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vendredi 9 février 2018

Long-courriers

Le transport interstellaire principal de la Guilde. 

Bien qu'ils varient quelque peu en taille et en détail de conception, tous les long-courriers étaient rapides, difficiles à manœuvrer, énormes et alimentés par l'effet Holtzman. En raison de leur taille et de la complexité extrême du circuit externe de neutrinos qui effectuait les déplacements transluminiques, les long-courriers étaient coûteux et difficiles à construire. Même au plus fort de sa domination, la Guilde n’eut jamais plus de cinq mille long-courriers. Mais ces grands vaisseaux étaient remarquablement robustes et, comme beaucoup d'éléments de l'Imperium, presque immunisé contre l'obsolescence technologique. Des registres précis pour un long-courrier, qui pouvait porter différents noms et numéros, mais qui était sans conteste un seul navire, couvrent la période s’étendant entre 4768 et 8287 — plus de trente-cinq siècles.

  Les premiers long-courriers connus furent  construits quelque deux siècles après l'établissement du monopole de la Guilde, pendant le temps où la CHOM profitait de  son expansion la plus vigoureuse. Deux siècles plus tard, au moins soixante-quinze pour cent du tonnage de la Guilde était transporté par les long-courriers. Un document incomplet, un rapport daté de  253 : 9920 du chef de triage de la Guilde sur Ix à ses supérieurs, montre que même alors la Guilde maintenait près de 275 000 petits vaisseaux pour le courrier, le tourisme et divers voyage. Mais le même rapport indique clairement que la charge utile totale de tous ces navires de moindre importance,  ensemble, ne représentaient pas plus de  dix pour cent de la charge utile totale de la flotte de long-courriers.
  La Guilde sous les Atréides fut contrainte de consacrer une grande partie de ses capacités de transport à des fins militaires, transportant des Fremen, des conscrits et, plus tard, des truitesses d'un endroit à l’autre. Mais même pendant les années de jihad de l'Empereur Paul Muad'Dib, l'utilisation principale des long-courriers fut commerciale. Bien qu'ils fussent parmi les véhicules interstellaires les plus rapides jamais construits, ils ne pouvaient pas s’adapter à une utilisation pour des combats (ils avaient, bien sûr, des vaisseaux de transport de guerre, mais la Guilde prit soin de les garder loin des régions attaquées). La Guilde fut diligente à protéger ses investissements, et aucun long-courrier n'est connu pour avoir été perdu lors d’actions militaires.
  Peu, en effet, semble avoir été perdus pour une raison quelconque. Les navigateurs de la Guilde firent peu d’erreurs ; les équipes d'entretien de la Guilde étaient scrupuleuses et compétentes. Mais même les machines les mieux construites et les mieux entretenues peuvent s’user à la longue. Les long-courriers retirés du service étaient  apparemment rarement démembrés, car les risques inhérents au démantèlement de l'ensemble des circuits de neutrinos, et ce par sa nature, restait « actif » pendant des siècles après qu’il fut coupé, et cela l’emportait sur les modestes économies que les matériaux recyclés rapportaient. Les long-courriers déclassés étaient garés sur des orbites « froides », autour des planètes-étoiles. (La découverte, il y a environ trois siècles, d'un tel site de retraite près d’Eta Ophiuchi fourni la plupart des renseignements précis sur les long-courriers ; on trouve les références de ceux-ci dans les documents des archives de Rakis, qui jusque-là s’étaient avérés étonnamment sommaires et vagues).
  Alors que les explications de la technologie des long-courriers est disponible ailleurs (voir les articles Effet Holtzman, Navigation interstellaire et autres références ci-dessous), deux caractéristiques de l'équipement de la Guilde doivent être remarqués ici. Tout d'abord, le circuit de neutrino, mandaté par la mécanique de terrain, invoqué beaucoup plus sur la force pure que sur les géométries élégantes caractéristiques de l'artisanat moderne. Pour cette raison, un long-courrier était un globe simple, sans relief.
  La deuxième caractéristique remarquable était la fonction des techniques de navigation de la Guilde. Étant donné que les navigateurs de la Guilde « voyaient » leurs routes au lieu de les calculer, il n'y avait aucune nécessité pour des dispositifs d'observation et de localisation élaborés communs aux navires antérieurs et postérieurs. Un long-courrier était donc un ensemble simple de radars avec un petit télescope, rien de plus, aucune opération audacieuse de tram-lumière. Ainsi les long-courriers étaient aveugles et la drogue de prescience rendait les navigateurs voyants.
  Nous avons peu d'information directe sur la taille des équipages de long-courriers ou sur les conditions de voyage pour les passagers. Comme tous les long-courriers d’Eta Ophiuchi étaient équipés de gymnases et de toutes sortes de salles de jeux, bibliothèques et cuisines élaborées dans des combles, il semble que la Guilde et ses employés aimaient le confort. Tous les passagers étaient transportés dans des soutes pressurisées, soit dans leurs propres frégates ou autres vaisseaux, soit en modules autonomes. La cale était seulement un réseau de poutres et de câbles où était fixée la cargaison, recouverte d’une pellicule en aluminium léger qui supportait le circuit de neutrino. La Guilde garantissait la sécurité du transit, mais les dispositions pour l’assistance vitale, le confort et la déviation, cela semblait laissé entièrement au client.
  En tenant compte du nombre de lieux d'affectation, la conception des différents systèmes de contrôle et preuve de faits similaires, nous pouvons estimer que l'équipage habituel des long-courriers comptait environ quatre-vingts membres. Au moins cinq à huit d'entre eux étaient des navigateurs, les usines de fusion requerraient  l'attention d'au moins deux ingénieurs mentats. Les soixante autres membres de l'équipage étaient des pilotes, l'équipage de la navette, les techniciens de soutient vital, le personnel financier et bancaire, les manipulateurs de fret, et ainsi de suite.
  La vitesse des long-courriers veillait à ce qu'aucun voyage dans les limites de l'Imperium ne dure trop longtemps. Le voyage par long-courrier le plus rapide connu fut en 12717, de IX à Aiglon, distantes de  8138 années-lumière standards (als), en dix-neuf jours, deux heures et vingt et une minutes, quarante secondes – une « vitesse » d'environ 63,4 als par heure. La plupart des long-courriers réalisaient une performance, d’au mieux  soixante pour cent de cela, pendant le fonctionnement normal.
  Les besoins énergétiques d'un long-courrier étaient  évidemment très grands. D’autant que vingt pour cent de la masse brute du vaisseau était le carburant  (H20) destiné à ses usines de fusion ; durant les longs voyages le ravitaillement était parfois nécessaire. La chaleur des déchets avait toujours été un problème pour les long-courriers. Autant que possible, il fallait passer à travers les champs plans extérieurs des rayons X, une technique qui était, dès le départ des long-courriers, un événement plutôt dangereux à observer. Habituellement, la Guilde ne mettait pas un long-courrier en orbite autour d’une planète à moins de  150.000 kilomètres.
  Un dysfonctionnement du système d’élimination de la chaleur résiduelle était la cause des pires catastrophes enregistrées dans l'histoire de la Guilde. En 11286, sur un transport entre Harmony et Gamont, les champs plans avaient surchargé la résistance d’un long-courrier. Une inversion de la transparence entraîna l'envoi de rayons X intenses à l'intérieur, plutôt qu’à l'extérieur du vaisseau. Il n'y eu aucun survivants. Les dossiers indiquent que plusieurs systèmes avaient mal fonctionné en même temps, y compris les quatre systèmes de sécurité qui disjonctèrent durant l'opération transluminique. Un autre système de sécurité intégrée n’avait pas fonctionné correctement, la saillance aurait disparu sans laisser de trace. Mais les commutateurs munis d’un système « d’homme mort » des usines de fusion fonctionnaient : lorsque le Mentat superviseur mourut, il libéra ses poignées sur les déclencheurs de laser, la fusion cessa immédiatement. La Guilde ne semble jamais avoir accepté que se soit une erreur humaine ou un défaut de conception, bien que quelques années après la catastrophe, champ de transmission fut modifiés à la fois dans le manuel d'exploitation et sur les longueurs d'onde.
  Au moins cinquante-sept autres long-courriers sont connus pour avoir disparu en voyage (un avec un empereur à bord — Henoor VII en 9471). Néanmoins, le bilan des long-courriers, à partir de la Guilde en général, doit sûrement être l'un des meilleurs de toute l'histoire et la préhistoire du transport en commun. M.M.  
Autres références :
-          Holtzman, Effet d’ ;
-          Voyages interstellaires ;
-          E B, Entier et matrice dans les formules de Holtzman (Grumman ; Isabel) ;
-          Liu Chulo, Légendes de la Guilde (Caladan: INS) ;
-          Thufir Dys, Une étude des opérations sur long-courriers, TR. L.S. Shiimyan (plus riches Nouvelle Calédonie St. UP) ;
-          Fidanza Wershail, Dans la poussière : Voyage interstellaire 9500-14500 (Loomar : Institut Coie) ;
-          Kilimporubang D.P., Pontons d'Eta Ophiuchi (Centralia : Johun vers le haut).

