mardi 6 octobre 2020

Alan Moore

Alan Moore [ˈælən mʊə(ɹ)], né le à Northampton, est un scénariste de bande dessinée et écrivain britannique dont les œuvres les plus connues sont les comics Watchmen, V pour Vendetta et From Hell.

Moore commence sa carrière au Royaume-Uni avant de travailler pour des éditeurs américains. Célèbre pour avoir rendu dans les années 1980 les comics plus mûrs et plus littéraires, il a également beaucoup apporté à la forme du médium, par des effets de mise en page inédits jusqu'alors. Ses influences, très diverses, comptent des auteurs comme William S. Burroughs, Thomas Pynchon, Robert Mayer et Iain Sinclair, des écrivains de science-fiction comme Michael Moorcock et d'horreur comme H.P. Lovecraft, Clive Barker, des cinéastes comme Nicolas Roeg. En bande dessinée, l'influence de Bryan Talbot, précurseur de la bande dessinée « adulte » avec The Adventures of Luther Arkwright, a été déterminante.

Alan Moore a reçu neuf fois le prix du meilleur scénariste aux prix Eisner depuis 1988, trois fois un prix Jack-Kirby, et sept fois un prix Harvey bien qu'il avoue dans sa biographie " Incantations " ne pas forcément en tirer un quelconque intérêt. Cette liste de récompenses fait probablement de lui le scénariste le plus primé dans le domaine du comic.

Végétarien et connu pour ses opinions anarchistes, il se présente par ailleurs comme un « magicien » et un adorateur de Glycon, une divinité-serpent romaine. 

 


Biographie

Jeunesse

Premiers pas

Alan Moore nait le à l'hôpital Saint-Edmond de Northampton6. Ses parents, Ernest Moore et Sylvia Doreen, se sont mariés l'année précédente. Ils sont originaires d'un milieu modeste : lui travaille d'abord à la brasserie locale, puis creuse des tranchées pour le réseau électrique et elle occupe, une fois ses enfants assez grands, un poste dans une imprimerie de la ville7.

Alan Moore grandit dans les Boroughs, le quartier historique de Northampton et l'un des plus défavorisés d'Angleterre. Il vit avec ses parents, son frère Mike (de deux ans son cadet) et sa grand-mère maternelle, Clara Mallard, dans une maison de St. Andrew's Road, louée à la municipalité. Cette demeure, de style victorien, est en mauvais état et offre peu de commodités : il n'y a pas de salle de bains, les toilettes sont situées à l'extérieur et ne possèdent pas de chasse d'eau7.

Dans un quartier où une grande partie de la population est analphabète, Ernest et Sylvia Moore souhaitent offrir à leurs deux enfants la meilleure éducation possible. C'est donc encouragé par ses parents qu'Alan développe très tôt un fort attrait pour la lecture. En effet, dès l'âge de cinq ans, il s'inscrit à la bibliothèque et commence à lire tout ce qui lui tombe dans les mains selon un rythme effréné d'environ deux à trois livres tous les deux jours. Il découvre alors des styles très divers et s'intéresse plus particulièrement à la fantasy, aux contes de fées, à la geste arthurienneetc.8.

La découverte des comics

Comme beaucoup d'enfants anglais de son époque, Alan Moore lit les comics publiés par l'éditeur écossais D. C. Thomson tels que The Beano, The Beezer ou The Dandy. Ces comics, qui mettent souvent en scène des enfants de la classe ouvrière auxquels Moore peut s'identifier, sont plutôt basiques et banals9.

À l'âge de six ans, le jeune Moore découvre, sur l'étal d'un marché de Northampton, les comics de super-héros américains. C'est pour lui une vraie révélation. En effet, ils attirent immédiatement l'œil du jeune garçon car, contrairement aux comics anglais, ils sont entièrement en couleurs et ils mettent en scène des personnages fascinants : Flash, Superman, Les Quatre Fantastiquesetc.9. Moore devient un véritable fan des comics américains (notamment ceux de Marvel et plus particulièrement ceux écrits par Jack Kirby) et il en achète chaque semaine autant qu'il peut10.

Scolarité

La scolarité du jeune Moore se déroule d'abord à l'école primaire de Spring Lane, située à quelques minutes du domicile familial11. Elle se passe sans heurt : le jeune garçon obtient de très bonnes notes et se hisse en tête de classe les deux ou trois dernières années. Dans la continuité de ces résultats, il obtient logiquement le 11+ (examen de passage du primaire au secondaire) qui lui donne le droit de s'inscrire à la grammar school de Northampton.

Mais Alan Moore déclarera à propos de l'école primaire : « j'étais persuadé d'être un génie. Je ne me rendais pas compte qu'en fait, j'étais juste le plus malin d'une bande de simplets ». En effet, l'arrivée au collège est difficile : outre des règles très strictes et le port obligatoire de l'uniforme, il s'avère que la quasi-totalité des élèves est issue de la classe moyenne et bénéficie d'une meilleure éducation du fait de son passage par des classes préparatoires. Le jeune garçon se retrouve alors isolé, et ce, pour deux raisons12,6 : son appartenance à la classe ouvrière (il prend conscience de l'existence d'une hiérarchie sociale, dans laquelle il se situe tout en bas) et son classement parmi les derniers de la classe (de premier à l'école primaire, il passe dix-neuvième, puis vingt-septième).

Dégoûté par ce nouvel environnement (il comparera la grammar school aux Jeunesses hitlériennes) et par son classement parmi les plus mauvais élèves, persuadé qu'il n'y obtiendra aucun succès, Moore décide de tourner définitivement le dos à l'univers scolaire12.

À l'adolescence, Moore se laisse pousser les cheveux ; il commence à sortir le soir, à aller à des fêtes. Il se met à fumer du cannabis, puis découvre le LSD lors d'un concert de Canned Heat à Hyde Park. Cette découverte le marque durablement : « elle m'a permis de comprendre que la réalité n'était pas quelque chose de définitif. Que la réalité qui faisait notre quotidien était une réalité tout à fait valable, mais qu'il y en avait d'autres qui ne l'étaient pas moins »13.

En , Alan Moore est surpris en plein trafic de LSD. Le directeur du lycée l'exclut immédiatement14 et écrit à tous ses confrères de lycée, d'université et d'autres écoles pour leur conseiller de ne pas accepter l'adolescent dans leurs établissements. Définitivement exclu du système éducatif, Moore doit chercher du travail. Tâche qui s'avère compliquée puisqu'il a besoin, pour postuler à un poste, des références de la dernière école fréquentée15.

Premiers pas dans les arts

Alan Moore commence à dessiner et à réaliser ses propres bandes dessinées, Omega Comics, dès la fin du primaire. Il s'agit à cette époque de dessins esquissés sur des blocs-notes avec des stylos à bille de couleur11.

Plus tard, il fournit quelques illustrations pour le fanzine d'horreur de David Sutton, Shadow. En septembre 1970, Derek Stokes, propriétaire d'une librairie consacrée à la BD et à la science-fiction, utilise un dessin de Moore pour une publicité dans le magazine Cyclops. Enfin, il contribue à Weird Window, l'anthologie amateur de Sutton : critique de livre, illustrations et une nouvelle intitulée L'hypothèse du lézard en mars 197116,17.

À l'âge de 16 ans, il fonde le magazine Embryo avec des filles d'une école religieuse de Northampton et certains élèves de la grammar school. Cinq ou six numéros, principalement dédiés à la poésie, voient le jour18,6.

Le Laboratoire d'Arts de Northampton, une communauté artistique locale appartenant au mouvement Arts Lab, met en place des espaces partagés et des ateliers pour les artistes18. Après avoir assisté à l'un de ces ateliers, Moore et ses collaborateurs décident de fusionner Embryo avec le Laboratoire d'Arts19.

Tandis qu'il continue de superviser Embryo, Moore participe à plusieurs numéros de Rovel, le magazine du laboratoire. Par ailleurs, il s'essaie à différentes disciplines : écriture de chansons, de pièces et de spectacles, écriture et lecture de poésie. « Le Laboratoire d'Arts a joué un grand rôle dans mon développement. Il m'a encouragé à tenter beaucoup d'expériences. Il m'a donné une attitude vis-à-vis de l'art qui m'accompagnera pour le restant de mes jours. J'y ai appris bien davantage qu'à l'école »19.

Premiers emplois

Après son exclusion du lycée, Alan Moore éprouve des difficultés à trouver un travail. Sans diplôme et sans référence, seuls les emplois non qualifiés sont à sa portée. Il occupe d'abord un poste dans une tannerie coopérative (il est licencié au bout de deux mois après avoir été surpris en train de fumer un joint dans la salle de repos). Ensuite, il devient portier au Grand Hotel de Northampton20. En 1975, il travaille comme assistant dans la papeterie W. H. Smith avant d'occuper différents postes administratifs21,22, notamment chez Pipeline Constructors, Ltd., un sous-traitant de la compagnie locale de gaz23.

Carrière

Début d'une carrière d'artiste et d'une vie de famille

En 1972, le Laboratoire d'Arts est dissous et remplacé par le Groupe d'Arts de Northampton formé par une génération plus jeune. Moore s'implique au sein de ce groupe notamment en illustrant les couvertures de ses magazines21. Il y rencontre sa femme, Phyllis Dixon avec laquelle il se marie en 1975. La même année, Moore publie dans un journal alternatif de Northampton appelé ANON24. Il tente également de monter un fanzine multimédia appelé Dodgem Logic qui finalement n'aboutit pas23.

Alors que sa femme est enceinte, Alan Moore démissionne du poste administratif qu'il occupe afin de tenter sa chance en tant que dessinateur. Ce choix, longuement mûri et pris en accord avec sa femme, s'avère risqué car si une carrière de dessinateur apparaît plus gratifiante, elle ne garantit pas la sécurité financière23.

De 1978 à 1979, Alan réalise des strips pour le journal local de contre-culture de la ville d'Oxford, le Back Street Buggle. Il publie ainsi des épisodes du Panda de St. Pancras, « une version cynique de l'Ours Paddington » dans laquelle il parodie des sujets d'actualité. Ce travail n'est pas rémunéré mais il permet à Moore d'acquérir de l'expérience25. Sa première vente professionnelle (deux dessins vendus 40 livres pièce) a lieu avec l'hebdomadaire britannique New Musical Express. Ensuite, il publie dans le fanzine londonien de rock west-coast Dark Star un premier strip intitulé The Avenging Hunchback25, puis un second, en collaboration avec Steve Moore. Enfin, il publie une double page de dessins consacrés au Père Noël pour le Frantic Winter Special de Marvel UK26.

Au début de l'année 1978, alors que naît Léah, la situation financière du couple est compliquée. En effet, les Moore ne parviennent à subsister que grâce aux aides de la sécurité sociale. Alan Moore se rend alors compte que la vente de quelques dessins de temps en temps ne suffit pas à faire vivre sa famille et qu'un travail régulier et stable est plus que nécessaire26.

Premiers travaux d'envergure

En 1979, Alan Moore envoie une proposition de strip au magazine de musique Sounds. Il s'agit de deux épisodes d'une série intitulée Roscoe Moscow. Quelques jours plus tard, l'éditeur du magazine le contacte et accepte de l'embaucher pour un salaire de 35 livres par semaine. La bande dessinée, publiée sous le pseudonyme de « Curt Vile » (référence au compositeur allemand Kurt Weill), raconte les aventures d'un malade mental alcoolique se prenant pour un détective privé27,6.

Elle s'étale au total sur soixante épisodes avant de laisser sa place, en , à une nouvelle série intitulée The Stars My Degradation (référence au roman Terminus les étoiles (en anglais "The Stars My Destination") d'Alfred Bester). Alan Moore y parodie des œuvres de science-fiction comme Alien de Ridley Scott, E.T., l'extra-terrestre ou encore X-Men. Cette bande-dessinée dure cent épisodes et s'achève en 1984. C'est une expérience enrichissante pour le jeune dessinateur : « ça m'a enseigné la construction des histoires, la continuité case à case, la narration graphique. Je choisissais mon éducation au fur et à mesure et avec ces strips, j'avais fait mon apprentissage dans les comics »28.

