lundi 29 octobre 2018

L'Algébriste - Notes de lecture


Pour les humains, et les autres races à la vie brève, la galaxie est un endroit dangereux où règne une paix précaire. Un réseau de trous de ver artificiels sert à voyager entre les étoiles. Il est maintenu sous la férule de la Mercatoria, qui s’efforce de gérer les équilibres entre espèces.

Par contre, pour les Habitants, ces formes de vie quasi-immortelles apparues peu après le Big bang, la seule chose qui importe, ce sont les géantes gazeuses (comme notre voisine Jupiter) où ils vaquent à leurs affaires. Le reste n’est que débris épars… Et ils ne s’intéressent guère aux autres peuples de la Galaxie

Afin de sauver son système solaire menacé par la flotte de l’Archimandrite Luseferous, le jeune Fassin Taak doit plonger dans l’atmosphère de la géante Nasqueron, à la recherche d’une très ancienne formule, d’une clé détenue par les Habitants depuis des millions d’années. Mais ceux-ci, joyeux anarchistes avides d’informations en tous genres, ont un sens de l’humour très particulier, des habitudes déplorables comme celle de chasser à mort leur propre progéniture, et il se pourrait bien qu’ils dissimulent plus d’un secret. Leur seule faiblesse : un goût immodéré pour les informations.

La quête désespérée de Taak le conduit d’un bout à l’autre de la galaxie à travers un réseau de trous de vers, géré par la Mercatoria, Fassin parcourt la Galaxie à la recherche d’une information délectable. Pendant ce temps, la flotte monstrueuse de Luseferous se rapproche de Nasqueron. Mais la guerre cesse d’être une activité prévisible dès que les Habitants y sont mêlés…


Morceaux choisis

p.12 Le personnage du méchant
L'Archimandrite Luseferous, prêtre guerrier du Culte des Affamés de Leseum9 IV et souverain effectif de cent dix-sept systèmes solaires, d'une quarantaine de planètes habitées, de nombreux Habitats artificiels immobiles de taille significative et de centaines de milliers de navires cvils, Amiral en chef de l'Escadron du Suaire de la 468ème Flotte, ancien représentant humain/non-humain d’Épiphanie Cinq à l'Assemblée suprême galactique - peu de temps avant l'avènement du Chaos en cours et la fin de la Cascade de Déconnexions - , avait, il y a quelques années de cela, fait détacher du reste de son corps la tête de son plus grand ennemi, le chef rebelle Stinausin, afin de la brancher à un mécanisme d'assistance et de l'accrocher, à l'envers, au plafond de son vaste bureau situé sous les remparts externes de la Citadelle de Pierre - d'où il avait une vue imprenable sur Junch City, la baie de Faraby et la rainure verticale et floue du Fossé de Force - pour pouvoir, lorsqu'il était d'humeur à frapper, c'est-à-dire assez souvent, se défouler dessus comme sur un punching-ball.

p.20 Le cadre du récit
La géante gazeuse Nasqueron était la plus grosse planète du système Ulubis, lequel était situé dans uen patie isolée du Courant Quaternaire, l'une des vrilles sud des Confins de la galaxie, à cinquante-cinq mille années-lumière de son centre nominal . Impossible d'être plus isolé, à moins de sortir de la galaxie.
Il y avait divers degrés d'isolement, particulièrement en cette période d'Après-guerre, mais Ulubis faisait réellement partie de ces systèmes les plus éloignés. Néanmoins, le fait d'être situé dans les confins de l'espace habité - a fortiori en dessous du plan galactique, où les dernières étoiles et les dernières traces de gaz cédaient la place au vide absolu - ne signifiait pas nécessairement que l'endroit était inaccessible. A condition, bien sûr, de n'être pas loin d'un portail digne de ce nom.