Source : http://pivoine923s.blogspot.com/2016/05/long-courriers.html

vendredi 1 avril 2016

Question d'échelle

Ordre de grandeur : kilomètre(s)

Dans la longue histoire des flottes stellaires de combat, peu de vaisseaux peuvent se vanter d'occuper dans l'imaginaire collectif une place aussi importante que les Destroyers Stellaires de Classe Impériale (1600m). Ces imposants mastodontes, qui symbolisent à eux seuls la toute-puissance du premier Empire Galactique né en l'an -19 (avant la Bataille de Yavin), n'auront eu besoin que de quelques années pour se faire connaître de tous les peuples de la galaxie, et pendant longtemps leur silhouette seule suffira à emplir d'effroi les pilotes les plus téméraires... 


Ordre de grandeur : dizaine(s) de kilomètres

Ci-dessous, les vaisseaux les plus imposants des peuples (Amarr, Galente, Caldari et Minmatar) qui dominèrent la Galaxie peu avant la fondation de l'Empire Galactique, sur Prima, par Tortran le Bâtisseur. L'Avatar (le vaisseau amiral des Amaar, doré, en forme de masse elfique), par exemple, mesure 13816m.  


Ordre de grandeur : centaine(s) de kilomètres


Comparés à la station spatiale cassemonde Etoile de la Mort (diamètre 160km), tous les vaisseaux longs de plusieurs kilomètres semblent bien dérisoires. Pourtant, on reconnaît parmi eux les vaisseaux amiraux des Amarr, des Galente et autres peuples d'EVE Online , les superdestroyers de l'Empire de Palpatine, les "Marteaux de Guerre" de l'Empereur de l'Humanité (plus tard associé à Osiris, gardien des esprits des défunts) et même, en bas à gauche, un long-courrier de la Guilde Spatiale. Les plus gros de ces engins oscillent pourtant entre 10 et 25 km de long !
Ci-dessous, l'Etoile de la Mort et l'Etoile Noire aux côtés de Haute Charité (du jeu Halo III), de l'Empire Covenant, avec ses 464 sur 348km. 