Six mois après avoir été embauché par le Sounds, le Northants Post, un journal local, l'engage pour publier une bande dessinée intitulée Maxwell the Magic Cat, destinée à un jeune public6. Il utilise cette fois le pseudonyme de « Jill de Ray », homonyme de Gilles de Rais, un noble français du XVe siècle, compagnon de Jeanne d'Arc, exécuté pour l'assassinat de plus d'une centaine d'enfants. Moore décide de stopper la publication de ce strip en 1986 à la suite de la parution dans le journal d'un édito homophobe29.

Succès britanniques

2000 AD

Une nouvelle fois, les problèmes financiers mettent Alan Moore au pied du mur. En effet, ses revenus obtenus grâce à ses différents travaux pour Sounds et le Northants Post ne parviennent pas à subvenir totalement aux besoins de sa famille. De plus, le dessin lui demande beaucoup trop de temps et il éprouve parfois des difficultés pour la représentation de certains objets. Plus confiant dans l'élaboration de scénario, Moore décide de délaisser le dessin30.

À la fin des années 1970, Alan Moore écrit, avec l'aide de son ami Steve Moore, un script pour Judge Dredd qu'il envoie à 2000 AD, un hebdomadaire britannique de science-fiction. Si le scénario, n'est pas retenu, le style de Moore retient l'attention du magazine. Alan Grant, le rédacteur, lui demande de continuer à envoyer des travaux. Ce qui finit par payer puisque l'une de ses histoires est retenue pour Future Shocks.

En 1980, un script d'Alan intitulé L'héritage noir est publié dans Doctor Who Weekly31 et est suivi l'année suivante par toute une série d'épisodes courts. C'est à cette occasion qu'il est amené à collaborer avec David Lloyd, un dessinateur régulier de Marvel UK et qui aura une grande importance dans sa carrière32. Il enchaîne ensuite par un travail d'adaptation de L'Empire contre-attaque dans Star Wars Weekly.

Dans le même temps, Alan Moore multiplie les histoires courtes pour 2000 AD telles que Vacances en enfer, L'homme réversible ou encore Récit édifiant33. Toujours pour 2000 AD, il écrit des histoires complètes dans les suppléments du magazine Future Shocks et Time Twisters, avec des séries comme Skizz (dessin de Jim Baikie), D.R. and Quinch (avec Alan David) et The Ballad of Halo Jones (avec Ian Gibson)34.

Marvel UK

Tous les différents strips écrits notamment pour 2000 AD prouvent la valeur de Moore en tant que scénariste, et Marvel décide alors de lui confier les rênes d'une série régulière avec le dessinateur Alan Davis : Captain Britain35. L'objectif donné à Moore est de démêler l'historique de la série et des intrigues rendu confus par la multiplicité des scénaristes depuis sa création en 1976. Moore opte pour une solution radicale : annihiler l'univers entier de la série au bout de quelques épisodes afin de repartir sur de nouvelles bases. Le travail avec Davis est très collaboratif et enrichissant faisant ainsi le succès de la série : « avec Captain Britain, on a pris un super-héros Marvel de base plutôt plat et on s'est amusés autant qu'on pouvait »36.

Moore travaille également sur Night Raven, un héros de pulp archétypal et l'un des rares personnages créés par Marvel UK (au total, 11 épisodes en prose paraissent dans The Daredevils)37.

En 1984, Moore quitte Captain Britain après en avoir écrit 21 épisodes et cesse, par la même occasion, toute collaboration avec Marvel. En effet, il entre en conflit avec la maison d'édition d'abord pour des retards de paiement, puis à cause de questions de droit d'auteur concernant la réédition d'épisodes de Doctor Who38.

Warrior

En 1982, alors que sa famille s'est agrandie avec la naissance de Amber, Alan Moore est contacté par Dez Skinner, un ancien rédacteur de chez IPC et Marvel UK. Skinner lance sa propre anthologie de bande-dessinée, Warrior (en), et demande à Moore, à cette occasion, de créer de nouvelles séries dont certaines vont marquer durablement l'histoire des comics britanniques39 :

  • Marvelman (renommé par la suite Miracleman pour des raisons de droit). Moore, avec l'aide du dessinateur Gary Leach (remplacé plus tard par Alan Davis, puis par John Totleben) revisite complètement le personnage. Innocent et plutôt kitsch dans les années 1950, celui-ci se retrouve transposé dans un univers moderne et réaliste. L'interaction du super-héros avec le reste de l'humanité (notamment sa femme) est l'angle de vue privilégié par les auteurs ;
  • V pour Vendetta. Réalisée avec David Lloyd, cette contre-utopie met en scène un anarchiste flamboyant qui, prenant les traits de Guy Fawkes, combat un gouvernement fasciste dans l'Angleterre de la fin du XXe siècle. Cette bande-dessinée va connaître un grand succès et obtenir de nombreux prix dont celui de meilleur album étranger à Angoulême en 1990. « c'est avec V pour Vendetta que j'ai commencé à prendre conscience qu'on pouvait obtenir des effets incroyables en associant des mots et des images (...). J'ai commencé à comprendre ce qu'on pouvait faire grâce au découpage et aux couches successives, les niveaux de sens qu'on pouvait donner à l'histoire. Je suis convaincu que V pour Vendetta fut le premier pas de géant que je franchis vers mon propre style »40 ;
  • The Bojeffries Saga. Il s'agit d'une série humoristique sur une famille de monstres de la classe ouvrière, dessinée par Steve Parkhouse41.

Au bout de 26 numéros, en , Warrior s'arrête. Les séries de Moore ne sont pas terminées pour la plupart. Certaines, tel que V pour Vendetta, seront prolongées et achevées des années plus tard chez d'autres éditeurs.

Le travail pour les éditeurs américains

DC Comics
Swamp Thing

Au début de l'année 1983, Len Wein, de DC Comics, qui a remarqué le travail de Moore en Grande-Bretagne, l'appelle et lui demande d'écrire des scénarios pour sa création Swamp Thing, alors l'un des titres de DC qui se vend le moins42. Cette série raconte l'histoire d'Alec Holland, un chercheur qui, au cours de l'une de ses expériences, est victime d'une explosion. Tombé dans un marais, une réaction chimique le transforme en Swamp Thing, un être mi-homme, mi-plante. Il décide alors de partir en quête de son humanité perdue43.

Moore, travaillant avec les dessinateurs Stephen Bissette, Rick Veitch et John Totleben, déconstruit puis reconstruit entièrement les personnages, en écrivant des histoires à la forme expérimentale qui délaissent parfois l'horreur et le fantastique pour un discours environnemental, politique ou social44. On entend beaucoup parler des méthodes de travail de l'auteur qui, afin de mieux comprendre les personnages et de rendre parfaitement les atmosphères, se documente énormément sur la culture de la Louisiane et se met à écouter de la musique cadienne.[réf. nécessaire]

Le succès de la série, à la fois critique et commercial, permet à ses auteurs de porter l'expérimentation toujours plus loin et de repousser les limites des comics. Ce qui débouche sur un conflit avec la Comics Code Authorithy (CCA), chargée de garantir, grâce à un cachet d'approbation apposé sur la couverture, des comics sans contenu subversif. Des thématiques telles que l'inceste ou la nécrophilie conduise la CCA à refuser de donner son approbation à partir de l'épisode no  31. Swamp Thing devient donc le premier comics à être publié sans le cachet de la CCA, remplacé par un bandeau portant la mention "Suspense Sophistiqué"44.

Moore, dont les idées pour ce personnage sont épuisées, démissionne de la série en 1987, au numéro 64. En quatre années de travail, il a fait passer les ventes de 17 000 à 100 000 exemplaires et a remporté de nombreuses récompenses45.

Après le succès de Swamp Thing , Alan Moore se voit confier d'autres travaux par DC Comics. Ainsi, il écrit des histoires courtes de Green Arrow (dans Detective Comics) et d'Omega Men, d'autres dans Vigilante et quelques Batman (dont Batman: The Killing Joke, album réalisé avec Brian Bolland) et Superman (dont Whatever Happened to the Man of Tomorrow?).

Watchmen

Alan Moore établit définitivement sa réputation avec la maxi-série Watchmen, publiée de à . Imaginant ce qu'aurait été le monde si les super-héros avaient réellement existé depuis les années 1940, Moore et le dessinateur Dave Gibbons dépeignent une Amérique craignant une guerre nucléaire dans le contexte de la Guerre froide. Les super-héros doivent alors travailler pour le gouvernement du pays ou se voir déclarés hors-la-loi. Névrosés, amoraux, sexuellement perturbés, mégalomanes, ils se montrent avant tout humains46.

L'intrigue n'est pas développée de façon linéaire et la narration dépend de plusieurs points de vue. Moore insère une multitude de détails au cœur du récit et utilise la technique de la mise en abyme (notamment Les Contes du Vaisseau Noir, une bande-dessinée incluse dans la bande-dessinée) offrant ainsi à son œuvre une richesse et une texture rarement atteintes. Le scénario présente ainsi un entremêlement d'histoires, de vies et de destins et multiplie les connexions renvoyant fréquemment le lecteur à des événements du passé qui peu à peu éclairent la situation. Enfin, le scénariste inclut dans son histoire des éléments philosophiques (questions de la prédestination, de la morale, de libre arbitre, etc.), phénomène inédit dans l'univers des super-héros47.

Watchmen connait un succès retentissant et phénoménal. Il revitalise le genre et initie un nouveau genre de bande-dessinée (roman graphique), tout comme à la même époque Frank Miller (The Dark Knight Returns) et, dans un autre registre, Art Spiegelman (Maus) et les frères Gilbert et Jaime Hernandez (Love and Rockets). Il obtient de nombreuses récompenses dont le prix Hugo du meilleur roman de science-fiction, en 1988 (seul comic-book à l'avoir remporté)48 et le prix du meilleur album étranger à Angoulême, en 198949.

Moore est acclamé pour son travail. Il devient de plus en plus courtisé par les médias pour lesquels il enchaîne les interviews. Très sollicité, il se met à éviter les festivals de BD dans lesquels il déclenche des émeutes et où ses admirateurs le harcèlent jusqu'aux toilettes50,51.

Rupture avec DC Comics

Moore travaille pour DC Comics sur Twilight or the Superheroes, un cross-over réunissant presque tous les super-héros DC. Mais cette œuvre ne verra jamais le jour car le scénariste cesse toute collaboration avec la maison d'édition52.

Les causes de cette rupture sont multiples. D'abord, Moore est mécontent des royalties sur les produits dérivés de Watchmen. Lui et Gibbons, qui ne possèdent pas les personnages qu'ils ont créés, n'ont en effet rien reçu sur le produit de la vente de badges en édition limitée qui représentaient personnages et scènes de la série, car l'éditeur considère qu'il s'agit d'articles promotionnels. Ensuite, le scénariste juge insuffisants les revenus provenant de la réédition de certaines de ses œuvres. En outre, la volonté de DC de mettre en place un système de classement des comics en fonction de l'âge du public tend encore plus les rapports. Enfin, DC menace de confier les personnages de Watchmen à d'autres auteurs si Moore et Gibbons quittent l'éditeur. Elle finit de convaincre Moore de partir53.

Éditeurs indépendants et rééditions

Parallèlement à son travail chez DC Comics, Alan Moore publie certains travaux chez des éditeurs indépendants. Ainsi, en 1985, il participe à American Flagg!, une série policière futuriste créée par Howard Chaykin. Il publie également L'Énigme du refus récalcitrant dans la série Mr. Monster de Michael T. Gilbert. L'année suivante, paraît In Pictopia ! dans Anything Goes !, l'anthologie caritative de Fantagraphics. Ce strip, dessiné par Donald Simpson, décrit une ville où chaque habitant est un personnage de bande-dessinée54.