p.21 Histoire des Complexes de trous de vers successifs 
Le système d'Ulubis avait été relié au reste de la galaxie plus de trois milliards d'années auparavant, lors de ce qu'on appelait le "Nouvel Âge". A l'époque, c'était un système relativement jeune, formé depuis quelques milliards d'années seulement, mais il abritait déjà  de nombreuses formes de vie. Son artère de connexion faisait partie du Second Complexe, la deuxième tentative sérieuse de la communauté galactique d'intégrer un réseau de trous de vers. Toutefois, ce lien avait été coupé pendant le milliard d'années tumultueux de la Longue Chute, lors de laquelle s'étaient succédé la Guerre des Rafales, la Dispersion Anarchique et la Rupture d'Informorta, avant de sombrer - comme le reste de la galaxie - dans une sorte de léthargie au temps du Second Chaos, ou Chaos Majeur, époque à laquelle ne survécurent que les Habitants de Nasqueron. Ceux-ci faisaient partie des espèces dites "Lentes" qui vivaient sur une autre échelle temporelle et ne voyaient aucun inconvénient à voyager plusieurs centaines d'années pour se rendre d'un point A à un point B. Un milliard d'années sans événement majeur était pour eux l'équivalent d'une petite année sabbatique.
Après l'Âge de la Troisième Diaspora (et bien d'autres bouleversements de cette histoire galactique particulièrement mouvementée), l'ouverture d'un nouveau trou de ver permit à Ulubis de rejoindre le Troisième Complexe. Cette artère se maintint pendant soixante-dix millions d'années paisibles et productives, qui virent de nombreuses espèces Rapides aller et venir sous le regard des Habitants, seuls témoins véritables de la lente évolution de la région. Toutefois, l'Effondrement des Artères plongea une fois de plus Ulubis dans la solitude, en même temps que quatre-vingt-quinze pour cent de la galaxie connectée. D'autres portails et trous de vers disparurent pendant la Guerre des Nouveuax Rapides et celle des Machines. La paix ne s'installa durablement que grâce à l'avènement de la Mercatoria - du moins était-ce le discours officiel de ceux qui contrôlaient cette dernière - et le début du Quatrième Complexe.
Le long processus de reconnexion n'en était qu'à ses balbutiements lorsqu'on rouvrit l'artère d'Ulubis. Celle-ci resta en activité pendant plus de six mille ans, durant lesquels le système fut très facilement accessible. Malheureusement, elle finit par être détruite elle aussi, et cela faisait un bon quart de millénaire que cette partie de la galaxie était isolée. Le portail le plus proche se trouvait à deux cent quatorze années de voyage, loin dans les profondeurs du Courant, dans le système Zenerre.

p.29 Histoire relativement contemporaine et allusions/hommages à Dune de Frank Herbert
Le navire était mort depuis des millénaires. Combien exactement ? Personne ne pouvait le dire, mais les estimations les plus plausibles parlaient de six ou sept. C'était un des nombreux vaisseaux qui avaient été endommagés à l'époque de la Guerre des Nouveaux Rapides (ou bien plus tard, au temps de la Guerre des Machines, de la Dispersion ou des conflits confus et violents qui émaillèrent l’Éparpillement), une pièce oubliée sur l'échiquier des disputes galactiques, des guerres de civilisations, des manœuvres panraciales et de al métapolitique à grande échelle.

p.134 Humains prélevés sur Terre en 4051 avant J.C. (cf. p. 131) puis allusion/hommage à David Brin
Préparation : Procédé très ancien mis récemment en pratique par la Culmina et consistant à prélever des individus d'espèces précivilisées (habituellement sous forme embryonnaire ou clonoclastique) pour les assujettir / les réduire en esclavage / en faire des mercenaires / les éduquer. Lorsque leur espèce d'origine atteint le stade galactique et qu'elle rencontre dans l'espace des congénères au moins aussi civilisés / technologiquement avancés (et souvent plus nombreux), elle est supposée se sentir redevable envers es mentors (lesquels affirment souvent l'avoir protégée contre d'éventuelles comètes ou autres fléaux venus de l'espace). Cette pratique a été bannie par le passé (voir lois pangalactqiues et Conseil galactique) mais tend à réapparaître lorsque la civilisation recule. La Préparation est parfois appelée Élévation ou Éducation agressive. Voir aussi : pHumains et aHumains (premiers et autres humains).  

samedi 27 octobre 2018

Pierre et poussière [ébauche de personnage]

Le peuple des Sabs arpente le Désert de Poussière à la recherche de géodes ensevelies. Les plus précieuses sont tapies au fond de gigantesques cuvettes, des caldeiras, résultats de l'effondrement de chambres magmatiques. 