C'est une prouesse technologique que de construire une "petite lune" artificielle, et d'y ajouter l'armement et de la propulsion qui vont avec.

C'est généralement un palier, un passage entre le niveau technologique "interstellaire" (NT5) et le niveau technologique "galactique" (NT6).

Ordre de grandeur : millier(s) de kilomètres

Au-delà  de cette échelle (quelques centaines de kilomètres), on trouve des engins de la taille de planètes naines (comme Pluton). Sur l'image ci-dessous, on aperçoit Unicron (1000km de diamètre sans l'anneau artificiel et les excroissances pointues), le Tueur d'Etoile (1200km de diamètre) mis au point une trentaine d'années après la bataille de Yavin, la base des Zentraedi (1400km de haut), le vaisseau-mère des Boov (sphère bleutée de 1500km de diamètre), le tétraèdre vaisseau-mère des Gorgs (2000km de long), la roue Gaea (2000km de diamètre d'après l'image mais 1300km dans le roman) de la trilogie écrite par John Varley, Cybertron (3500km), et autres planétoïdes en haut à droite de l'image.


Cybertron (3500km de diamètre, soit quasiment de la même taille que la Lune) est la planète fictive d'où sont originaires les Transformers.


La Lune (satellite naturel de la Terre), avec ses 3474km de diamètre (parmi les plus grands pour une lune, aux côtés de Titan, Ganymède, Callisto, Io, Europe, Triton ...), apporte une échelle de grandeur pour estimer la taille du planétoïde artificiel Prima, capitale de l'Empire Galactique au 91ème siècle (représentée ci-dessous entourée de ses champs de force et anneaux artificiels défensifs).




Entièrement creuse, Prima abrite, dans d’innombrables bureaux, appartements et jardins d’agrément, un milliard de fonctionnaires de l’Empire. Prima dépend pour sa survie de 24 mondes nourriciers contrôlés par l’Armée. Sa défense est assurée par 12 lunes artificielles mobiles et 6 escadres d’élite de la Flotte Impériale. Prima abrite une garnison de 800.000 Scorpionautes. L’économie de 500 systèmes stellaires est liée à la seule proximité de Prima.

Ordre de grandeur : dizaine(s) de milliers de kilomètres

Sur le tableau de comparaison de tailles, ci-dessus, on aperçoit une portion d'un anneau de type Halo. Ces structures extraterrestres mesurent 10.000km de diamètre, 318km de large et 22,3km d'épaisseur. Elles ont été construites par les Précurseurs (Forerunners en anglais) qui en avaient précédemment bâti des plus grandes encore de 30.000km de diamètre. Les dimensions des Halo découvertes par les Humains sont du même ordre de grandeur que la planète Terre dont le diamètre est 12742 km en moyenne. L'humanité ne parviendra que tardivement à égaler puis dépasser nettement cette ancienne civilisation, en construisant ses propres Orbitales.


Ordre de grandeur : centaine(s) de milliers de kilomètres

La Grande Arche et l'Installation 00 ou Arche (Ark en anglais) dans Halo mesurent très exactement 127.530 km. Ces mégastructures ont fabriqué les Halos d'une dizaine de milliers de km (de 10.000 à 30.000km) qu'on peut trouver dans la Galaxie. La Grande Arche a été construite environ 106.000 ans avant J.-C. et a été détruite 97.000 ans avant J.-C. L'Arche ou Installation 00 existe encore et est située hors de la Voie Lactée, à 262144 années-lumière au-dessus du plan galactique.





Ordre de grandeur :  million(s) de kilomètres

C'est un nouveau palier, un passage entre le niveau technologique "galactique" (NT6) et le niveau technologique "intergalactique" -ou "extragalactique"- (NT7).

Le diamètre moyen du Soleil (étoile jaune de type G) est 1.392.684km. Ce diamètre est exactement 109 fois plus grand que celui de la Terre (cf. le premier schéma ci-dessous). Le deuxième schéma montre que même l'orbite lunaire autour de la Terre serait largement incluse dans le volume sphérique du Soleil.


Le monde-vaisseau des Magogs mesure 1.500.000km de diamètre. Son volume total est du même ordre de grandeur que celui du Soleil. Il est composé d'une étoile naine M ou K (rouge ou orange probablement) et d'une dizaine ou vingtaine de mondes sphériques reliés entre eux.



Iain Banks décrit les Orbitales de la Culture comme des "bracelets de dieux" suspendus dans le vide intersidéral. Les orbitales sont des rubans circulaires constitués d'un matériau super-résistant (voir aussi unobtainium), dont la cohésion est encore renforcée par l'emploi de champs de force. Une Orbitale ressemble à un Halo, mais en beaucoup plus grand, et à un Anneau-monde, mais en beaucoup moins grand.
Au lieu d'encercler une étoile 'comme c'est le cas d'un Anneau), elle orbite autour de manière plus conventionnelle, faisant d'elle un système intrinsèquement beaucoup plus stable qu'un Anneau-monde. De nombreuses civilisations sont connues pour utiliser des Orbitales dont la taille est adaptée aux préférences de leurs constructeurs; les Orbitales de la Culture par exemple font environ dix millions de kilomètres de circonférence, pour un diamètre de 3 millions de km, avec une largeur allant de mille à six mille kilomètres, soit une surface de 20 à 120 fois celle de la Terre (de 10 à 60 milliards de km²).