Par ailleurs, plusieurs éditeurs indépendants rééditent certains de ses premier travaux. C'est le cas, entre autres, de The Bojeffries Saga par Upshot Comics de Fantagraphics, de D.R. & Quinch par Eagle Comics ou encore de Marvelman (rebaptisé Miracleman, car Marvel se plaignait d'une possible confusion avec son nom) par Eclipse Comics55. Moore achève d'ailleurs l'histoire (avec Chuck Austen, Rick Veitch et John Totleben) avant de transmettre l'œuvre à Neil Gaiman (scénario) et Mark Buckingham (dessin)56.

La période indépendante

À la fin des années 1980, Moore reçoit des propositions de toute part, que ce soit pour la bande-dessinée ou pour d'autres médias. Il choisit de se consacrer à la réalisation de nouveaux comics plus innovants et plus expérimentaux57.

Ainsi, en 1988, il participe à Taboo, une anthologie de comics créée par Stephen Bissette. Pour le premier numéro, il fournit un strip intitulé Come On Down, qui est une parodie des jeux télévisés. La même année, il travaille sur Brought to Light, une histoire sur les opérations secrètes de la CIA, avec le dessinateur Bill Sienkiewicz, chez Eclipse Comics57.

La même année, il crée sa propre maison d'édition, Mad Love, chez laquelle il publie l'anthologie AARGH! (Artists Against Rampant Government Homophobia) (Artistes opposés à l'homophobie gouvernementale rampante), dont le but est de lutter contre la politique anti-homosexuelle du gouvernement conservateur alors au pouvoir. À l'époque, Alan Moore et sa femme vivent avec une troisième partenaire, Deborah Delano. Tous les trois sont scandalisés par la clause 28 qui interdit aux autorités locales de promouvoir l'homosexualité57,58. Pour cette anthologie, Moore écrit un poème intitulé Le Miroir de l'amour qui décrit l'histoire de l'homosexualité depuis la nuit des temps jusqu'à la crise du SIDA. Cette œuvre est sublimée l'année suivante par l'artiste espagnol José Villarrubia qui réalise une série de photos illustrant chaque strophe59.

Toujours en 1988, Alan Moore commence à travailler sur From Hell, une bande-dessinée consacrée à Jack l'Éventreur, appuyé par le dessinateur Eddie Campbell. L'intrigue repose en partie sur la théorie de Stephen Knight selon laquelle les assassinats faisaient partie d'une conspiration maçonnique pour dissimuler la naissance d'un enfant illégitime de la famille royale. Elle s'attarde principalement sur les motivations du tueur et la dimension mythique des crimes. C'est également l'occasion de dépeindre la société victorienne (tensions sociales et lutte des classes)60 et de mener une réflexion sur la position de la femme dans la société occidentale.[réf. nécessaire]

Les six premiers chapitres de la série sont publiés, entre 1989 et 1992, dans Taboo no 2 à 7. Mais l'anthologie de Bissette rencontrant d'importantes difficultés notamment économiques, elle est stoppée après le septième numéro. La publication de From Hell se poursuit en 1993 à partir du numéro 3 sous le label Kitchen Sink jusqu'au dernier numéro, en 1996. L'ensemble de l'œuvre fait l'objet d'une publication en 2000 sur le label Eddie Campbell Comics61.

From Hell obtient le grand prix de la critique à Angoulême en 2001 et fait l'objet d'une adaptation cinématographique la même année62.

En 1990, il commence la publication de Big Numbers chez Mad Love. Réalisée avec Bill Sienkiewicz, cette bande-dessinée, prévue pour 12 épisodes, apparaît très ambitieuse et éloignée des standards du médium. Le récit, qui met en scène 40 personnages, prend place dans la Grande-Bretagne des années 1990 et se base sur la théorie du chaos et les découvertes mathématiques de Benoît Mandelbrot. Bill Sienkiewicz illustre les deux premiers épisodes dans un style peint intense mais, ne pouvant plus suivre le rythme de travail, il abandonne le projet et passe le relais à son assistant Al Columbia. Mais l'épisode dessiné par ce dernier n'a jamais été édité et, entre-temps, Mad Love fait faillite63. C'est également à cette période que le mariage de Moore avec Phyllis prend fin. Celle-ci déménage dans le nord du Royaume-Uni avec Deborah, leur troisième partenaire, et emmène leurs deux enfants, Leah et Amber64.

En 1991, il publie A Small Killing chez l'éditeur britannique Victor Gollancz Ltd, un roman graphique dessiné par Oscar Zárate. Cette bande-dessinée raconte l'histoire de Timothy Hole, un publicitaire idéaliste hanté par les erreurs de son passé. En quête de rédemption, il décide d'affronter son passé douloureux. Cette bande-dessinée, passée inaperçue, est considérée par Moore comme une œuvre « définitivement adulte » et figure, selon lui, parmi ces meilleurs travaux, « l'un des plus beaux livres » sur lequel il a travaillé65.

Lost Girls, réalisé avec Melinda Gebbie (sa future femme), est une bande-dessinée pornographique mettant en scène trois personnages féminins issus de la littérature populaire enfantine : Alice des Aventures d'Alice au pays des merveilles, Wendy de Peter Pan et Dorothy du Magicien d'Oz. L'histoire, qui se déroule avant la première Guerre mondiale, cherche à décoder les sous-entendus sexuels dans chacune de ces œuvres et extrapole le développement de la sexualité chez les trois héroïnes. Très osée et très provocante, notamment par la représentation d'actes sexuels explicites, la bande-dessinée n'en est pas moins placée sous le signe de l'émotion et de la psychologie, attirant de ce fait un public relativement féminin66.

À l'instar de From Hell, la publication de Lost Girls est chaotique : cinq épisodes sont publiés dans Taboo avant l'effondrement de l'anthologie ; Kitchen Sink réédite ces épisodes deux ans plus tard, complétés par deux nouveaux épisodes avant sa chute ; en 2006, Top Shelf décide de publier toute la série en trois volumes, puis en un seul, en 200966.

Lost Girls reçoit un très bon accueil. 35 000 exemplaires sont vendus la première année67. La série connaît quelques problèmes dans certains états américains où les populations conservatrices crient à la pédopornographie.[réf. nécessaire]

Retour dans le monde des super-héros

Image Comics et Awesome Entertainment

Au début des années 1990, pendant l'écriture de From Hell et de Lost Girls, Alan Moore est un peu dans le creux de la vague et connait des difficultés éditoriales et financières. Il est alors contacté par Stephen Bissette qui l'invite à se joindre à Image Comics, une maison d'édition indépendante créée par des dessinateurs vedettes telles que Todd McFarlane, Jim Lee ou Jim Valentino et qui rencontre alors un succès important. D'abord peu enthousiaste, Moore voit dans sa participation l'occasion d'une « vengeance puérile » à l'égard de Marvel et DC Comics et l'opportunité de défendre l'indépendance des auteurs (dont la rémunération est bien plus équitable que chez les gros éditeurs)68.

Moore crée d'abord une série originale avec Bissette et Rick Veitch intitulée 1963. Écrit en réaction contre la perte d'innocence des super-héros, ce comic book parodie les premières publications de Marvel, parues au début des années 1960. Le scénariste écrit selon les caractéristiques de cette période : sexisme, anti-communisme outrancier, qui apparaissent très datées à l'époque. Ce comic comporte aussi une satire des éditoriaux auto-hagiographiques et pompeux qu'écrivait alors Stan Lee pour Marvel69.

Après 1993, Moore travaille sur Spawn de Todd McFarlane70, WildCATS de Jim Lee71 et quelques titres de Rob Liefeld comme Supreme72 (un pseudo-Superman), Youngblood73 et Glory73 permettant à des séries aux personnages peu développés de devenir plus intéressantes.

America's Best Comics (ABC)

Après la fin d'Awesome Entertainment, Moore crée la collection America's Best Comics, un ensemble de nouveaux personnages publiés par Wildstorm, la maison éditoriale de Jim Lee. Cependant, juste avant que les premiers titres ne paraissent, Lee vend Wildstorm à DC Comics. Moore, qui s'était juré de ne plus travailler pour DC envisage de tout arrêter. Cependant, Jim Lee et Scott Dunbier, responsable éditorial chez WildStorm parviennent à le convaincre de continuer. En partie parce que WildStorm servira d'intermédiaire entre la maison d'édition et le scénariste et que de cette façon, celui-ci est assuré qu'aucune entrave de la part de l'éditeur américain ne sera fait à son travail74.

La collection ABC comprend :

Nouveaux conflits avec DC et Marvel Comics

Alan Moore est contrarié d'être de nouveau placé dans le giron de DC Comics après le rachat de Wildstorm. Wildstorm tente de le protéger de DC, par une sorte de « pare-feu éditorial ». Cependant, divers événements contribuent à l'irritation de Moore. La Ligue de Gentlemen Extraordinaires # 5 contenait une ancienne publicité authentique pour une poire à douche vaginale Marvel. Paul Levitz, le directeur éditorial de DC, fait détruire tout le stock puis le fait réimprimer sans la publicité79.

Moore est encore plus irrité lorsque Paul Levitz décide de ne pas publier une histoire de Cobweb à paraître dans Tomorrow Stories # 8 car elle contenait des références à L. Ron Hubbard, Jack Parsons et au « Babalon Working ». DC craint en effet un procès de la part des Scientologues, réputés pour leur caractère procédurier.

En 2002, Joe Quesada, rédacteur en chef de Marvel Comics réussit à persuader Moore de travailler de nouveau pour Marvel, lui jurant que l'éditeur avait changé et que les problèmes qu'il avait eu précédemment (Marvel US avait réédité des strips de Moore parus dans Doctor Who Weekly sans sa permission) ne se reproduiraient jamais. Moore accepte donc la parution d'une édition collector de Captain Britain. Hélas, son nom ne figure pas dans les crédits à la suite d'une erreur de composition et il décide, malgré les plates excuses de Quesada, de ne plus jamais travailler pour Marvel.

Alan Moore en dédicace, en 2006.

Retour vers l'indépendance

En 2003, Alan Moore annonce se retirer du monde des comics grand public. Il souhaite diminuer sa cadence de travail et se consacrer pleinement à d'autres projets dans des domaines aussi variés que la magie, la musique, la peinture, etc. De plus, les différentes interventions de DC Comics dans son travail l'ont épuisé. Le 32e épisode de Promethea, qui paraît en , conclut l'univers ABC et signe le retrait du scénariste80.

En 2006, James McTeigue réalise l'adaptation de V pour Vendetta, sur un scénario des sœurs Wachowski. En 2009, c'est au tour de Watchmen d'être adapté sur grand écran par Zack Snyder, un premier projet d'adaptation par Terry Gilliam ayant été abandonné par le producteur Joel Silver. Ces adaptations hollywoodiennes ont finalement peu à voir avec les œuvres originales de Moore à tel point que celui-ci refuse même de toucher des droits dessus. Il accorde peu de crédit au cinéma qui, en raison du nombre d'intervenants qu'il requiert, ne lui semble pas permettre la même liberté d'expression que l'écriture.

En 2010, il publie Neonomicon chez Avatar Press avec Jacen Burrows au dessin. Cette bande-dessinée est une suite de The Courtyard, un texte de Moore publié en 1994 et qui est basé sur des poèmes de H.P. Lovecraft81.

De 2009 à 2011, Moore parraine la revue underground Dodgem Comics. Les huit numéros sont publiés et distribués par Tony Bennett de Knockabout Comics, un proche de Moore. Ils contiennent divers textes et illustrations d'artistes de Northampton ou d'amis de Moore (Melinda Gebbie, Kevin Nowlan...), ainsi que de nombreux textes de Moore lui-même y compris, à chaque livraison, l'éditorial. Le 2e numéro, en , contenait en encart le premier comic-book (huit pages) entièrement écrit et dessiné par Alan Moore, Astounding weird penises82.

Après avoir publié le volumineux roman Jerusalem en 2016, il souhaite écrire un dernier volume de La Ligue des gentlemen extraordinaires, puis quitter la bande dessinée qu'il estime s'être embourgeoisée83,84.

