Quotidiennement, l’ermite Abalam-Sri-Tanisnute, sur nommé « le Vieux de la Montagne » par les habitants des villages de la mangrove, s’adonnait à la méditation au cœur de sa grotte, dans la mesa. Ainsi, il se connectait avec l’énergie du monde Aalis et percevait les lignes de force qui le composait.
Ce rituel était doublement utile puisque :
- non seulement il l’aidait personnellement à s’approcher de la Conscience Universelle (le but ultime de son Eglise éponyme) alors qu’il approchait de la fin de sa vie sur ce plan matériel de la réalité,
- mais aussi lui permettrait d’accomplir son devoir de Norjan de haut rang : construire, à l’emplacement idéal, un Tétraèdre de Transit qui rejoindrait le réseau édifié par ses ancêtres, les Sages de Norjane, depuis des dizaines de milliers d’années
Mais un jour, en pleine méditation, à l’occasion d’une sortie de corps plus lointaine que d’habitude, Abalam détecta un trouble dans le champ de Force de la planète. Le corps astral du « Vieux » avait franchit la Mer Méridienne, cette faille océanique qui séparait Grande Terre de Ouest Terre ; puis s’était aventuré dans l’épaisse forêt humide et obscure du continent occidental.
Glissant entre les arbres de la jungle, le Vieux avait d’abord été incommodé par un pressentiment diffus. Guidé par cette gêne indéfinie, mu par sa curiosité d’ancien explorateur, il avait voulu connaître la source de ce trouble. Progressivement, en pénétrant dans les profondeurs de la jungle, tout en maintenant sa conscience en alerte, il avait perçu des pulsions de peur de plus en plus précises. Au cœur de la forêt, alors que des sculptures étranges ou des petites constructions apparaissaient ça ou là, cette peur se transformait en terreur de plus en plus insoutenable.
Il détecta enfin une concentration de population. Une ville de huttes et de tentes où s’agglutinaient des milliers et des milliers d’indigènes aalisiens. Dans ce rassemblement, l’atmosphère devenait morbide. Un temple de pierres érigé de piques et des corps sacrifiés. Du sang, partout du sang, et des membres tranchés. Une foule fanatique prosternée, figée entre peur existentielle et adoration intense. Qu’est-ce qui provoquait tout cela ?
[A suivre ...]











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