  

L'Orbitale de Vavatch (Orbitale extérieure à la Culture) apparaît dans le roman Une forme de guerre. Sa taille est sensiblement plus importante que celle des Orbitales construites par la Culture : sa circonférence est de quatorze millions de kilomètres pour une largeur de trente-cinq mille kilomètres, soit une superficie de 490 milliards de km² : près de 1000 fois celle de la Terre (8 à 50 fois plus qu'une Orbitale moyenne). La gravité à sa surface y est également plus importante : 1,2 fois celle de la Terre. Sa surface consiste essentiellement en une étendue d'eau douce appelée Mer Circulaire, les terres sont relativement peu importantes en comparaison. Vavatch ne présente pas non plus ce système d'assistance permanente par une superintelligence artificielle telle que celle d'un Mental, mais elle possède un Moyeu central comme les autres Orbitales. Elle est découpée en morceaux puis désintégrée par un vaisseau militaire de la Culture pour que les Idirans ne puissent pas se l'approprier.


Ordre de grandeur : dizaine(s) de millions de kilomètres

 ... pas d'artefact de référence ...

Ordre de grandeur : centaine(s) de millions de kilomètres

Sphères de Freeman Dyson (dite également "biosphère artificielle") et Anneau-Monde de Larry Niven possèdent un diamètre de 300.000.000km avec, au centre, une étoile semblable au Soleil ! Le rayon de ces structures (150 millions de km, soit une UA -pour "unité astronomique"-) correspond exactement à la distance moyenne entre la Terre et le Soleil.

Données techniques sur l’Anneau-Monde
  • Étoile K9 (de type G3, proche d’une G2, un peu plus petite et plus froide que notre Soleil) ;
  • Vitesse de l’anneau : 1 250 kilomètres par seconde ;
  • Masse de l’anneau : 2×1027 kilogrammes, soit à peu près la masse de Jupiter (2 millions de milliards de milliards de tonnes) ;
  • Rayon : 1,54×108 kilomètres (= 1 UA environ, soit la distance Terre-Soleil) ;
  • Largeur : 1,6×106 kilomètres (soit un peu plus que le diamètre de son étoile) 1,6 million de kilomètres ;
  • Superficie : 3×106 fois celle de la Terre = 1,6×1015 km2 environ (1,6 million de milliards de kilomètres carrés) ;
  • Hauteur des montagnes bordant l’Anneau : 1 500 km ;
  • Plaques rectangulaires permettant l’alternance jour/nuit : 1,5×106 par 4×106 kilomètres, reliées par des câbles et en orbite plus rapprochée de l’étoile ;
  • Durée du jour : 30 heures ;
  • Temps de rotation de l’anneau : 7,5 jours ;
  • 1 falan = 10 révolutions = 75 jours ;
  • Gravité en surface : 9,73 m/s2 = 0,992 g






Récapitulatif, image suivante :  
-          un Halo, de 10000 km de diamètre (pour 300km de largeur)
-          frôle une Orbitale d’une largeur de 10000 km (soit d’une taille intermédiaire entre celles de la Culture -1000 à 6000km de largeur- et Vavatch -35000km de largeur) dont le diamètre est compris entre 3 et 5 millions de km
-          comparés à l'Anneau-Monde de Larry Niven, en arrière-plan, de largeur 1,6 million de km et de diamètre d’environ 300 millions de km.
En résumé : le diamètre de l’un ne vaut que la largeur du supérieur.





Ci-dessous, les dimensions d'une Sphère de Dyson; surface habitable de soixante millions de fois celle de la Terre !


Omale est une Sphère de Dyson.
Qu'on imagine une sphère de matière ultra-dense, le carb, enveloppant une petite étoile calme, Héliale, de façon à former une coquille solide tout autour. Telle est Omale. La surface interne de cet artefact démesuré est parsemée de vastes cuvettes atmosphérisées, les Grand'Aires, abritant des milliers d'espèces intelligentes ou rehs (voir le Lexique).
L'humanité n'est qu'une reh parmi d'autres. Une espèce mythique disparue, les Vangk, aurait édifié cette fabuleuse configuration astronomique, à laquelle les Humains donnent le nom d'Omale, et y aurait importé les espèces de toute la galaxie. Afin qu'il y ait des échanges thermiques avec l'extérieur, deux "trous" dans la coquille d'Omale existent aux pôles, ainsi que des surfaces non atmosphérisées poreuses aux rayonnements.
La distance de la sphère d'Omale à son soleil est de 120 millions de jals (1 jal = 1,24 km). Sa superficie habitable (zone tropicale) se monte à 65 millions de fois celle de la Terre, soit 33,15 x 1015 kilomètres carrés. Un total si vaste que ses habitants ne peuvent en apprécier la courbure sans instrument de mesure. Un quart de cette superficie serait habitable. Un Terrien pèserait 0,96 fois son poids à l'équateur, celui-ci décroissant vers les pôles. Deux planètes intérieures, les Captives, gravitent dans l'espace qui sépare Héliale de la coquille de carb : Benveniste et Acomat. Noyées dans la lumière solaire, elles ne sont pas visibles depuis la surface d'Omale. La première planète est exploitée pour ses minerais par une espèce maîtresse de l'espace hélien, les Æzirs, qui ne descendent sur Omale que par exception. Acomat, la plus proche d'Héliale, est interdite aux Æzirs par un champ magnétique dangereux pour leur organisme. D'après ces derniers, sa surface est un pavage hexagonal de composition inconnue.
La révolution d'Omale autour d'Héliale est de douze tours par jour. Mais l'alternance des jours et des nuits est assurée, à l'échelle de la Grand'Aire, par une couche gazeuse de cristaux phototropes nappant la très haute atmosphère.
Omale bénéficie d'une insolation clémente due à la stabilisation d'Héliale par des procédés mystérieux. Dans la Grand'Aire, il n'y a que deux saisons : la saison humide, et la saison sèche.
L'Aire humaine s'étend sur environ deux cents gaias (soit deux cents fois la surface de la Terre). Elle est entourée d'autres Aires où résident des espèces biologiquement voisines : les Chiles et les Hodgqins, avec lesquels l'humanité des Bordures commerce ou guerroie. Les Chiles occupent trois cents gaias, les Hodgqins cinquante. Au-delà de ces territoires encore peu explorés s'étendent d'immenses déserts de carb nu, dépourvus de vie. D'après les Æzirs, il existerait d'innombrables Grand'Aires disséminées sur Omale, séparées par des millions de kilomètres.