Nommé pour l'attribution du grand prix de la ville d'Angoulême 2017, Alan Moore figurait, à l'issue du premier tour, parmi les trois auteurs plébiscités et bien qu'il soit « heureux et fier de cet honneur », il fit savoir aux organisateurs qu'il ne souhaitait plus participer à la vie publique de la bande dessinée ou recevoir de prix.

Travaux dans d'autres médias

Moore a écrit La Voix du feu, recueil de nouvelles relatant l'histoire de Northampton de l'âge du bronze à nos jours. Publié en 1996, le roman est un succès critique mais pas commercial. Le second roman de Moore, Jerusalem, se déroule lui aussi dans Northampton, mais en se limitant uniquement aux Boroughs, le quartier où il a grandi85. Alan Moore affirme en interview que ce roman est une célébration des valeurs de la classe ouvrière dont il se revendique86.

Il a écrit un scénario de film qui n'a jamais été adapté, Fashion Beast, d'après La Belle et la Bête de Jean Cocteau et la vie du créateur de mode Christian Dior. Ce scénario avait été commandé par Malcolm McLaren87,88. Il a également écrit le scénario de Show Pieces, une série de courts-métrages réalisés par Mitch Jenkins89.

Il s'est plusieurs fois essayé à la musique, formant avec David J (le bassiste de Bauhaus) et Max Akropolis (sous le pseudonyme de Translucia Baboon) le groupe The Sinister Ducks, qui a sorti un single, March of the Sinister Ducks (pochette réalisée par Kevin O'Neill). Moore et David J ont sorti un single incluant un enregistrement de Vicious Cabaret, chanson présente dans V for Vendetta. Il s'est aussi produit avec le groupe de Northampton Emperors of Ice Cream90.

Moore pratique la magie, gnostique depuis le milieu des années 1990. Il est également membre d'un groupe d'art performance, « The Moon and Serpent Grand Egyptian Theatre of Marvels », dont certaines pièces ont été enregistrées sur CD91 et deux, The Birth Caul92. et Snakes and Ladders, adaptées en bande dessinée par Eddie Campbell93.

Vie privée

Famille

Alan Moore rencontre sa première femme, Phyllis Dixon, à l'âge de 20 ans après une séance de lecture de poésie au sein du Groupe d'Arts de Northampton. Tous deux commencent à se fréquenter et emménagent rapidement ensemble dans un studio situé dans Queen's Park Parade21. Ils se marient tous les deux en 1975 et déménagent dans un deux pièces sur Colwyn Road23. Phyllis tombe enceinte en 197723 et accouche en de Léah26. En 1982, le couple a une deuxième fille prénommée Amber39. Dans la seconde moitié des années 1980, Alan et sa femme ont une troisième partenaire, Deborah Delano. En 1990, le mariage de Moore avec Phyllis prend fin. Celle-ci déménage dans le nord du Royaume-Uni avec Deborah et emmène leurs deux enfants, Leah et Amber64.

Alan Moore se marie avec Melinda Gebbie le 94.

Politique

Anarchiste attaché à la classe ouvrière, il déplore aussi l'évolution du Parti travailliste sous Tony Blair : « J'ai haï madame Thatcher, mais j'ai haï encore davantage Tony Blair, surtout parce qu'il a séparé le Parti travailliste de son engagement à respecter « la Clause IV », qui le liait au socialisme. (...) il y a eu ce fameux discours où il déclarait benoîtement : « nous faisons tous partie de la classe moyenne à présent, n'est-ce pas ? » Eh bien, non, Tony, ce n'est pas le cas83. »

Magie et occultisme

L'intérêt de Moore pour la magie est réellement apparue lors de la création de la bande dessinée From Hell. En effet, dans l'une des scènes de l'ouvrage, le Dr. Gull déclare : « L'unique endroit où les dieux existent sans aucun doute est dans nos esprits où ils sont incontestablement vrais dans toute leur grandeur et leur monstruosité »95.

En 1993, le scénariste décide de devenir magicien. L'année suivante, au cours d'un rituel avec Steve Moore, il connaît sa « première expérience de magie authentique » au cours de laquelle il prétend avoir été en contact avec un dieu-serpent romain du IIe siècle nommé Glycon. Il adopte cette divinité alors même qu'il découvre qu'il s'agit en réalité d'un canular élaboré par Alexandre le Faux, un prophète des Balkans : « si je dois avoir un dieu, j'aime autant que ce soit un canular »95. Il prétend avoir rencontré, au total, quatre dieux et deux autres types d'entités96..

Pour Moore, la magie fait partie intégrante du processus de création. Elle se rapproche de l'art et l'art, sous toutes ses formes, se rapproche de la magie. Le langage et l'écriture et, de façon plus globale, toute forme de communication, permettant de développer des idées complexes, est un acte magique96.

Analyse de l'œuvre

Méthode de travail

Alan Moore planifie à l'avance et de façon très précise ses scripts, découpant les intrigues page par page97. Ainsi, pour Big Numbers, il avait écrit le synopsis entier sur une feuille A1 sous la forme d'un tableau : 12 colonnes pour les épisodes et 48 lignes pour les personnages. Dans chacune des cases, il avait noté précisément ce que chaque personnage faisait dans chaque épisode98.

De même, les scripts qu'il fournissait aux différents dessinateurs avec qui il a travaillé étaient généralement très fournis en détail. Moore explique que cela remonte certainement à l'époque où il écrivait pour 2000 AD : « il arrivait souvent que j'ignore qui allait dessiner le strip. Je devais écrire un scénario à l'épreuve de toute incompréhension. Je mettais tous les détails qui me venaient à l'esprit et j'essayais de rendre ça aussi intéressant (...) que possible »99. Moore écrit ses scripts souvent sous forme de cases en dessinant des croquis avec des petits bonshommes bâtons et le tout annoté de façon très anarchique100..

Pour la rédaction des comics, Moore s'impose une limite de mots par vignette à ne pas dépasser. C'était un moyen pour lui d'avoir une écriture beaucoup plus précise, qui se concentre uniquement sur les éléments les plus importants97.

Moore insiste aussi sur l'importance du processus collaboratif entre le scénariste et son dessinateur. L'œuvre résultant de cette collaboration doit apparaître comme le résultat d'un auteur unique. Moore reconnaît d'ailleurs que de toutes les capacités dont il se sert, c'est probablement son don pour la collaboration qui est le plus important et le plus utile100.

Enfin, la consommation de drogues entre pleinement dans le processus créatif de Moore. Il reconnaît consommer une énorme quantité de hash quotidiennement, lui apportant ainsi un plus dans son travail. Toutefois, le scénariste demeure lucide sur le caractère dangereux des drogues et estime être sauvé car il n'en prend jamais dans un but purement récréatif101.

Thèmes récurrents

Liste des œuvres

Œuvres en anglais

Bandes dessinées

Ses premiers travaux, publiés en Angleterre
DC Comics
  • Watchmen, avec Dave Gibbons (Dessin), 1987. Prépublié en 12 fascicules (1986-1987).
  • Swamp Thing, avec Stephen R. Bissette, Rick Veitch, etc. (dessin), numéros 20-58, 60-61, 63-64 et Annual #2 (1983-1987). Repris en 6 volumes :
    • Saga of the Swamp Thing, 1987 (reprend 21-27)
    • Swamp Thing: Love and Death, 1990 (reprend 28-34 & Annual 2)
    • Swamp Thing: The Curse, 2000 (reprend 35-42)
    • Swamp Thing: A Murder of Crows, 2001 (reprend 43-50)
    • Swamp Thing: Earth to Earth, 2002 (reprend 51-56)
    • Swamp Thing: Reunion, 2003 (reprend 57-61, 63 et 64)
    • L'histoire du numéro 20 n'a été rééditée que dans l'édition reliée.
  • V pour Vendetta, avec David Lloyd (dessin), 1995. Deux premiers chapitres prépubliés dans Warrior 1-26 (1982-1985), puis le tout en dix fascicules de 1988 à 1989 par DC Comics.
  • This is Information, 9/11: Artists Respond, avec Melinda Gebbie (dessin), 2002.
  • DC Universe: The Stories of Alan Moore, 2006. Reprend diverses histories parues dans des publications DC Comics. Contient :
  • Albion (en), avec Leah Moore & John Reppion (scénario), Dave Gibbons (couvertures), Shane Oakley et George Freeman (dessin), 2005, 6 numéros. (Publié par WildStorm)
  • Alan Moore: Wild Worlds, collection d'histoires écrites pour Wildstorm, 2007
Image Comics
  • 1963, avec Stephen R. Bissette, Rick Veitch, etc. (dessin), 1986, 6 fascicules.
  • Glory, 4 numéros.
  • Judgement Day.
  • Spawn, avec Todd McFarlane (dessin), numéros 8, 32, 37.
  • Spawn/WildC.A.T.S 4 numéros. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007
  • Supreme, avec Joe Bennett, Rick Veitch, Keith Giffen, Dan Jurgens, Stephen Platt, Chris Sprouse, etc. (dessin), numéros 41-56, 1996-1998.
  • Supreme: the Return, avec Chris Sprouse, Rick Veitch, etc. (dessin), numéros 1-6, 1999-2000. Repris en deux tomes par Checker Books (The Story of the Year etThe Return).
  • Violator 3 numéros.
  • Violator vs. Badrock 4 numéros.
  • Voodoo: Dancing in the Dark 4 numéros. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007
  • WildCATS, avec Travis Charest (dessin), numéros 21-34 et 50, 1995-1998. Numéros 21-34 repris dans deux tomes : Gang War et Homecoming, numéro 50 repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007.
  • Wildstorm Spotlight numéro 1 : Mister Majestic. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007
  • Un épisode de The Maxx de Sam Kieth.
  • Deathblow By Blows 3 numéros, 1999. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007
America's Best Comics
Auto-édition et éditeurs divers

Romans et livres illustrés

Discographie

  • March of the Sinister Ducks, single des The Sinister Ducks, 1983.

À partir de 1996, les CD sont des enregistrements de pièces de théâtre réalisées avec son groupe d'art performance.

  • The Birth Caul, D.O.R., 1996.
  • The Moon and Serpent Grand Egyptian Theatre of Marvels, Cleopatra, 1996.
  • Brought to Light, Codex Books, 1998.
  • The Highbury Working, RE, 2000.
  • Angel Passage, RE, 2002.
  • Snakes and Ladders, RE, 2003.

