiers space op’ sont le décalque des intrigues déjà utilisées dans les pulps spécialisés Western !
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E.E. SMITH
Edgar Rice BURROUGHS et E.E « Doc » SMITH sont les créateur du genre. Edward Elmer SMITH est le premier à avoir situé ses intrigues au cœur de la galaxie. Tout devenait possible ! SMITH est également le premier a avoir développé un cycle sur plusieurs romans. De 1928 à 1954, sa série Fulgur s’est étendue sur 7 volumes, publiés en feuilleton par Astounding Stories.
Ses deux séries phares sont :
- La Série Skylark : La curée des astres ["The Skylark Of Space", 1928], collection "Rayon Fantastique" et trois autres volumes, inédits en français.
- La Série Fulgur [éditions Albin Michel] :
  • « Triplanétaire » [« Triplanetary », 1934]
  • « Le premier fulgur » [« First lensman », 1950]
  • « Patrouille galactique » [« Galactic patrol », 1937]
  • « Le fulgur gris » [« Gray lensman », 1939]
  • « Le surfulgur » [« Second stage lensman », 1941]
  • « Les enfants du joyau » [« Children of the lens », 1947]
  • « Les maîtres du vortex » [« The vortex blasters », 1960]
Deux contemporains de E.E. « Doc » SMITH ont également signés des cycles, parus respectivement dans les années 30 et 50, qui paraîtront sans doute désuets au lecteur d’aujourd’hui mais marquent le sommet d’un genre et d’une époque :
  • Jack WILLIAMSON et « La légion de l’espace »
  • Edmond HAMILTON pour « Les Rois des Etoiles » et « Les Loup des Etoiles ».
Ensuite, la brèche était ouverte, et nombre d’auteurs s’y sont engouffrés, parmi lesquels on peut se permettre de vous recommander :
  • Poul ANDERSON et "Les Marchands interplanétaires", qui exportent l’american way of life dans les étoiles .
  • Murray LEINSTER pour "La Galaxie noire". L’un des plus anciens auteurs de SF contemporaine [il a commencé à publier en 1919 !], l’un des auteurs de pulps les plus prolifiques et les plus oubliés aussi. A lire, avec le recul, pour le plaisir du dépaysement.
  • Isaac ASIMOV : Le cycle de "Fondation". Un cycle qui a un peu vieilli, mais un grand classique du genre, avec lequel ASIMOV a donné une crédibilité scientifique aux pulps. Il a en quelque sorte intelectualisé le Space Op. Signe de son audace : il ose décrire un Empire en perdition !
  • Douglas ADAMS pour son Cycle du Routard Galactique, parodie hautement délirante sur le space-opera dans laquelle tous les clichés du genres sombrent dans le « non sense. Très drôle.
Signalons également :
  • « La Geste des Princes-Démons » de Jack VANCE
  • « Etoiles, Garde-à-vous ! » de Robert HEINLEIN
  • « Babel 17 » et « Nova » de Samuel DELANY
  • « L’Empire interstellaire » de John BRUNNER
  • Fred SABERHAGEN : Le Cycle des "Berserkers", un space opera réussi qui conte la guerre des machines contre les êtres humains.
Citons, parce qu’elles sont assez populaires, les œuvres de :
  • Lois McMASTER BUJOLD : "Miles Vorkosigan"
  • C.-J. CHERRYH : "Forteresse des Etoiles" Ces deux plumes sont efficaces mais bavardes et pas réellement inventives. McMASTER BUJOLD a visiblement tiré à la ligne et l’intérêt des nombreuses suites au son roman s’amenuise avec le temps.
En France, Gérard KLEIN ou Francis CARSAC ont exploité joliment le filon, à la française, c-a-d à la fois avec plus de profondeur... et moins de spectacle.


Le Renouveau des Années 90

Le renouveau du Space Opera dans les années 90 passe par une plus grande préoccupation pour l’Humain. Les personnages passent au premier plan, et si l’action et le dépaysement restent des éléments essentiels, les pensées et les questionnements des protagonistes sont le sujet du roman.
C’est à Dan SIMMONS et son « Hypérion » [1990], que le doit LE grand retour du space opera. Son récit construit avec maestria renouvelle le genre en respectant la recette. Un tour de force qui a su prouver que la mega-saga galactique n’était pas condamné au manichéisme.
David BRIN à ses fans avec ses Cycles Elevation et Rédemption. On se permettra de le trouver moins malin que SIMMONS et surtout beaucoup trop lent...
Notre AYERDHAL national, avec « La Bohême et l’Ivraie », nous fait parcourir les 260 mondes de l’Homéocratie. C’est du space-op bien de chez nous, plus intello peut-être [aïe, on va encore dire que je nivelle par le bas...].
Dans un genre plus fantasy, Le cycle des « Guerriers du silence » de Pierre BORDAGE est une réussite, malgré quelques clichés. Héros héroïque, méchants ET ignobles, quête à l’enjeu énorme, et le sens de la couleur locale pour dépeindre des planètes exotiques, BORDAGE maîtrise tout cela suffisamment bien pour que l’on puisse y prendre son plaisir.

Le New Space Opera

Il a y quelques noms d’auteurs plus « jeunes » qu’il est bon de retenir si vous ne les connaissez pas encore, car ils sont à la pointe de ce que le fandon nomme le NSO, le New Space Opera , un space-opera plus exigeant sur le plan littéraire et plus fouillé dans ses intrigues et ses personnages.
C’est M. John HARRISON qui, avec « The Century Device » en 1975 fut le premier à essayer de mettre quelques neurones et un peu de littérature dans le Space-Op . il en avait lancé l’idée dans un article remarqué, publié dans le magazine Interzone. Sur son exemple, et assez parallèlement à l’émergence du mouvement cyberpunk, une génération d’auteurs, essentiellement britanniques, a bouleversé les règles du space-opera et par la même occasion fournit nos librairies en épopées capable de rivaliser niveau sense of wonder avec le meilleur pulp de grand-papa, tout en alignant style, audace, refus de clichés et quatrième degré.
  • Peter F. HAMILTON : Le Cycle de « L’Aube de la Nuit », un grand délire qui mêle zombie, revenant et péripéties héroïques avec une créativité débridée. Sauvagement jouissif.
  • Iain M. BANKS, bien sûr et son « Cycle de la Culture », un cycle d’une richesse et d’une intelligence inégalées, écrit avec une plume inimitable de finesse et d’humour.
  • Alastair REYNOLDS, enfin, dont le Cycle des Inhibiteurs s’impose comme LE space-opera du nouveau millénaire, ambitieux et galactique certes, mais sombre, glauque, voire gothique, et méchamment efficace. Un must !
  • sans oublier Charles STROSS, John C. WRIGHT, Ken MacLEOD...

Merci au dessinateur FORMOSA, dont certains dessins servent d’illustrations à ce dossier.