vendredi 24 janvier 2014

Personnages clefs pour le Syndic puis Guilde Navyborg, d'après "Empire Galactique"


Rosalia Goutte-de-Pluie : pilote long-coureur gris qui effectua le premier vol hyperluminique habité à bord d'un vaisseau Varlet et devint la sainte patronne des Navyborgs.

Syndic Navyborg : première organisation professionnelle de navigateurs du Triche-Lumière créée au moment de la mise au point du plot vertébral et qui remplaça progressivement la Fédération des Longs-Coureurs Gris. 

Koddah la Voyageuse : impératrice qui fonda le corps des Scorpionautes et encouragea la création de la Guilde Navyborg. 

Cornélia Ière : Impératrice sous le règne de laquelle la Guilde Navyborg fut officiellement fondée en 8540.

Olaff II : empereur qui remit à la Guilde Navyborg en 9084 le secret de la propulsion à énergie stellaire mise au point par l'Architecte Ursula Lehouine.


Commentaire :

Souci de dates : Tortran "Le Bâtisseur" est annoncé comme le 5ème empereur galactique (en 9050), après la dynastie des trois Kahn (8052-8075) et un 4ème empereur dont on tait le nom; indubitablement : Palpatine (que je situe à 8594-8613 d'après une référence sullustaine).

Il ne peut donc pas y avoir d'impératrice Cornélia Ière avant Palpatine car c'est encore la République Galactique.

Je précise que les Kahn peuvent rétrospectivement être considérés comme des "tyrans démocrates", c'est-à-dire des dirigeants investis de tous les pouvoirs par l'assemblée galactique/le sénat mais pour une durée limitée dans le temps ou pour accomplir une mission précise.

Solution :

Peut-être que Cornélia Ière a été une impératrice locale et non galactique. Elle aurait, dans son secteur, réorganisé le Syndic Navyborg en Guilde Navyborg ; structure adoptée ensuite sur l'ensemble de la Galaxie.

jeudi 19 décembre 2013

Saint-Dikè, Saint-Dik, Syndik

Construit à partir du grec ancien δίκη, dikè « justice, droit », probablement sur le modèle du nom féminin théodicée, le terme, désignant les membres les plus haut placés du Syndik Navyborg, légitime leur pouvoir par le droit sacré.

Le mysticisme fut très présent parmi les Pilotes de la caste fondée par Gosala/Rosalia ''Goutte-de-Pluie'' qui découvraient des niveaux insoupçonnés de l'hyper-espace.

Ce rapport à la divinité céleste se confirma à l'époque des Navigateurs de la Guilde, mutants gorgés d’Épice gériatrique élevant les esprits transcendants et leur permettant de lire l'avenir et le mouvement des planètes et autres corps célestes.

dimanche 17 juin 2012

Comment Tortran "le Bâtisseur" et ses successeurs devinrent-ils Empereur ?

Tortran "le Bâtisseur", de la planète Hohenstaufen, fut élu en 9050 par l'assemblée des Grands Électeurs.
Grand érudit, polyglotte, diplomate capable de remporter les batailles les plus complexes sans l'usage des armes, il fit preuve d'une tolérance exceptionnelle pour son époque envers les Robots et les Intelligences Artificielles.
La Loge Tekno lui construisit un monde artificiel au centre de la Galaxie (Prima, la "Planète-Centrale") ... du moins au plus proche possible du trou noir géant qu'abrite la Centralité.
Mais le Clergé lui fut éternellement hostile.

Avant d'accéder au statut d'empereur, il fallut d'abord être élu Roi de la Centralité par les 7 princes héritiers des anciennes guildes et des secteurs galactiques ducaux : le Grand Architecte de la Loge Tekno, le Médiat Suprême de la Guilde Navyborg, le Supra Magnus de l'Armée, le Roi d'Amarr, le Palatin de Gallente, le Duc de Minmatar et le Margave de Caldari.

Le Roi de la Centralité eut droit au titre de Roi de la Voie Lactée.

Il dut ensuite être couronné Empereur par le Sage Suprême du Clergé et reçut alors les couronnes du Sagittaire et du Grand Chien (deux galaxies naines satellites de la Voie Lactée).
http://calypso1577.blogspot.fr/2009/08/les-cinq-galaxies.html

Le rôle des princes et du Sage Suprême fut déterminant dans le choix des empereurs suivants et l'on comprend l'acharnement de ceux-ci à intervenir dans le choix du souverain pontife.

Le système électif fut atténué toutefois par le "droit du sang" qui, jusqu'au XCIIIème siècle, limita la succession à trois familles. Par ailleurs, plusieurs empereurs, de leur vivant, firent élire leur propre fils.