Mais sous un climat sec et totalement à l'abri du vent, ces énormes cuvettes se sont peu à peu remplies du sable le plus fin. On s'y enfonce mortellement si on n'y prend pas garde. C'est pourquoi, les cruels Sabs y envoient leurs serviteurs :
- des esclaves mutilés, gonflés comme des baudruches, en binôme avec des scaphandriers dont l'espérance de vie est aussi précaire que la fiabilité de leur équipement,
- ou encore des animaux semi-intelligents, sortes de gros cloportes, dressés pour la collecte. Naturellement, ces derniers plongent dans les sables mouvants pour y traquer des vers des roches (qui se nourrissent eux-mêmes de bactéries thermophiles).

L'un des captifs, promis à l'esclavage, possède un étrange animal domestique. C'est un être bipède, couvert d'un duvet brun et au museau plat. Il a été trouvé dans une sorte de géode métallique à demi-fondue. Mais les Sabs n'y voient aucun intérêt et le destinent au sacrifice rituel qui précède chaque descente (hautement risquée) dans la caldeira. Un à un, les animaux sont égorgés et leur sang offert à la terre en échange de quoi, les Sabs l'espèrent, elle leur livrera rubis et autres pierres précieuses.

Mais au moment d'égorger le bipède, celui-ci glisse des mains de son bourreau, se plaque ventre à terre et, sous les yeux ébahis de l'assistance, s'enfonce dans le sol meuble après quelques vibrations. On le récupère in extremis et ses nouveaux maîtres se disent qu'il fera peut-être un bon plongeur à côté des cloportes apprivoisés. En tout cas, il gagne un sursis.

Il est associé à son maître qui, entretemps, a subi la cruauté des Sabs. Une outre a été insérée sous la peau de son dos, à la place des réserves d'eau et de graisse ; indispensables à la survie des Aalisiens sur de longues distances. Sans elles, toute évasion dans le désert devient un suicide au bout de quelques jours.

L'outre est gonflée d'air chaud. Le ballon vivant sert de montgolfière ou de flotteur au bipède qui, suspendu à une corde, plonge dans la poussière mouvante à la recherche des pierres précieuses. Le bipède n'a pas droit à l'échec. Il est plus lourd que les cloportes apprivoisés et nécessite de gonfler davantage l'outre de son porteur. Celui-ci souffre plus, de brûlure et de dilatation de son cuir dermique. Si le porteur meurt, le plongeur s'enlise irréversiblement.

A la surprise générale, le plongeur tire sur la corde qui le relie à son porteur pour signifier qu'il a touché un paroi de la cavité puis, quelques minutes plus tard, il tire à nouveau sur la corde pour qu'on le remonte. Il a donc survécu et, à son retour à la surface, tient dans ses mains ... de vulgaires cristaux de gypse : des roses des sables. Aucune valeur marchande. Il sera dressé durement, fouetté sans doute, mais il aura la vie sauve jusqu'à la prochaine plongée.


A coups de trique et en observant intelligemment les prises de ses homologues, le bipède progresse, Sans comprendre comment, il "ressent" la terre autour de lui. Il s'y meut presque sans efforts et il distingue, par le toucher, la nature des roches qui se trouvent devant ses mains. Pourtant, souvent, des mètres cubes de sable fin et de poussière le séparent du fond. Cependant, il "flotte" dans la gangue minérale. Il a parfois l'impression qu'il peut la manipuler, qu'elle obéit à sa volonté.

Ses plongées sont de plus en plus longues, plus profondes. Il remonte des cristaux parmi les plus précieux. Mais il souffre. Ses mains sont brûlées, sa peau griffée presque poncée. Et surtout, son maître, si bon avec lui, n'est plus qu'une loque. Le cuir de son dos et de ses flans a été tellement distendu qu'il pend de tous côtés. Parfois, il a été décollé de la chair et des infections ont failli l'emporter. Il ne vivra plus longtemps.

Le bipède décide de se sacrifier pour son bon maître. Au maximum de gonflage, son maître coupera les amarres simultanément quand lui coupera sa ligne de vie. Ainsi, son maître s'envolera brutalement dans les airs et pourra être porté loin du campement des Sabs. Bien sûr, il faudra attendre le moment propice, le bon vent chaud et puissant. Quant au bipède, fidèle mais ne supportant plus la souffrance de son maître, il s'enfoncera irrémédiablement au plus profond du cratère ensablé.