Œuvres traduites en français

Bandes dessinées

  1. Le Comédien, 1987
  2. Dr Manhattan, 1987
  3. Rorschach, 1988
  4. Le Hibou, 1988
  5. Laurie, 1988
  6. Ozymandias, 1988
Publication d'une intégrale en deux volumes en 1992. Publication d'une intégrale en un volume en 1998, chez Delcourt.
Bon anniversaire, 1988
Souriez !, 1989. Réédité en 2000 par Delcourt sous le titre Rire et mourir, puis en 2009 chez Panini sous le titre original, "The killing joke".
  1. Visages, 1989
  2. Vérités, 1989
  3. La valse du vice, 1989
  4. Valérie, 1989
  5. Voyages, 1989
  6. Victoria, 1990
Intégrale, Delcourt, 1999.
  1. Tome 4, avec Todd McFarlane, 1995
  2. Tome 19, avec Greg Capullo, 1997
  1. Racines, avec John Totleben (dessin) et Stephen Bissette (encrage), 1998
  2. Invitation à la peur, avec Shawn McManus, 1999

Puis Delcourt réédite Swamp Thing sous forme d'intégrale 2. Amour & Mort, avec John Totleben (dessin) et Stephen Bissette (encrage), 2004 3. La Malédiction, avec John Totleben (dessin) et Stephen Bissette (encrage), 2005

  1. Tome 1, 1998
  2. Tome 2, 1999
  1. Tome 1, 1998
  2. Tome 2, 1998
  3. Tome 3, 2000
  4. Tome 4, 2000
Réédition intégrale sous le titre L'Âge d'or, Delcourt, 2003.
  1. Tome 1 avec Gene Ha, 2000
  2. Tome 2 avec Gene Ha, 2001
  3. Tome 3 avec Gene Ha, 2002
  4. Tome 4 avec Zander Cannon, 2004
  1. Les origines
  2. Le retour de Modular Man
  3. Les aztèques
  4. [Sans titre]
Intégrale en deux volumes, Semic, 2000-2001.
  1. Tome 1 (Semic, 2000) : épisodes #1-4
  2. Tome 2 (Semic, 2001) : épisodes #5-8 et America's Best Comics Giant
  3. Tome 3 (Semic, 2002) : épisodes #9-12
  4. Tome 4 (Panini Comics, 2007) : épisodes #13-18
  5. Tome 5 (Panini Comics, 2008) : épisodes #19-23
  6. Tome 6 (Panini Comics, 2008) : épisodes #24-28
  7. Tome 7 (Panini Comics, 2010) : épisodes #29-32
  1. Tome 1, 2001
  2. Tome 2, 2001. Ces deux tomes repris dans une intégrale, 2001.
  3. Tome 3, 2003
  4. Tome 4, 2003. Les tomes 3-4 repris dans une intégrale, 2004.
  5. Volume 3 : Century, 2010-2012
  6. Trilogie de Nemo, 2013-
  1. Tome 1, 2015
  1. Tome 1 : La Peur qui rôde, 2016
  2. Tome 2 : L'Abîme du temps, 2016
  3. Tome 3 : L'Indicible, 2017
  4. Intégrale (tomes 1 à 3), 2018

Romans et nouvelles

Adaptations de travaux de Moore

Bande dessinée

  • The Birth Caul, Eddie Campbell Comics, 1999. Adaptation d'une représentation par Eddie Campbell. Trad. La Coiffe de naissance, éditions Çà et là, 2013. Traduit par Jean-Paul Jennequin.
  • Snakes and Ladders, Eddie Campbell Comics, 2001. Adaptation d'une représentation par Eddie Campbell. Trad. Serpents et échelles, éditions Çà et là, 2014. Traduit par Jean-Paul Jennequin.
  • Alan Moore's Magic Words, Avatar Press, 2002. Paroles de chansons, poèmes et autres écrits d'Alan Moore adaptés par divers artistes sous une couverture de Juan José Ryp.
  • Another Suburban Romance, Avatar Press, 2003. Pièce adaptée par Antony Johnston et Juan José Ryp.
  • Alan Moore's The Courtyard, Avatar Press, 2003. Nouvelle adaptée par Antony Johnston et Jacen Burrows.
  • A Hypothetical Lizard, Avatar Press, 2003. Nouvelle adaptée par Antony Johnston, Lorenzo Lorente et Sebastian Fiumara.

Cinéma

Liste des films

Réactions aux adaptations cinématographiques de ses œuvres

Les adaptations cinématographiques des œuvres de Moore ont été sujettes à controverses. Pour From Hell et La Ligue des gentlemen extraordinaires, il avait décidé de ne pas intervenir du tout, afin qu'aucune confusion ne puisse être faite entre la bande dessinée et le produit cinématographique. Moore admet qu'un tel raisonnement était plutôt naïf103.

Les ennuis commencent lorsque Martin Poll (le producteur) et Larry Cohen (le storyboarder) engagent des poursuites contre la 20th Century Fox, prétendant que le film La Ligue des gentlemen extraordinaires plagie leur script intitulé A Cast of Characters qui met également en scène des personnages issus de la littérature victorienne. Malgré les similitudes entre les deux scripts, la plupart des éléments du film final, ajoutés pour lui, ne figuraient pas dans les planches de Moore. Selon ce dernier, les deux accusateurs « semblaient croire que les dirigeants de la 20th Century Fox l'avaient appelé et persuadé de voler leur story-board, puis d'en faire une bande dessinée qu'ils pourraient alors adapter en film, afin de dissimuler le vol initial »104. L'auteur vit très difficilement le procès, estimant qu'il aurait mieux été traité s'il avait « violé puis tué un car entier d'enfants handicapés mentaux après les avoir drogués à l'héroïne ».

Moore décide alors de se séparer totalement du monde du cinéma. Pour les œuvres dont il ne détient pas seul les droits, il décide de ne plus faire apparaître son nom au générique et de ne percevoir aucun paiement. Ce choix s'est appliqué à Constantine, V pour Vendetta et Watchmen105.

« Ce sont des films idiots, sans la moindre qualité, une insulte à tous les réalisateurs qui ont fait du cinéma ce qu'il est, des magiciens qui n'avaient pas besoin d'effets spéciaux et d'images informatiques pour suggérer l'invisible. Je refuse que mon nom serve à cautionner d'une quelconque manière ces entreprises obscènes, où l'on dépense l'équivalent du PNB d'un pays en voie de développement pour permettre à des ados ayant du mal à lire de passer deux heures de leur vie blasée. La majorité de la production est minable, quel que soit le support. Il y a des films merdiques, des disques merdiques, et des BD merdiques. La seule différence, c'est que si je fais une BD merdique, cela ne coûte pas cent millions de dollars. »

— Alan Moore, entretien dans la revue D-Side n°29 juillet-août 2005

Impact des adaptations cinématographiques sur les mouvements sociaux

Bien qu'Alan Moore n'aime pas les adaptations cinématographiques de ses œuvres, celles-ci connaissent du succès auprès du public, et leur sous-texte politique et social fait qu'elles sont parfois reprises dans l'iconographie des mouvements sociaux. Ainsi, le masque de Guy Fawkes, popularisé par le film V pour Vendetta, est devenu le symbole du mouvement cyberactiviste Anonymous, et peut être régulièrement vu dans de nombreuses manifestations106. Tandis que de manière plus indirecte, durant la vague de manifestations dans de nombreux pays en octobre 2019, le maquillage de la version « Joaquin Phoenix » du Joker tirée du film de 2019 de Todd Phillips, qui n'est pas une adaptation directe d'un comic en particulier, mais qui est fortement inspiré de l'aspect psychologique et social du Joker que Moore a dépeint dans The Killing Joke, est devenu un symbole de contestation dans plusieurs de ces manifestations, notamment celles au Chili et au Liban106.

Télévision

  • L'épisode « For the Man Who Has Everything" » de La Nouvelle Ligue des justiciers (Justice League Unlimited) est tiré de l'histoire du même nom de l'histoire de Moore parue dans Superman Annual.

Prix et récompenses

  • 1985 :
  • 1986 : Prix Jack-Kirby de la meilleure série (avec Stephen Bissette et John Totleben) et du meilleur scénariste pour Swamp Thing ; de la meilleure nouvelle série pour Miracleman (avec divers auteurs)
  • 1987 : Prix Jack-Kirby de la meilleure série pour Swamp Thing (avec Stephen Bissette et John Totleben) ; de la meilleure nouvelle série, de la meilleure mini-série, des meilleurs auteurs (avec Dave Gibbons) et du meilleur scénariste pour Watchmen
  • 1988 :
    • Prix Hugo pour Watchmen (avec Dave Gibbons)
    • Prix Eisner du meilleur album, des meilleurs auteurs, de la meilleure mini-série (avec Dave Gibbons) et du meilleur scénariste pour Watchmen
    • Prix Harvey de la meilleure série, du meilleur album, de l'excellence dans la production (tous trois avec Dave Gibbons) et du meilleur scénariste pour Watchmen ; du meilleur épisode pour Watchmen no 9 (avec Dave Gibbons)
    • Prix Haxtur de la meilleure histoire longue pour Watchmen (avec Dave Gibbons)
  • 1989 :
  • 1990 :
  • 1992 : Prix Urhunden du meilleur album étranger pour Watchmen (avec Dave Gibbons)
  • 1993 : Prix Eisner de la meilleure histoire à suivre pour From Hell (avec Eddie Campbell)
  • 1994 : Prix Eisner du meilleur album pour Petits Meurtres (avec Oscar Zárate)
  • 1995 :
    • Prix Eisner du meilleur scénariste pour From Hell
    • Prix Harvey de la meilleure série pour From Hell (avec Eddie Campbell)
  • 1996 :
    • Prix Eisner du meilleur scénariste pour From Hell
    • Prix Harvey du meilleur scénariste pour From Hell
  • 1997 :
    • Prix Eisner du meilleur scénariste pour From Hell et Supreme
    • Prix Harvey du meilleur scénariste pour From Hell
    • Prix Ignatz de la meilleure histoire pour From Hell (avec Eddie Campbell)
  • 1999 : Prix Harvey du meilleur scénariste pour l'ensemble de ses travaux
  • 2000 :
    • Prix Eisner (avec Al Gordon et Chris Sprouse) du meilleur numéro (Best Single Issue) pour Tom Strong no 1 : How Tom Strong Got Started et de la meilleure histoire à suivre pour Tom Strong no 4-7 ; de la meilleure nouvelle série pour Top 10 (avec Gene Ha et Zander Cannon) ; de la meilleure anthologie pour Tomorrow Stories (avec Rick Veitch, Kevin Nowlan, Melinda Gebbie et Jim Baikie) ; du meilleur recueil pour From Hell (avec Eddie Campbell) ; du meilleur scénariste pour La Ligue des gentlemen extraordinaires, Promethea, Top 10, Tom Strong et Tomorrow Stories
    • Prix Harvey du meilleur scénariste pour La Ligue des gentlemen extraordinaires ; du meilleur album reprenant des travaux auparavant publiés pour From Hell (avec Eddie Campbell)
    • Prix Ignatz du meilleur roman graphique ou recueil pour From Hell (avec Eddie Campbell)
    • Prix Max et Moritz du meilleur scénariste international
    • Prix Adamson du meilleur auteur international pour l'ensemble de son œuvre
  • 2001 :
  • 2002 : Prix Micheluzzi de la meilleure bande dessinée pour From Hell (avec Eddie Cambpell)
  • 2003 :
    • Prix Eisner de la meilleure mini-série pour La Ligue des gentlemen extraordinaires vol. II (avec Kevin O'Neill)
    • Prix Harvey du meilleur scénariste pour Promethea ; de la meilleure série pour La Ligue des gentlemen extraordinaires (avec Kevin O'Neill) ; du meilleur épisode pour The League of Extraordinary Gentlemen vol. 2, no 1 (avec Kevin O'Neill)
    • Prix Micheluzzi de la meilleure bande dessinée pour La Ligue des gentlemen extraordinaires (avec Kevin O'Neill)
  • 2004 :
    • Prix Eisner du meilleur scénariste pour La Ligue des gentlemen extraordinaires, Promethea, Smax, Tom Strong et Tom Strong's Terrific Tales
    • Prix Harvey de la meilleure série pour La Ligue des gentlemen extraordinaires vol. 2 (avec Kevin O'Neill)
    • Prix Sproing de la meilleure bande dessinée étrangère pour La Ligue des gentlemen extraordinaires vol. 2 (avec Kevin O'Neill)
  • 2006 :
    • Prix Eisner du meilleur album pour Top 10 : The Forty-Niners (avec Gene Ha) ; du meilleur scénariste pour Promethea et Top 10 : THe Forty-Niners ; du meilleur projet patrimonial (comic book) pour Absolute Watchmen (avec Dave Gibbons)
    • Prix Urhunden du meilleur album étranger pour V pour Vendetta (avec David Lloyd)
  • 2008 : Prix Max et Moritz d'exception pour une œuvre remarquable
  • 2009 : Prix Sproing de la meilleure bande dessinée étrangère pour From Hell (avec Eddie Campbell)
  • 2012 : Prix Bram-Stoker du meilleur roman graphique pour Neonomicon (en)
  • 2014 : Temple de la renommée Will Eisner
  • 2016 : Prix Bram-Stoker « grand maître » pour l'ensemble de sa carrière

Sourcehttps://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Moore

lundi 28 septembre 2020

V pour Vendetta

V pour Vendetta (V for Vendetta) est une série de bande dessinée réalisée de 1982 à 1990. Le scénario est signé Alan Moore et les dessins David Lloyd (ainsi que Tony Weare qui a illustré une partie des chapitres Valérie, Vacances et Vincent). La traduction en français a été assurée par Jacques Collin pour les premières éditions, puis par Alex Nikolavitch pour l'édition de 2009.