Des conflits parfois violents entre l'Empereur et le Clergé, notamment au sujet du traitement égalitaire entre Êtres Transcendants et Intelligences Artificielles, conduisirent l'Empereur à nommer un Techno-Pape, concurrent du Sage Suprême, ... et, le Sage Suprême, à excommunier l'Empereur !

PS : Au XCIème siècle (91ème siècle), la Hanse des Marchands venait d'être dissoute et ne retrouva la grâce impériale qu'en 9482. Elle ne participa donc pas à l'élection des souverains galactiques.

jeudi 24 février 2011

Stella II, la Madone de l'Almanach - Une Effacée de l'Histoire

Le calendrier de l'Empire Galactique prend comme événement de référence (année 0) la fondation de la Guilde Spatiale (rebaptisée ensuite Guilde Navyborg). Cette année de référence correspond exactement à l'an 20000 après le début de l'Ere Holocène (ou Ere Humaine), ou encore 10000 de l'Ere Chrétienne.

La création de ce nouveau calendrier est généralement attribuée à la Guilde Spatiale elle-même dont le pouvoir s'est considérablement accru pendant et après le Jihad Butlérien (période 19799-19892 EH) ... mais les recherches historiques nous réservent parfois des surprises.

L'historienne S. Déhèmette nous révèle ainsi l'existence d'une impératrice (que certains qualifieront plutôt de régente) qui fut frappée d'ostracisme et dont la principale action (la création du fameux calendrier) fut ensuite récupérée par les nouvelles puissances (la Guilde, en l'occurence).


Stella Senza-Nome fut une personne dont on prononce peu le nom de nos jours, et c’est bien injuste. Par contre, on fait toujours des gorges chaudes de Stella II, la Madone de l’Almanach, celle qui flanqua enfin l’antique calendrier Grégorien aux poubelles de l’histoire, et ce au prix du plus grand scandale, et de la plus grosse rigolade, de ces 1 500 dernières années.

L’année 10 000 approchait, et on s’apprêtait à fêter dignement l’événement dans tout l’Empire Galactique. Le vieil empereur Soukou Toumé avait eu la bonne grâce de décéder, naturellement dit-on, fin 9993. Le bon Soukou Toumé n’avait pas eu d’enfant, et omis de désigner un successeur. On était donc dans un cas somme toute assez fréquent de rupture de dynastie : il suffisait aux trois Chambres d’en désigner une nouvelle.

Mais les cérémonies du Centième Siècle approchant , on avait voulu qu’une personne exceptionnelle les préside (au passage, le fait que le Centième Siècle n’interviendrait qu’en 10001 ne gênait que peu de gens).

On avait décidé de choisir, une fois n’est pas coutume, une personne réellement jeune, naturellement belle et, disons, très flexible, pour ce poste. Ce serait le symbole de la jeunesse et de la vitalité toujours renouvelées de l’Empire ; traduisez : une potiche mâle ou femelle qui ferait ce qu’on lui demanderait, et abdiquerait bien vite, disons … en 10 002. Une fois cet Empereur Intérimaire parti, on pourrait faire appel à un descendant d’une famille illustre ; qui renouerait avec la tradition de discrétion qui sied à la fonction suprême. Et basta.

Mais, me direz vous, pourquoi ne pas avoir tout simplement élu un Régent ? Parce que des cérémonies du Centième Siècle d’histoire humaine sans Empereur, cela eût fait mauvais effet.

Il était hors de question de choisir quelqu’un de Prima, voire du centre galactique, pour éviter d’être taxé d’Empérocentrisme. On lança donc un concours au cours duquel il serait, dit-on, jugé de la présentation (traduisez : de la qualité de l’enveloppe) mais aussi de la culture, de l’intelligence, de l’éducation et de la capacité représenter l’Empire. L’Admintek insista bien sur le fait que la personne en question devrait être … compréhensive.

Le choix tomba sur une jeune habitante de Solaria, princesse d’un minuscule état de son monde, qui passait le plus clair de son temps à piller les boutiques et à démontrer à quelle point elle était la plus beeeeelle, la plus charmaaaaante, la plus irrésistiiiible de toutes. Cette belle blondinette de 17 ans connaissait bien l’étiquette, et « son manque total d’intelligence était masqué par une vivacité rhétorique assez déroutante », dirent les psychologues. Là, les Pairs, les Guildes, le conseil suprême et l’Admintek auraient du se méfier. Car voyez-vous, sous ses dehors d’insupportable bêcheuse, c’était un petit être sensible, qui souffrait mille maux dont le divorce de ses parents n’était pas le moindre. Son côté cancre ne l’empêchait pas de posséder une vive intelligence qu’elle dissimulait soigneusement, heureuse d’avoir les moyens matériels de noyer son spleen dans la frivolité.

Stella fut donc bombardée Impératrice Stella II en 9 994, au cours de cérémonies sans fin durant lesquelles elle fut présentée à tous. Bien plus discrètement, elle dut signer moult documents qui lui liaient les mains, dont son acte d’abdication. Mais par un de ces hasards dont la vie est faite, une faille grosse comme un quasar entachait ces textes, et Stella la vit.

Une fois couronnée, elle devait consacrer 50% de son temps à ses fonctions, les 50 autres pourcent lui étant généreusement laissés. On pensait que les boutiques de Prima allaient subir une attaque en règle. On se trompait.