Quelques semaines plus tard, les conditions météorologiques sont optimales. Le plan d'évasion a été longuement répété entre le maître et son fidèle Pedro (c'est le nom que l'Aalisien lui donne affectueusement). Tout se passe comme prévu, ou presque. Avec un outil de fortune, le maître, ballon gonflé au maximum de douleur supportable, rompt ses amarres. Pedro plonge dans la poussière ultrafine accumulée depuis des siècles en soulevant un nuage aveuglant. Le bipède s'enlise prêt à accueillir la mort mais heureux d'offrir la liberté à son maître.

Mais Pedro ne meurt pas. Il s'enfonce, s'enfonce, et les minutes passent. Bizarrement, il n'est pas en manque d'oxygène. Il n'est même pas incommodé par la pression. Pedro lâche prise et il lui semble glisser dans la douceur même. Au loin, profondément, il perçoit une masse étrange. Pas de la roche primaire, pas des cristaux non plus. Quelque chose de ... métallique; comme l'étrange géode dans la quelle son maître l'a trouvé.

Très au-dessus de lui, le nuage de poussière s'est partiellement dissipé. Les Sabs, furieux, ont vu dans quelle direction le siroco poussait l'évadé. Une troupe des plus féroces s'est déjà mise à la poursuite du fuyard. Elle devra contourner la caldeira sous peine de s'y ensevelir et rentrera quelques jours plus tard. Le fugitif a pu être touché par un projectile. Quant bien même, l'outre qui le maintient en l'air va lentement mais sûrement se dégonfler en refroidissant.

Les chasseurs rattrapent le pauvre captif en fuite. Les Sabs l'ont cueilli avant qu'il ne touche terre. Avec sadisme, ils jouent avec lui à une sanguinaire partie de bozkachi. Son corps crevé et aux six membres tranchés est ramené en trophée jusqu'au camp. C'est un avertissement pour les autres esclaves. Personne n'échappe aux Sabs. Ce sont les maîtres des terres arides de Dustlande.

Le corps du maître est jeté dans la caldeira, à l'endroit même où Pedro a disparu. Il s'enfoncera lentement dans la poussière pour rejoindre son animal de compagnie, forcément mort depuis plusieurs jours. Personne n'échappe aux Sabs.

Personne ... sauf Pedro. Sous terre, sous des centaines de mètres de poussière accumulée, instable à faible profondeur mais compacte ici-bas, Pedro survit encore. Il vit car il a découvert un objet que les Sabs ne peuvent même pas imaginer. Quelque chose de si vaste que toutes les tribus de Dustlande pourraient se tenir côte à côte à l'intérieur. Il a trouvé une ouverture et s'y est réfugié. Mais qu'est-ce que c'est ?

Pedro n'a pas été dressé pour réfléchir. Juste obéir : à son bon maître d'abord, qui l'a trouvé et nourri alors qu'il été à peine sevré; puis aux cruels Sabs armés jusqu'aux dents.

Pedro va attendre prudemment. Attendre jusqu'à ce que la faim et la soif l'obligent à bouger. Peut-être se nourrira-t-il des vers chauds, comme les cloportes. Ou de cloportes eux-mêmes. Leur carapace est difficile à ouvrir mais les sabres de ses tortionnaires y parviennent avant qu'ils fassent cuire leur chair blanche et tendre sous des lentilles de verre, exposée au plein soleil.

Pedro rêve de vengeance. Il s'imagine surgissant du lac de poussière et écrasant les Sabs sous des tonnes de roches. La faim et la soif le font délirer. Une voix lui parle dans la tête. Elle est amicale. Elle lui dit qu'il n'est pas seul. Que d'autres étranges bipèdes existent dans ce bas-monde. Lui n'en a jamais rencontré d'autres. Surtout pas dans le désert. Il n'y a que des insectes, quelques reptiles et puis les nomades Sabs. La voix dans sa tête dit qu'il est un "humain". "Nu main" ? Ses mains sont larges comparées à celles de son maître disparu et moins velues que celles des Sabs au pelage dru. Mais la voix insiste ; elle dit qu'elle envoie quelqu'un pour le récupérer. Bientôt, très bientôt.

La nuit, Pedro est agité. Il repense à son rêve : ce géant de pierre surgissant du sol pour écraser les gens mauvais. Sa colère se nourrit de ces souvenirs, de toutes ses souffrances passées, de son maître perdu.

La dépouille a lentement glissé jusqu'à lui. Il la sent. Il s'en approche et touche le corps. Avec horreur, il constate les mutilations. Sa colère contenue se transforme en rage aveugle. Il explose comme un volcan et se propulse vers la surface. Plus il monte et plus il attire à lui la poussière, le sable et les roches qui l'entourent. Les grains de sable et les pierres lui obéissent. Ils font partie de lui.