Synopsis

Dans les années 1980, une guerre mondiale éclate ; l'Europe, l'Afrique et les États-Unis d'Amérique sont réduits en cendres par des armes nucléaires. Le Royaume-Uni est épargné par les bombardements mais pas par le chaos et les inondations issues des dérèglements climatiques. Dans cette société anglaise post-apocalyptique, un parti fasciste, Norsefire, prend en main le pouvoir et tente de rétablir le pays après avoir procédé à une épuration ethnique, politique et sociale sans pitié.

En 1997, au moment où le parti semble avoir la situation sous contrôle, un anarchiste commence une campagne pour ébranler tous les symboles du pouvoir. Cet anarchiste qui se fait appeler « V » porte un masque représentant le visage de Guy Fawkes, le plus célèbre membre de la conspiration des poudres. Lors de sa première action d'éclat, le dynamitage du Palais de Westminster, V sauve Evey, une jeune fille de 16 ans qui risquait d'être violée puis exécutée pour prostitution.

Résumé

En 1997, l'Angleterre est dirigée par le parti fasciste Norsefire qui a pris le pouvoir quelque temps après la guerre nucléaire qui ravagea la quasi-totalité du monde. Ce parti est dirigé par le commandeur Adam James Susan qui passe ses journées devant le Destin, super-ordinateur et pilier principal du parti. L'Oreille, l'Œil, la Main, le Nez et la Voix constituent les cinq factions qui gèrent les différents aspects du régime. L'Oreille et l'Œil gèrent les surveillances audio et vidéo des espaces publics et privés, La Main est la dangereuse milice du parti à laquelle tous les droits sont octroyés, Le Nez est la police criminelle et scientifique du gouvernement et la Voix, service de propagande. Le parti contrôle tous les médias, véhiculant une haine des homosexuels, noirs et juifs au travers, par exemple, de la série télévisée Storm Saxon dans laquelle un brave homme blond combat ces minorités. Minorités qui furent déportées tout comme les gauchistes aux alentours de 1993 dans des camps maintenant abandonnés. Toute culture, hormis celle approuvée par Norsefire est bannie. L'Angleterre est, depuis la guerre nucléaire, en guerre avec l'Écosse qui a décidé de faire sécession.

L'histoire commence la nuit dans ce Londres dystopique. Evey Hammond, une jeune orpheline de 16 ans dans le besoin aborde un homme afin de lui offrir ses services de prostituée. Mais celui-ci se révèle être un agent de La Main, autorisé à faire ce qu'il veut des hors-la-loi, incluant les prostituées. D'autres agents font irruption et lorsque ceux-ci s’apprêtent à agresser la jeune fille, un homme au masque de Guy Fawkes arrive, sauve Evey, blessant des agents, et l'emmène sur les toits de la ville. C'est sur les toits que l'homme masqué et celle qu'il vient de sauver assistent à la destruction du parlement de la ville.

Le sauveur d'Evey la recueille chez lui, au musée des ombres, souterrain construit dans les ruines du métro de Londres où sont conservés de nombreux articles culturels bannis par le parti fasciste. Au même moment, les différents services du parti se coordonnent pour traquer le mystérieux homme masqué. Et l'homme masqué maintenant connu sous le nom de V commence à tuer un à un des membres importants du gouvernement. L'un de ces hommes importants est celui qui représente la voix du Destin lors des nombreuses interventions radiodiffusées diffusant les dernières nouvelles du super-ordinateur auprès de la population. Le peuple britannique croit la voix de cet homme comme étant celle de l'ordinateur. Cette voix a une symbolique importante et est une nécessité pour la suprématie de Norsefire. Le locuteur, contrairement aux autres victimes de V, n'est pas tué. Il est capturé et emmené au musée des ombres où V lui fait vivre une simulation de camps de concentration. La victime devient folle et il est révélé au lecteur que V est un ancien détenu du camp de Larkhill.

Au parti, les enquêteurs découvrent une similitude entre les victimes de V : toutes ont eu un rôle important au camp de Larkhill. Un de ces investigateurs se rend au domicile du dernier officier du camp survivant, y croise V et est tué par celui-ci alors qu'il le menaçait avec son revolver. Il est ensuite découvert, grâce au carnet du médecin habitant les lieux (et ayant travaillé au camp où l'homme masqué était interné), que V était un des sujets aux tests médicaux du camp, rendu fou par ceux-ci. Il s'était plus tard enfui grâce aux bombes artisanales fabriquées avec les engrais auxquels il avait accès. La traque continue.

Evey, qui a été complice d'un meurtre de V, décide d'arrêter de l'aider car l'assassinat lui fait horreur, l'homme masqué l'abandonne en dehors du musée des ombres. Alors que la jeune fille est recueillie par un certain Gordon, V s'introduit dans les locaux de la télévision nationale et y fait diffuser un message révolutionnaire dans lequel il critique le pouvoir et invite le peuple à faire évoluer sa condition d'asservissement.

Evey a une aventure avec Gordon, l'homme qui l'a recueillie. Mais celui-ci est mêlé à des affaires louches qui impliquent Harper, un bandit au service de La Main, qui l'assassine. Evey tente de tuer le bandit mais échoue et est emprisonnée. Elle subit de nombreux interrogatoires, tortures physiques et psychologiques pour lui soutirer des informations, car ses bourreaux savent qu'elle a vécu avec V. Mais elle ne trahit pas le personnage et est subitement délivrée de sa cellule. Elle s'enfuit, déambule dans les couloirs et découvre qu'elle était en réalité la prisonnière de V. Elle finit par pardonner à V ce qu'il lui a fait, le remercie et rejoint son combat.

Durant la nuit du , l'anniversaire de la conspiration des poudres, V fait exploser le siège de l'Oreille et la tour Jordan, tourmente le commandeur en affichant des messages sur son super-ordinateur et prend le contrôle de La Voix pour diffuser un message qui annonce l'absence de surveillance et la liberté totale pour chaque Britannique durant trois jours. Il instaure ainsi le chaos dans Londres. Pour V, c'est la première étape vers l'anarchie. Les pillages et autres mouvements sont sévèrement réprimés par le parti et des protestations commencent à s'élever.

Dans les jours qui suivent, des poèmes subversifs sont envoyés partout dans le pays via la poste du parti, Norsefire découvre que depuis le début, V a accès au Destin.

Au même moment, Eric Finch, l'homme chargé d’enquêter sur V se rend au camp d'internement de Larkhill où il prend du LSD afin de penser comme V qui est profondément fou. Dans ses réflexions, il se met à douter du parti et revit l'évasion de V. Cependant, il abat l'homme masqué lorsque qu'il le rencontre dans le métro, à la recherche du musée des ombres.

En 2006, le roman graphique est adapté en film sur un scénario des Wachowski. Succès critique et commercial, il relance les débats sur l'anarchisme et fait du masque de Guy Fawkes un symbole de l'anarchie et plus largement de la rébellion face à l'ordre établi. 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/V_pour_Vendetta

 

V pour Vendetta (V for Vendetta) est un film américano-germano-britannique, réalisé par James McTeigue et sorti en 2006. C'est une adaptation du roman graphique V pour Vendetta (1982-1990) d'Alan Moore et David Lloyd. Le scénario est dû aux Wachowski.

L'action se situe à Londres dans une société dystopique, où un combattant de la liberté se faisant appeler « V » cherche à mettre en place un changement politique et social en menant une violente vendetta personnelle contre le gouvernement fasciste en place. La distribution comprend notamment l'acteur australien Hugo Weaving dans le rôle de « V », l'actrice américaine Natalie Portman dans le rôle d'Evey Hammond et les acteurs britanniques John Hurt, Stephen Rea et Stephen Fry.

Warner Bros. avait initialement prévu de sortir le film le (un jour avant le 400e anniversaire de la Guy Fawkes Night, célébrant la conspiration des Poudres du ), mais cette sortie a été retardée jusqu'au . Alan Moore, mécontent des adaptations cinématographiques de ses œuvres From Hell et La Ligue des gentlemen extraordinaires, a refusé de voir le film et a pris ses distances vis-à-vis de la production. Les scénaristes ont supprimé de nombreuses allusions anarchistes et des références aux drogues présentes dans l’histoire originale et ont aussi modernisé le message politique. Malgré de nombreuses modifications, le thème général du roman graphique reste néanmoins intact.

La critique a perçu des correspondances avec le roman 1984 de George Orwell à propos de la société dystopique et du pouvoir politique dépeints, mais aussi avec les romans Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas et Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux

Résumé détaillé

Vers 2038, après une guerre à peine évoquée et un mystérieux virus utilisé lors d’un terrible attentat biologique visant trois sites importants par leur symbolique ou leur nombre de victimes (l’école primaire Sainte-Mary, la station de métro Victoria et l'usine de traitement des eaux Three Waters), l’Angleterre est dirigée par un parti fasciste après l’élection d’Adam Sutler. Ce dernier, ayant profité du climat de peur affectant la population, a facilement institué un régime dictatorial à la tête duquel il s’est autoproclamé « Haut Chancelier ». Un couvre-feu, dont le respect est contrôlé par sa milice, « Le Doigt », a été instauré sur tout le territoire. En parallèle, les migrants, les « païens », les musulmans, les malades physiques ou mentaux et tous ceux dont les idées pouvaient s’en approcher ont été bannis, et les opposants au régime ou minorités, tels les homosexuels, pourchassés lors de l'« Assainissement ». Les plus élémentaires libertés fondamentales (la liberté d'expression, en particulier) ont été abandonnées au nom de la sécurité nationale et de la guerre contre le terrorisme. Les médias sont muselés et la BTN, unique chaîne de télévision, est le principal instrument de propagande du parti.

Le soir du , un homme masqué et vêtu de noir, qui se fera connaître sous le nom de « V », sauve Evey Hammond des griffes des hommes du « Doigt » qui s’apprêtaient à la violer en guise de sanction alors qu'elle bravait le couvre-feu pour se rendre chez Gordon Deitrich, animateur et producteur à la BTN, où elle travaille également. V emmène Evey sur le toit d’un immeuble pour lui permettre d’assister à sa spectaculaire destruction du Old Bailey (l'une des cours criminelles centrales de l'Angleterre), synchronisée avec la diffusion sur les ondes du parti de l’Ouverture solennelle 1812 de Tchaïkovski.

Le lendemain, les journalistes de la British Television Network (BTN) annoncent cependant que le gouvernement avait prévu de longue date la destruction du bâtiment. Au même instant, V prend le contrôle de la chaîne et diffuse une vidéo condamnant la politique du régime fasciste et accusant aussi les citoyens de laisser le parti les priver ainsi de leurs libertés. V demande instamment à la population de se soulever contre l’oppression le , pour la nuit de Guy Fawkes, un an plus tard jour pour jour. V annonce qu’il détruira, ce jour-là, le palais de Westminster (les Chambres du Parlement), autre bâtiment symbolique du Royaume-Uni.

L’armée lance un assaut contre la tour Jordan, siège de la BTN, prise en otage par V. Celui-ci a amorcé une bombe et a vêtu tous les otages d’un costume et d’un masque à son image afin de faciliter sa fuite. Evey, présente également ce jour-là, est blessée en voulant aider V à s’échapper. Pour la protéger des autorités, celui-ci la ramène dans sa tanière, « La Galerie des Ombres ». Là, Evey apprend qu’elle doit rester cachée avec son hôte pendant un an, jusqu’à ce que le plan de ce dernier soit mené à bien. Ses origines (fille d’activistes démocrates disparus, sœur d’une jeune victime de l’attentat de Sainte-Mary) font rapidement d’elle une fugitive recherchée par le régime en place, l'inspecteur Finch étant chargé de l'enquête sur la jeune femme ainsi que sur V.