Que croyez-vous que fit Stella ? Elle se cultiva. Elle usa sans vergogne aucune des moyens démesurés auxquels elle avait maintenant accès, les précieux HypnoTech de Prima, pour rattraper son impressionnant retard scolaire. Elle commença par apprendre à lire et à compter. Elle se remit à niveau pour ce qui est de l’enseignement primaire et secondaire en un temps record. Elle fit ensuite l’acquisition des meilleurs implants d’Economie, de Géopolitique, de Droit, d’Histoire (la Grande et la toute petite), d’Astronomie, d’Astrophysique, d’Ethnographie, d’Ethnologie, d’Exographie, d’Exologie, d’Ecologie … bref tout les trucs en « phie », en « gie », en « isme » ou autre auxquels elle put penser, et elle avait de l’imagination. Elle se fit greffer un plot vertébral qu’elle apprit à utiliser passablement, fit de l’informatique et tout un tas d’autres petites choses qui laissèrent son entourage pantois.

D’aucun pensaient que le cerveau de la gamine allait griller, et se préparaient déjà à élire un autre Empereur par intérim ; mais les neurones de Stella tinrent remarquablement le coup, et c’est une impératrice nettement moins gourdasse que prévu qui entreprit de répondre à la question qu’elle s’était posée à elle-même dès qu’elle avait eu connaissance de sa nomination : qu’allait-t-elle léguer à la postérité ? Rien que çà.

Que pouvait donc faire une toute jeune adulte entourée de gens empressés d’aller au devant de ses moindres désirs et – surtout – de surveiller et d’étouffer ses moindres velléités d’action ? Directement, pas grand-chose. Mais en contournant le problème, hummm ? Pendant les rencontres officielles, elle ne pouvait rien faire, ses moindres paroles étant écrites par ses « conseillers ». Mais ces évènements protocolaires étaient invariablement suivis par des cocktails « conviviaux » on l’on s’emmerdait bon train. Stella II y mit de l’ambiance. Usant de son inimitable enthousiasme et d’une superficialité soigneusement calculée, elle sonda ses interlocuteurs, mine de rien. Elle espérait trouver une petite réformette à susciter discrètement. Au lieu de cela, elle tomba sur le Jack-Pot.

Une de ces choses irritantes qui pourrissait l’existence des Impériaux, humains ou E.T., de leurs voisins et même de leurs ennemis avait nom : le Calendrier Grégorien. Preuve s’il en était que Sol III était bel et bien à l’origine de la civilisation galactique, ce truc continuait à polluer la vie des gens avec des années bissextiles tous les quatre ans, des années séculaires non-bissextiles sauf si elles étaient divisibles par 4, et autres joyeusetés. Oh, des tentatives de réforme avaient bien eu lieu, mais elles étaient toutes tombées face à l’opposition de « celui-ci », l’inertie de « celle-là », le « oui mais » de cet autre et tout à l’avenant ; à tel point que les tenants de la réforme, dégoûtés, avaient renoncé à la présenter pour l’an 10 000, ce qui pourtant était l’occasion rêvée.

Stella dut donc se lever un matin en se disant : tiens, aujourd’hui que je change le calendrier. Il faut dire qu’elle avait bien choisi le matin en question. Ce matin-là était celui du jour de l’Allégeance, au cours duquel la légion Exotique renouvelait son serment de fidélité éternelle à l’Empire, fut-ce au prix de sa vie et gnagnagna et gnagnagna. Il faut dire que si le calendrier grégorien était une plaie pour les humains, c’était une injure aux E.T., qui devaient abandonner leur propre système de datation pour ce fichu bidule antédiluvien (le fait que leurs propres calendriers n’étaient guère plus commodes n’entrait bien sur pas en ligne de compte).

La cérémonie (longue, très longue) se passa bien. Le cocktail fut long lui aussi. Mais on ne s’y ennuya pas. Devant toutes les huiles des races E.T. réunies au grand complet, les représentants des Guildes, de l’Admintek et des Chambres ; la petite Stella sortit une phrase du genre : « Oh, mais c’est vrai, çà, il y en a marre de ce vieux truc. On devrait le changer ; tiens d‘ailleurs, on va le faire. Je m’engage devant vous à ce que le nouveau calendrier soit en place pour les fêtes des Cent Siècles ; et que l’ancien ait disparu dix ans plus tard. Vous avez entendu, messieurs les conseillers ? ». Il y eut un long silence, glacé d’un côté, incrédule de l’autre, puis un tonnerre de « hourras » s’éleva des rangs des officiers E.T., puis, bien vite, des troupes en tenues d’apparat.

L’après cérémonie fut pénible, mais pas pour Stella. « Mais si, mais si, mais si, je vous assure » dit Stella « la chambre des Pairs, la chambre des Guildes, le Conseil Suprême et l’Admintek ont tous déclaré que la question du calendrier était hors de leur domaine de compétence. Tenez, voici les références. Et moi, j’ai autorité pour huit années sur tout ce qui n’est par du ressort d’un de ces tru.. honorables mach… organisme. Donc, j’ai le droit, c’est comme çà ». Certes, cela aurait pu mal tourner. Mais il y avait dans l’assemblée un vieux monsieur au visage plein de malice, qui écoutait sourire aux lèvres. Le Révérend Père Malthus Mogoumba, Guide suprême de l’Eglise de la Glorieuse Volonté, et accessoirement Diacre des Quatre Eglises pour une durée de trois années encore, ne s’était pas autant marré depuis des années. Quand un Pair hautain commença à monter le ton, il dit de sa voix douce que, sommes toutes, c’était le moment où jamais, et que son Eglise soutiendrait l’Initiative de l’impératrice.