Soudain IL surgit. Ce n'est plus Pedro; c'est une énorme masse rocailleuse. Une silhouette grossièrement humanoïde, un tsunami minéral. IL fond à grande vitesse sur le campement de tentes en bordure de la caldeira.

Le guetteur n'a pas le temps de comprendre ce qui arrive vers lui. Il connaît les tempêtes de sable, les tourbillons de poussières qui peuvent déchiqueter un Sab isolé ou un captif mais, un mur humanoïde en mouvement, il ne sait pas ce que c'est.

Quelques instants plus tard, le garde meurt le crâne et le corps fracassé par des centaines de roches lancées à toute vitesse. Tout le campement est lapidé, déchiqueté, soufflé par la vague surgie du cratère.

Quand la colère s'estompe, le colosse se dissout tel le sable dans un sablier et Pedro, seul, vidé de ses forces et de sa colère, se laisse choir au milieu des dizaines de corps des Sabs, brisés, écrasés, à demi-ensevelis.


Alors, au moment de s'évanouir, la voix résonne à nouveau dans sa tête : "Nous sommes là !"

Devant Pedro, l'air se trouble, tel un mirage provoqué par la chaleur. C'est son maître qui le lui avait expliqué, se souvient-il avec nostalgie. Mais dans ce mirage-là, point d'oasis. C'est d'abord un bipède, comme lui, encapuchonné puis d'autres insolites silhouettes qui apparaissent. Des "nus-mains", des bipèdes comme lui ? Sans s'en rendre compte, Pedro s'est relevé et marche vers eux, complètement hébété. Des bras s'ouvrent ; ils l'accueillent. Pedro se sent bien. Il a trouvé de nouveaux bons maîtres. Ou peut-être autre chose d'encore plus agréable, amical ...

vendredi 26 octobre 2018

Nouveau porte-parole [ébauche de personnage]

C'était l'effervescence au village ! L'aboyeur public arpentait toutes les rues et les champs alentours. L'Oracle, la Voix, le Porte-Parole du Très-Haut (selon les titres dont on le désignait) arrivait au terme des vingt-quatre lunes.  Il allait désigner un successeur et le jour de cet événement était ... demain !

LiSien et ses amis n'avaient qu'une poignée de lunes. Ils étaient en âge d'être choisis. Leurs mapas les cherchaient déjà :

- "Vite, rentrez à la tanière ! Il faut se préparer pour le grand jour !"

L'excitation frôlait la panique mais heureusement, le rituel était bien établi et les gardiens des traditions, au pelage grisonnant, veillaient à ce que tout soit respecté. Toute la nuit, les hurlements sacrés furent entendus jusqu'à l'océan, par-dessus les mesas. Les anciens revêtirent leurs tenues et les plastrons d'os. Les mapas se couvrirent de fleurs, les bras chargés d'offrandes. Enfin, les novices, candidats à la succession de l'oracle, se présentèrent nus en symbole de pureté originelle.

Au petit matin, la procession se mit en marche déjà hébétée de fatigue et sonnée par les chants nocturnes. après une traversée des sous-bois, au pied de la Grande Mesa, elle fut rejointe par d'autres processions issues de tous les villages de la côte qui rendaient aussi un culte à l'oracle.. Ensemble, ils se mirent à gravir cérémonieusement les marches gravées à même la roche. Couvertes de mousse jusqu'à hauteur des arbres, elles apparurent à une vingtaine de mètres du sol. Mais l'ascension était loin d'être terminée. Le soleil commença à se montrer impitoyable pour les marcheurs. Puis, entre ciel et terre alors que la canopée était tout aussi lointaine que le sommet de la montagne verticale, une légère brume apporta un regain de force aux grimpeurs.

- "Prenez garde ! Nous approchons du but mais la cascade va rendre les marches de plus en plus glissantes. Surveillez où vous posez les pattes !".

La procession s'étira prudemment, chacun veillant à poser ses quatre jambes sur chaque marche tout en assurant des prises sur la paroi avec les deux mains.Enfin, ils atteignirent le sommet du pan de falaise jadis détaché de la montagne sacrée. Les marches y avaient été gravées depuis des générations. On accédait à un plateau séparé de la montagne par un gouffre profond où s'enfonçait une chute d'eau tombant directement du sommet inaccessible de la Grande Mesa. C'est là que l'oracle apparaissait et prodiguait ses révélations si utiles à la survie et la prospérité des villages côtiers.