Evey accepte finalement de rester, jusqu’à ce qu’elle apprenne que V est à l’origine de la mort de Lewis Prothero, le présentateur d'une émission télévisée de propagande en faveur du gouvernement, qui a joué un rôle, selon lui, dans l’extermination des opposants et des minorités. Lorsque V lui demande de l’aider à éliminer l’évêque Lilliman, Evey accepte en pensant ainsi à un moyen de s’enfuir, de peur d'être condamnée pour l'avoir aidé. Au moment où V s’apprête à tuer l’évêque, Evey, paniquée, en profite pour s'échapper. Elle trouve refuge chez son ancien patron et ami, l’animateur Gordon Deitrich, un homosexuel contraint de taire son orientation sexuelle de peur d'être arrêté. Pendant ce temps, V, continuant sa vendetta personnelle, élimine le Dr Delia Surridge, qui manifeste du remords et s'excuse pour ses actions passées.

Après une émission satirique de Deitrich contre le Chancelier Sutler, la police secrète mène un raid contre sa maison, et Gordon a juste le temps de prévenir Evey avant de se faire arrêter. Alors qu'elle pensait être parvenue à s'échapper discrètement par le jardin, Evey est capturée par un policier resté en arrière. Elle est alors incarcérée puis torturée pendant plusieurs jours dans le but de lui faire avouer, entre autres, où se cache V. Durant son isolement, elle va trouver une sorte de refuge et de leçon de vie en découvrant les notes d’une ancienne prisonnière lesbienne, Valerie Page.

Valerie fut arrêtée lors de la « Grande Purge », quelques années auparavant, et emprisonnée à Larkhill, où elle fut également torturée. Elle décida malgré tout de laisser une trace de son passage en écrivant sa biographie sur du papier toilette. Après cette lecture, ses tortionnaires posent à Evey un ultimatum en lui ordonnant de révéler la cachette de V sous peine de mort. Ayant repris courage, elle refuse d’accéder à leur requête et leur annonce qu’elle préfère mourir. À son grand étonnement, elle est libérée sur-le-champ et découvre qu’elle était retenue par V, qui avait revêtu plusieurs identités pour tromper Evey durant son incarcération. Passées la colère et la suffocation d'Evey, V lui explique que le fait de la confronter à sa propre mort était le seul moyen de lui faire accepter plus sereinement cette éventualité et ne plus craindre ses véritables idées. V laisse ensuite Evey repartir, lui faisant promettre de revenir le voir avant le .

Pendant ce temps, l’inspecteur Finch en apprend plus sur les origines de V. Il découvre comment la Norsefire — le parti fasciste du « Feu nordique » — est arrivée au pouvoir. Vingt ans plus tôt, alors que le Royaume-Uni était en proie au chaos, le parti conservateur conduisit une répression afin de ramener l'ordre. Ainsi, les soi-disant ennemis de l’État, étrangers, musulmans, homosexuels, libéraux et opposants à la guerre, furent soumis à des rafles et beaucoup disparurent sans laisser de trace. Le pays fut profondément divisé face à cet événement, jusqu’à ce qu’une attaque bioterroriste tue environ 80 000 personnes. Une compagnie pharmaceutique appartenant à la Norsefire découvrit bientôt un traitement contre le virus, permettant au parti de s’enrichir rapidement grâce à la distribution du vaccin. La peur générée par l’attaque terroriste permit à la Norsefire de faire taire l’opposition et de gagner largement l’élection suivante. Avec le consentement silencieux des citoyens (à l'exception de quelques résistants, dont les parents d'Evey), la Norsefire transforma le Royaume-Uni en un État policier totalitaire, avec son chef Adam Sutler autoproclamé « Haut Chancelier ».

L’inspecteur Finch découvre que l’attaque terroriste avait été élaborée par la Norsefire dans le cadre d'un complot pour accéder au pouvoir. Le virus — ainsi que son traitement — a été conçu grâce à l’expérimentation humaine sur les « indésirables » et les dissidents politiques internés au centre de détention de Larkhill, où travaillaient alors Prothero, Lilliman et Surridge. Parmi les détenus se trouvait l’homme qui est devenu V. Alors que les autres sujets testés mouraient à la suite des expériences, l’occupant de la cellule 5 (V en chiffres romains) a acquis des aptitudes mentales et physiques accrues, au prix de sa défiguration et de la déformation de son esprit. Ces capacités ont permis à V de détruire le camp de Larkhill et de s’échapper, après s’être engagé à prendre sa revanche sur le régime de la Norsefire.

Tandis que l'inspecteur Finch éclaircit le mystère autour des histoires d'Evey et de V, ce dernier provoque le bras droit de Sutler, Peter Creedy, également chef de la milice, en établissant avec lui un pacte faustien : comme il ne peut pas atteindre Sutler en raison de la sécurité dont il bénéficie, il propose à Creedy (seul responsable du plan d’évacuation du Haut Chancelier en cas de révolte populaire) de l'amener à lui en échange de sa propre reddition, le . Creedy accepte, y voyant un moyen à la fois d'éliminer le terroriste et de prendre la place de Sutler.

Alors que le approche, les plans de V provoquent le chaos au Royaume-Uni et la population se montre de plus en plus rebelle et subversive face à l’autorité du gouvernement. La veille du , Evey rend visite à V, qui lui dévoile enfin son plan : un train bourré d’explosifs va rouler jusqu’au Parlement sur les lignes condamnées du métro. Il confie alors le lancement du train à Evey, lui laissant le choix de terminer son plan ou non, estimant que la décision finale n’est plus son affaire mais celle des générations suivantes incarnées, à ses yeux, par la jeune fille présente.

V rencontre finalement Creedy, qui s'est emparé de Sutler, dans la station Victoria. Creedy tue Sutler, mais comme V refuse d'ôter son masque devant lui, il ordonne à ses hommes de lancer leur attaque. Seul contre une douzaine d’hommes armés, V les supprime tous avant d'étrangler Creedy. Touché par plusieurs balles, il est grièvement blessé mais encore vivant grâce à une armure dissimulée sous son costume et à sa force surhumaine. Il retourne avec difficulté auprès d'Evey pour lui dire adieu. Il lui avoue son amour avant de mourir, et Evey étend son corps dans le train avec les explosifs, comme il le souhaitait.

Alors qu’elle est sur le point de faire démarrer le train, Evey est interrompue par l’arrivée de l'inspecteur Finch. Toutefois, en raison de ce qu'il a appris sur la corruption du régime, Finch lui permet de respecter les vœux de V. Pendant ce temps, des milliers de personnes déguisées en Guy Fawkes marchent sur le Parlement pour assister au spectacle. Sutler et Creedy étant morts, personne n’ordonne aux soldats de faire feu sur les manifestants, et ceux-ci envahissent sans violence les rues encerclant Westminster. L’explosion illumine le ciel de Londres et le Parlement est détruit tandis qu'est diffusée sur les ondes publiques l’Ouverture solennelle 1812 de Tchaïkovski.

Sur le toit d’un immeuble voisin, Evey et Finch assistent à l’explosion et Finch interroge Evey sur l’identité de V. Evey lui répond qu'il était Edmond Dantès (personnage principal du Comte de Monte-Cristo) et lui explique qu’il était la représentation du peuple. On voit alors certaines personnes retirer leurs masques et les visages alors aperçus sont ceux de chaque personne ayant été tuée par le parti et apparaissant dans le film. 

Sourcehttps://fr.wikipedia.org/wiki/V_pour_Vendetta_(film)#R%C3%A9sum%C3%A9_d%C3%A9taill%C3%A9

vendredi 18 septembre 2020

SOS Bonheur

S.O.S. Bonheur est une série de bande dessinée dystopique belge réalisée par le dessinateur Griffo et le scénariste Jean Van Hamme. D'abord parue en six épisodes dans l'hebdomadaire Spirou entre 1984 et 1986, elle a été publiée en trois tomes entre 1988 et 1989, avec un épisode final complémentaire inédit en périodique.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/S.O.S._Bonheur#Synopsis

Plan de carrière

François Mortier, ancien chômeur de courte durée, a réussi à décrocher un emploi au sein de la Compagnie d’Analyses Générales, plus simplement appelée CAG, alors que le manque de travail touche très durement le reste de la population. Son nouveau travail, bien payé, consiste très simplement à noter dans un registre les différences entre les chiffres émis par deux imprimantes séquentielles. Mais très rapidement, François se demande à quoi correspondent ces chiffres. Il se rend facilement compte que ses collègues ne savent pas grand-chose de plus, et qu'au final, le travail de son service, voire le fonctionnement même de la CAG, reste très flou aux yeux de tous.

Plusieurs fois averti par sa hiérarchie, mis en garde par ses collègues, incompris par sa femme, risquant d'être renvoyé pour être remplacé par le premier chômeur qui passe, François n'a plus qu'une obsession : trouver des réponses. S'introduisant par effraction au dernier étage de l'immeuble de la CAG, celui de la Direction, il y disparaît mystérieusement; plus personne n'entendra parler de lui... La CAG affirmant même à sa femme que François Mortier n'a jamais fait partie de ses effectifs.

À votre santé

Michelle Duchant ne supporte plus le système de santé actuel ; pourtant, ce système, auquel il est obligatoire de s'affilier pour être soigné, a mis en place toutes les mesures nécessaires pour s'assurer de la bonne santé de ses adhérents. La police médicale peut venir perquisitionner pour contrôler le bon état des appareils électriques ; votre médecin décide de ce que vous avez le droit de manger pour garder la forme, y compris au restaurant ; regarder le bulletin météo est obligatoire pour éviter de tomber malade ; se promener sous les arbres par temps humide ou s'embrasser vous fera verbaliser... Cette santé a un coût élevé, autant au sens propre qu'au figuré, car toute amende est faite en pourcentage du salaire, l'affiliation elle-même en coûtant le tiers. Michelle décide de se désaffilier.

Le bonheur, lorsqu'on est désaffilié, c'est qu'on peut manger ce que l'on veut au restaurant, que l'on touche son salaire en totalité, que l'on peut partir en vacances autre part qu'à la mer... mais le problème, c'est qu'aucun professionnel de santé n'a le droit de soigner un non-affilié, de le vacciner, de lui vendre des médicaments... Aussi, lorsque la fille de Michelle, Émilie tombe malade et contracte le tétanos, que son ex-mari Robert est arrêté pour avoir tenté d'acheter des médicaments au marché noir, que peut faire Michelle ? Si elle est arrêtée également, que deviendra sa fille ?

Vive les vacances !

C'est le temps des vacances. En soi, c'est tout le temps le temps des vacances. L'État a tout prévu : que l'on soit en été ou en automne, on a droit aux vacances payées par l'État, et organisées par le ministère des Vacances nationales. L'État possède les cars qui vous emmènent aux camps de vacances, et l'État possède également les camps de vacances, où les gentils animateurs organisent le temps des vacanciers de la même manière pour tous. Il n'est pas bon de rester dans sa chambre, à l'écart des réjouissances - vous pourriez être mal noté, et partir en hiver au bord de la mer... Mais si vous avez un comportement correct et un bon niveau social, à vous le mois d'août !

Deux adolescents, qui suivent comme tous les autres le programme imposé par le planning, arrivent à la mer. Les groupes, les couples sont formés par les animateurs - pas question d'y déroger. Mais lorsqu'on est amoureux, on est capable de faire beaucoup de choses pour rester ensemble, même contre tous les autres. Même contre l'État. 

Sécurité publique

Joachim Robin-Dulieu est devenu chef de cabinet à la sécurité publique. C'est la nouvelle star du système politique : jeune, beau, intelligent, bref, un vrai playboy, il a toutes les qualités qui vont pouvoir le faire monter, progressivement, à la fonction ultime.

Il est notamment l'inventeur et le promoteur de la Carte universelle (CU), qui a remplacé tous les moyens de paiement et d'identification (casier judiciaire, carnet de santé...). Toutes les transactions monétaires privées sont donc contrôlées par l'État, mais il est évidemment impératif d'être inscrit sur le Grand fichier central de la population pour survivre...

Mais la propre carte de Joachim Robin-Dulieu a une défaillance : elle n'est reconnue valable nulle part. L'administration qui gère la CU lui annonce la mauvaise nouvelle : Joachim Robin-Dulieu n'est tout simplement pas présent dans le Grand fichier central de la population, et il doit prouver son existence.