L’establishment tenta d’utiliser les méthodes de gouvernance habituelles pour enterrer l’affaire : le silence radio, l’indifférence, l’inertie, la calomnie. Mais une curieuse synergie s’était mise en route. Chaque tentative d’ensevelir le projet fut contrée par une réaction de ralliement. Les races E.T. d’abord, puis les mondes lointains, puis les élites intellectuelles de Prima et bien d’autres encore : le capital sympathie de la petite Impératrice allait grandissant. Les opposants subirent ensuite longue série de débandades toutes plus piteuses les unes que les autres, dont le point d’orgue fut le soutien apporté au projet de réforme par la Guilde Navyborg, dont les membres, excédés, firent savoir à leurs dirigeants que s’il n’y avait pas eu de grève dans toute l’histoire de la Guilde, il y avait un début à tout et puis qu’il y en avait ras le bol du truc à Grégoire XIII et qu’il allait falloir se magner un peu non mais.

Dès lors, la cause fut entendue. Les projets furent sortis des cartons, on en choisit un et, le 1er janvier 10 000, le calendrier Grégorien fut enterré après 8 418 ans de bons et loyaux services. Pour baptiser le nouveau , on proposa le Calendrier « Stellatien », « Stellarien », « Stellique », un guignol évoqua même « Stellaire » ; mais il passa à la postérité sous le nom de Calendrier de Stella, la Madone de l’Almanach.

Tout aurait pu mal tourner pour Stella quand ses partisans (car elle avait maintenant des partisans) voulurent faire pérenniser son titre d’Impératrice. Entrer dans ce jeu eût été une erreur, et, comme on l’a vu Stella avait oublié d’être bête. D’autant plus qu’on lui fit comprendre qu’après son petit numéro, il serait agréable à certains qu’elle parte loin, loin de Prima.
- « Oh, répondit-elle, laissez-moi disposer d’un Lehouine pendant trois ans, et je quitte l’Empire. »
- « Et pourquoi un Lehouine, demanda-t-on ? »
- « C’est ça ou je suis les désirs de mes partisans pour garder ma charge.» bluffa-t-elle.

On lui donna tout de suite son Lehouine, qu’elle chargea de matériel de colonisation. Dans les tous premiers jours de l’année 10 002, Calendrier de Stella, ladite Stella, accompagnée de nombreux partisans, embarqua sur le Benny Hill, qui mit le cap Est/Sud Est et quitta l’Empire. On ne le revit jamais.

« Bon débarras » dirent les puissants, avant de passer aux règlements de compte. Le chef suprême de la cellule psychologique de l’Admintek fut limogé, plusieurs Pairs démissionnèrent « pour raison de santé » et tout à l’avenant. Le pire, c’est que le pourquoi du comment de l’affaire avait fini par transpirer. « La prochaine fois qu’on aurait besoin d’une gourdasse, il faudrait aller la chercher au sein d’une des chambres ou de l’Admintek », se marrèrent les médias.

« Enfin, on en est débarrassés » soupira-t-on enfin, quand Olaff III, 157 ans, prit ses fonctions. A 30 000 années-lumière de là, Stella Senza-Nome fondait ce qui allait devenir en quelques courtes décennies l’Alliance des Douze Soleils.



Dès que le nom même de cette impertinente fut frappé d'ostracisme, condamné à l'oubli, le "Calendrier de Stella" fut rebaptisé Calendrier Stellaire puis Calendrier Spatial et enfin Calendrier de la Guilde Spatiale. Le tour était joué !

Toutefois, sur le long terme, la récupération de la Guilde Spatiale ne fut qu'incomplète.
En effet, de nos jours, les lettres EG qui suivent les numéros des années du calendrier impérial signifient "Ere Galactique" et non plus "Ere de la Guilde".

Outre la création d'une nouvelle année 0, il fallut aussi décider comment ces dites années seraient découpées. En mois ? Semaines ? Sixaines ? ... Quelque chose d'universel sans trop bousculer les traditions. Pas facile car l'Empire de l'époque, sous la dynastie Butler/Corrino (juste avant les Atréïdes), comptait déjà 10000 mondes impériaux (pour information, l'actuel atteint 25000).

Voilà quelques-unes des propositions qui furent soumises aux Chambre des Guildes, Chambre des Pairs et Conseil Suprême.

Solution 1 : Modifier l’année. Une année standard comporte environ 31 556 926,08 secondes. Raccourcir l’année à 31 500 000,00 (soit 15 heures de moins) permettait de faire une année de 10 mois de 35 jours de 25 heures standard de 3600 secondes standard.

Solution 2 : Modifier diminuer la durée de la seconde pour que l’année fasse exactement 365 jours répartis en sept mois de 30 jours et 5 de 31 jours.


Solution 3 : 365 jours répartis en 73 pentades ("penta" = 5; "dies" = jours" c'est-à-dire des groupes de 5 journées au lieu de l'antique semaine biblique de 7 jours ... quitte à se débarrasser des références grégoriennes).

Solution 4 : diviser l'année en 360 jours... ce qui simplifie grandement le partage, puisque ce nombre est divisible par de nombreux nombres. Le temps universel est utilisé partout et dans les médias, mais il pourrait y avoir des adaptations locales, plus aisées à manipuler et en phase avec la vie sur la planète.

Solution 5 : Reprendre la proposition d'arrondir l'année à 31.500.000 secondes, la valeur de la seconde restant inchangée, avec une solution qui collerait pile poil avec le système décimal :
- 1 année = 10 mois
- des mois en alternance de 31 ou 32 jours (5 mois de chaque)
- chaque jour contenant exactement 100.000 secondes.
Les heures deviendrait des groupes de 10.000 secondes, et les minutes des groupes de 100 secondes.

Etc ...