Peu à peu, tous les processionnaires prirent place sur l'amphithéâtre rudimentaire. Les anciens entonnèrent les chants choraux tandis que les novices se rassemblaient timidement au devant de la scène, accompagnés par leurs mapas encore plus ému-e-s qu'eux-mêmes. Soudain, le rideau d'eau se troubla. On aperçut en ombre chinoise la silhouette de l'oracle et l'eau se fendit sur son passage. Il était visiblement très fatigué portant le poids des ans sur son échine.



L'oracle écarta les bras et, d'une voix tremblante, prit la parole :

- " Bienvenue. Mon esprit va bientôt se fondre dans celui du Grand Univers et mon enveloppe corporelle rejoindra la terre nourricière. Il me faut désigner un nouvel oracle pour vous apporter la parole du Très-Haut. Que les novices s'approchent !"

Respectueusement, les jeunes l'entourèrent, à portée de main. Depuis longtemps déjà, l'oracle était aveugle et subsistait d'offrandes. Son pelage avait perdu son éclat et sa coloration, lune après lune. Sa fin était indubitablement proche. Une à une, il examina les têtes des novices avec ses mains noueuses, de la pointe des oreilles au bout du museau. La foule observait silencieusement, religieusement. Puis l'oracle s'arrêta sur LiSien du village de Bois-Chéri. Sa silhouette voûtée se redressa et retrouva momentanément son gainage d'antan et ses yeux brillèrent d'une étrange lueur :

- "Voilà  l'élu ! C'est lui qui va m'accompagner."

Le visage résigné, les autres candidats rejoignirent leurs mapas et le reste de l'assistance.

- "A la prochaine lune, vous aurez un nouvel oracle", déclara solennellement le porte-parole du Très-Haut pour conclure cette cérémonie.

Ensemble, LiSien et l'oracle se retournèrent vers le rideau de la cascade et, après une seconde d'hésitation, le novice suivit son guide tandis que l'eau glissait au-dessus de leurs têtes sans les toucher.

Ils gravirent les premières marches dans l'obscurité; moment angoissant pour le jeune Aalisien dont le destin était désormais scellé. Les marches étaient glissantes à cause de la cascade mais larges et de faible hauteur. LiSien se laissa guider en posant les mains sur la croupe du vieillard. Au pied d'une galerie en colimaçon, le passage dissimulé s'emplit de lumière douce et apaisante. LiSien chercha instinctivement les torches d'où cette lueur provenait mais tout ce qu'il aperçut fut un globe qui flottait nonchalamment au-dessus d'eux. Intrigué, il huma pour sentir la fumée, en vain, puis approcha la main. Pas d'odeur, pas de chaleur et aucun fil ne retenait cette bulle de verre au plafond.

- "C'est de la magie !" pensa-t-il à haute voix.

jeudi 25 octobre 2018

Maftouh el Bab [ébauche de personnage]


"L'ouvreur de portes" avançait en tête du convoi. Avec ses frères caravaniers, ils traversaient l'immense désert continental de Biglande, approvisionnant les petites communautés des oasis reculées. Artisanat, denrées alimentaires confites ou séchées,armes blanches quelques fois, toutes les marchandises passaient entre les mains de ces marchands du désert.

Mais grâce à Maftouh, cette caravane possédait une avantage sur toutes les autres car il possédait un don extraordinaire : celui d'abolir les distances. Il se concentrait, entonnait un chant incantatoire, parfois tournait lentement sur lui-même et, soudain, un miracle se produisait : une Porte s'ouvrait. Toute la caravane s'y engouffrait et, tel un mirage dû à l'air brûlant du désert, elle disparaissait à la vue de tous.

Néanmoins, ce rituel infligeait une douloureuse contrepartie à Maftouh. La chair frémissait sous les flux d'énergie libérés par l'opérateur.. Toute la surface de sa peau semblait fouettée par des cristaux de verre, des étincelles de chaleur, des brûlures électrisantes. Et plus il s'aventurait dans cet entre-monde par lequel il faisait transiter ses compagnons, plus ses cauchemars devenaient abyssaux, terrifiants, peuplés de créatures inimaginables, à perdre la raison.