Perdant petit à petit tous les avantages que le système pouvait lui apporter, incapable de récupérer l'argent de son compte bancaire, expulsé de son logement de fonction, Joachim Robin-Dulieu est soupçonné d'être un « agent de l'étranger infiltré au sommet », et finit par être arrêté par la police, après le vol d'une baguette de pain à la sortie d'un supermarché.

Planning familial

Branle-bas de combat à la Présidence de la République : un terroriste s'est introduit, et pourrait s'en prendre au Président du pays ! Mais le Président reste très flegmatique devant cette possibilité ; il invite même, à l'insu de son service de sécurité, le "terroriste" dans ses appartements privés. Johnny, tout jeune enfant mais déjà rebelle, se méfie de ce vieillard débonnaire qui lui propose de lui raconter sa vie. Johnny finit par lui parler des enfants qui naissent en dehors du contrôle des naissances, au-delà des quotas prévus par famille. L'enfant lui parle de ceux qui, comme lui, comme tous les "illegs", doivent vivre en marge de la société parce qu'ils n'y ont pas leur place. Et il lui parle également des camps prévus pour enfermer ces enfants lorsqu'ils sont découverts, camps qui officiellement n'existent pas plus que les enfants...

Profession protégée

Stéphane Grenier reçoit, à l'issue de ses études, le titre de "maître écrivain" de la part du ministère des Arts et des Lettres. Cette haute distinction, le rang le plus élevé de la caste des écrivains d'état, lui permet d'accéder à un niveau de vie dans lequel il n'a plus aucun souci matériel. Mais cette fonction oblige l'écrivain à produire de la matière intellectuelle : roman, poésie, nouvelle, etc. Les éditeurs sollicités par Grenier refusent tout ce qui ne serait pas conforme à la ligne éditoriale de l'Etat, auquel chaque éditeur rend des comptes : les œuvres gaies, optimistes, et consensuelles sont publiables ; le reste non.

Fils lui-même d'un écrivain d'état, moins distingué que lui, Stéphane étouffe dans ce carcan qu'on lui impose. Mais pour celui qui veut faire des œuvres sur d'autres thèmes, il lui faut renoncer aux distinctions, au régime de faveur, et il doit retourner travailler comme n'importe qui. Par contre, si jamais ses œuvres contestataires venaient à être saisies, on pourrait l'arrêter pour « exercice illégal de l'écriture »... 


Révolution

Une véritable innovation a été mise en place dans le monde judiciaire : afin de désengorger les tribunaux débordés, un juge unique, informatique, "le grand ordinateur judiciaire" nommé Thémis a pris ses fonctions. Mais le jour où il condamne à mort Robert Langlais, coupable d'un simple délit, le système politique défend le verdict et s'apprête à réautoriser la peine de mort. Louis Carelli, policier grisonnant, s'intéresse de près à Langlais, qui a été arrêté alors qu'il venait de croiser inopportunément sa fille Émilie. Une photo qu'il a réussi à lui subtiliser représente l'anniversaire de la petite, entourée de sa mère, mais également d'autres "déregs" dont la nièce de Carelli. Celui-ci se rapproche de l'avocat de Langlais, Marcel Blanchart, un vieil ami, sur qui il compte afin de retrouver sa nièce. Mais sur la photographie est également présent Abel, le leader des "déregs", cible prioritaire du gouvernement. Carelli est donc surveillé de très près par la police politique, et tous les anciens proches des déregs lui ferment la porte au nez.

Carelli finit par retrouver la cache de tous ces illégaux, qui lui proposent de les aider à faire évader Langlais le jour de son exécution. Carelli accepte, mais les illégaux lancent également le jour même l'offensive ultime de leur révolution. Carelli est convié à rencontrer, tout en haut de l'immeuble de la CAG, les vrais dirigeants de la révolution : les "maitres du monde", vieillards qui lui racontent comment ils ont manipulé le système, qu'ils ont mis en place, afin de créer des illégaux qui finiraient par renverser ledit système, et mis en place un nouveau pouvoir qu'il faudrait un jour renverser... Grâce à l'aide de la CAG, ils parvenaient à détecter les personnes potentiellement capables de mener cette révolution selon leur plan. Carelli est ensuite relâché, les vieillards ne souhaitant le rencontrer que pour en faire un témoin de leur puissance. Voulant prendre la parole lors du grand rassemblement pour la chute du régime, et sans doute dénoncer les manipulations auxquelles la révolution a été soumise, il est abattu par un tireur isolé - et transformé aussitôt en martyr du nouveau pouvoir. 

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 Le premier tome d'une saison 2, scénarisée par Desberg, est paru en 2017 suivi d'un second tome en 2019. 

En 1988 paraissait, dans le tout neuf label "Aire Libre", le premier tome de "S.O.S. bonheur", une suite de fables dystopiques qui mettaient à nu les angoisses de la société d'alors. Presque trente ans plus tard, nos craintes ont-elles changé ? C'est la question que pose aujourd'hui Stephen Desberg avec cette nouvelle saison, à la fois hommage et mise à jour de l'œuvre initiale de Jean Van Hamme - qui en signe d'ailleurs la préface.

Pour répondre à cette question, Stephen Desberg dessine dans ce triptyque les contours d'un monde régi par les penseurs d'extrême droite, un univers dominé par l'argent, les valeurs morales réactionnaires, la figure du mâle ou encore la préférence nationale.

En suivant le quotidien de trois personnages plongés dans ce futur qui risquerait un jour de devenir le nôtre, Stephen Desberg met en exergue les dérives de nos sociétés dans un premier album glaçant de justesse, dont la noirceur est encore renforcée par le trait expressif et réaliste de Griffo.

Source https://www.bedetheque.com/BD-SOS-Bonheur-Tome-4-312848.html#


 Plus de trente ans après le cauchemar qu'Orwell nous promettait dans 1984, qu'est-il advenu de nos libertés individuelles ? Au profit de qui les gouvernements imposent-ils une norme censée organiser le bonheur de tous ? Griffo et Desberg confrontent leurs personnages à l'obligation de se conformer à ces lois prétendument prévues pour assurer le bien-être collectif, devenu une norme coercitive. En six destins croisés, ce sont six injustices, six combats, six flammes d'espoir que les auteurs mettent au jour, avec une acuité toujours plus fine et plus glaçante.
L'accès aux soins, les discriminations raciales, le chantage à l'emploi et à la vertu, la suppression de l'Histoire et le refus de la mémoire, la toute-puissance matrimoniale et le rôle de l'homme... Autant de sujets que Desberg décortique pour en faire ressortir les pires travers, en s'interrogeant sur les lois iniques mais omniprésentes qui étouffent l'aspiration et l'ambition individuelle.
Que sont devenus Paul et Émilie, Laziza et Anne, Risbeck et Carmin ? Où a été emmenée Aude ? Et à qui appartient cette voix dans le téléphone de Moreau, qui lui demande de l'aide ?
La suite terrifiante de la nouvelle saison de S.O.S. Bonheur, dont l'acuité vous glacera le sang.

Sourcehttps://www.bedetheque.com/BD-SOS-Bonheur-Tome-5-377835.html

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L'auteur  


Jean Van Hamme
, né le à Bruxelles, est un romancier et scénariste belge de bande dessinée et de téléfilms.

Il est surtout connu pour avoir créé et scénarisé les aventures de trois personnages de la bande dessinée belge, Thorgal (1977), XIII (1984) et Largo Winch (1990). 

 Jean Van Hamme est scout dans sa jeunesse. Il effectue ses études secondaires à l'Athénée d'Uccle puis poursuit des études supérieures à Bruxelles, est diplômé ingénieur commercial de l'École de commerce Solvay, agrégé d'économie politique (des connaissances qu'il utilisera notamment pour Largo Winch). Chaque été, il se métamorphose en routard, un sac sur le dos et le pouce en l'air. « J'ai parcouru quelque 30 000 km en stop, en Europe, aux États-Unis, en Afrique. J'ai été en Norvège, en Suède, en Turquie, en Écosse et en Espagne. Partir de Bruxelles jusqu'en Angola a aussi été un grand voyage »

 Les premiers pas de Jean Van Hamme dans le monde professionnel l'amènent à occuper le poste de directeur administratif d'une petite société de transport et de matériel ferroviaire. Il quitte celle-ci pour devenir consultant au service de l'United States Steel Corporation. Engagé en 1968 par la Manufacture Belge de Lampes Électriques (MBLE), une filiale du groupe Philips, il a pour première mission la prospection de marchés émergents, comme en Afrique par exemple en Sierra Leone, au Proche-Orient ou en Asie du Sud-Est. Il devait parfois traiter avec des administrations corrompues pour les convaincre de travailler avec lui, et devait pour ce faire les soudoyer1. Attaché à Philips Belgique, il occupe, après un bref passage à l'administration commerciale, le poste de directeur des appareils ménagers. Son expérience de marketing chez Philips dure jusqu'en 1976, année où il démissionne afin de se consacrer à l'écriture de romans, notamment la série des Largo Winch

Le dessinateur


 Werner Goelen, dit Griffo, est un dessinateur belge de bande dessinée né le à Wilrijk.

En 1971, il achève ses études à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers qu’il avait commencées à l’âge de 15 ans. Après cela, il effectue des travaux occasionnels comme illustrateur pour des magazines féminins et des magazines de télévision.

Quand il se présente en 1975 aux Éditions du Lombard, on lui soumet une offre intéressante. L’éditeur cherchait alors désespérément un successeur à Mittéï, qui était passé à la concurrence au Journal de Spirou. Griffo hérita ainsi de la série Modeste et Pompon créée en 1955 par Franquin. Parallèlement à la livraison hebdomadaire d'une planche de gags pour le magazine Tintin, Griffo participe aussi au Tintin Sélection trimestriel avec des mini-récits humoristiques.

Outre ce démarrage prometteur de sa carrière comme dessinateur de bande dessinée, il était déjà professionnel depuis longtemps dans la publicité et dessinait aussi des pages érotiques pour la maison d'édition Biofot.

À partir de 1982, Griffo réalise avec Marcus (pseudonyme de Danny de Laet) une aventure de bande dessinée classique de la longueur d’un album, L’Ordre du Dragon Noir, qui paraîtra en 1984 aux éditions Michel Deligne (1987 en Allemagne chez Ehapa).

Une œuvre majeure de Griffo est la série Giacomo C. scénarisée par Jean Dufaux. Cette série comporte 15 albums parus de 1988 à 2005. À partir de 2013, il s'associe à Valérie Mangin pour la série Abyme.

 

jeudi 20 août 2020

Vaisseaux de la Culture

 La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de détails, La Culture peut être considérée comme une utopie technique et philosophique à part entière. Il s'agit d'une société anarchiste : ni loi, ni hiérarchie, ni argent, ni propriété. Elle compte trente mille milliards d'habitants, mêlant dans une totale égalité humains, extra-terrestres, drones et intelligences artificielles

La Culture maîtrise entre autres l'antimatière, l'antigravité, la téléportation (qui reste rare), les champ de force, et sait annuler la force d'inertie 

Ses vaisseaux sont équipés d'Unités gauchisseuses pour se déplacer dans l'hyperespace.

Il existe différents modèles de différentes tailles (de 1km à 100km ou plus), tous dirigés par une Intelligence Artificielle extrêmement puissante (un Mental)  ;

  • UOR, unités offensives rapides ;
  • UCG, unités de contact générales ;
  • VSI, Véhicules systèmes intermédiaire, et VSM, véhicules systèmes médium ;
  • VSG, Véhicules systèmes généraux, immenses vaisseaux spatiaux pouvant transporter des milliards d'habitants.

Mental


 Vaisseaux 













jeudi 2 juillet 2020

Dune (1984) Alternative Edition Redux fanedit (178 min)



Source : https://www.youtube.com/watch?v=94d77kdmOvU

Dune (1984) Deleted Scenes with intro by Rafaella De Laurentiis - Extended Edition DVD (2006)



Source :https://www.youtube.com/watch?v=M2vZEP5jiaU