Cela faisait des années qu'il avait découvert son don mais c'était pour lui plus une calamité qu'un cadeau des dieux. D'ailleurs, il les maudissait de lui apporter tant de douleur et de le couvrir de ces cicatrices cabalistiques à chaque fois qu'il ouvrait une Porte.

La caravane avait accumulé des trésors depuis qu'il permettait aux siens de franchir, en l'espace d'un instant, ce que d'autres mettaient des semaines à traverser, à condition de ne pas y perdre la vie. Tous les gains, pierres précieuses, objets de valeur et pièces de métaux divers étaient entreposés dans la Kaba'ne, une construction cubique de pierres de sable, au cœur de l'oasis la plus reculée de Biglande.

La vie prospère de la caravane du Bab prit fin brutalement. Des jalousies, une trahison, des espions, nul de le sut vraiment mais, de retour d'une campagne particulièrement lucrative, la caravane fut attaquée à son retour à la Kaba'ne. Ce fut un carnage. Personne ne fut épargné sauf Maftouh qui fut capturé et à qui l'on imposa de se soumettre ou de subir le même sort que ses congénères. A la mort ou la soumission, il préféra ... la fuite. Malgré ses liens, malgré la torture, il parvint à ouvrir une Porte et s'échappa, presque mourant, le visage de ses tortionnaires à jamais gravés dans son esprit.

Les pilleurs, devenus immensément riches, faute de pouvoir accumuler encore plus de richesses, se partagèrent le butin déjà fort conséquent et séparèrent peu à peu. Ils commencèrent une vie d'opulence qu'ils croyaient longue et heureuse.


Mais c'était sans compter sur la soif de vengeance de Maftouh el Bab. Remis de ses blessures, animé par la pulsion de mort, il réapparut tel un démon à chacun des quarante voleurs. Non seulement il put aisément leur reprendre le butin qu'ils avaient dérobé mais en plus, il damna leur âme en les plongeant dans les Abysses (les 666 strates à commencer par Pazunia) peuplées d'horreurs comme le Seigneur Pazuzu, Baltazo la sentinelle du Puits de Cœur-Creux, vassal du grand prince -démon Fraz-Urb’luu, ou encore  la princesse recluse Aldinach qui se délecte dans la perversion d’âmes innocentes, jusqu'au Sultan des Démons, Azathoth , en passant par d'innombrables autres divinités effrayantes telles que Lu Yueh dieu des épidémies, Tou Mu déesse de l'étoile du nord, Kali déesse de la préservation, de la transformation et de la destruction, Lolth la reine-araignée, Vaprak divinité des Ogres et des Trolls, Laogzed dieu des Troglodytes .. jusqu'à ce que la folie et la mort ne les arrachent à son courroux insatiable.



Sa vengeance accomplie, Maftouh el Bab se mit à errer sans but sur les étendues immenses du désert central, l'esprit dans les limbes. C'est alors que Sri Tanisnute le découvrit ...


Pareil à l'Humain [Primordial] tu Seras

Homo-Homo ou HomoHomoH ou HomoH

Idem Humanum Prima Eris

Ordre religieux visant le retour à l'Eve et l'Adam Primordiaux par mariages sélectifs mais sans manipulations génétiques.

L'humanité a frôlé l'extinction plusieurs fois sur Sol III (explosion du volcan Toba vers 73000 avant J.-C., apocalypse au XXIème siècle lors de la Guerre des Trois Jours ) mais pas ensuite car l'Humanité était déjà dispersée sur plusieurs mondes du système solaire ou carrément sur des exoplanètes.

Cet ordre "Homo-Homo" ("même humain", "pareil à l'humain")  cherche la perfection dans l'uniformité, dans ses racines mitochondriales, l'homogénéité mais en refusant le clonage ... du moins pas avant d’avoir retrouvé l'Humain (le couple humain) primordial.

De ce fait, les "déviants", ceux qui s'écartent de la ligne de reconstruction du génome initial, ceux qui sont trop "typés", qui possèdent des particularités marginales (mutations exotiques, pouvoirs non-conformes ...) sont écartés du programme des mariages arrangés.

Mais, par respect pour la vie, ils ne sont ni détruits ni stérilisés : ils sont cryogénisés et "confiés" à qui voudra s'en occuper. Ainsi, des colons mais aussi, hélas, des esclavagistes, débarrassent l'Ordre de ses "rejets".

Un vaisseau chargé de cette cargaison humaine fit jadis naufrage sur Aalis. La plupart des passagers endormis brûlèrent dans l'atmosphère ou s'écrasèrent sur le sol. Quelques (mal)chanceux survécurent néanmoins. Leur "œuf d'acier" s'ouvrit, les libéra et ... la lutte pour la survie put commencer. Les "déviants" avaient été classés selon leurs "anomalies"  et, ainsi regroupés, purent constituer des "familles" apparentes, des "clans". D'autres, complètement isolés, ne durent leur survie qu'à la curiosité voire l'affection de certains Aalisiens envers ces "bêtes curieuses" ... Des "animaux de compagnie" aux étonnantes capacités toute de même; comme le "passeur" qui permettait d'aller d'une oasis à l'autre à une vitesse fulgurante, ou ce "fouisseur" qui pouvait récupérer des cristaux dans la poussière comme s'il plongeait dans de l'eau limpide. Certains étaient associés à des divinités locales : le "Geysir d'Haukadalur", la "Dame du Lac", "l'Esprit de mort", etc.

Le Clan des Longues Jambes (ou Échassiers de la Savane) effectuait sa migration annuelle en longeant la côté mais en restant prudemment au sommet des falaises qui surplombaient la mangrove. Pas question pour ces marcheurs de s'aventurer  dans les fissures humides qui descendaient à-pic jusqu'au niveau de la mer. Hors de question également d'essayer de s'enfoncer vers l'intérieur des terres : la savane s'y raréfiait et le siroco rappelait aux téméraires que seule la désolation, la sécheresse et la mort les attendaient au cœur de cet immense continent.

lundi 22 octobre 2018

[Exergue] Histoire contemporaine et politique intérieure de la Marche de Calypso

Le Marquis Alf Ier de Calypso réussit à asseoir son autorité en s'attachant le soutien des minorités ethniques de la planète-capitale.

Aux Mels qui avaient été les premiers colons, les cultivateurs (vers 10600, à la même époque que la fondation de la République du Cygne), il attribua le contrôle de la verdoyante planète Venceslas; encourageant l'émigration vers ce monde nouvellement annexé.

Les Myens (dont la diaspora s'étendit jusque dans le Secteur Corporatiste à partir de 10900) reçurent quant à eux l'autorisation de coloniser Sidoine, l'industrielle, pour ses ressources naturelles.

Aux Moris, qui avaient constitué la troisième vague (après 11000), le Marquis attribua Marina ; aussitôt rebaptisée Moana. Ils prirent le contrôle de la surface et reléguèrent les homo mermanus (des Humains amphibiens à la peau bleue-verte) au rôle d'intermédiaires.

Ainsi, la majorité Zatens/Zats (depuis 11400) était contrebalancée par ceux qui avaient jadis été évincés du commandement de Calypso.

Grâce au peuplement des colonies, le Fief Calypso se mua effectivement en Marche Calypso; bien plus efficacement sur le long terme qu'avec une simple occupation militaire.

La rancœur des Zatens/Zats était grande, cependant, et ils ne manquaient pas d'entretenir des rumeurs selon lesquelles la disparation du Chevalier Auguste-Henri avait été provoquée par son successeur et gendre posthume : Alf.

Celui-ci était en effet un roturier, certes très riche mais au passé fort trouble. Il avait épousé la jeune orpheline Victoria, héritière du trône, avec une rapidité qui stimulait toutes sortes de soupçons.

La version officielle était autrement plus romanesque.

"Touché par la grâce et la beauté adolescente de Victoria, noble orpheline éplorée, le valeureux Alf, célèbre corsaire des étoiles, vint lui offrir tout son trésor colossal, butin de mille explorations dans les Confins, et la demanda en mariage. Ils vécurent heureux ... " [le temps d'armer une flotte de guerre]

En effet, avec le trésor du corsaire (d'énormes cristaux de cabirium) et le concours des chantiers astronavals de Botajef, Victoria fit bâtir une flotte de guerre dont elle confia le commandement à son époux.

De conquêtes en succès, celui-ci étendit le Fief (modeste avant-poste impérial de la Bordure qui se limitait à un seul système stellaire) au rang de Marche. Promu Aristo par alliance, le néo-Noble Alf Ier grimpa dans la hiérarchie de façon foudroyante en à peine quelques années. L'Empire Galactique s'était trouvé un nouveau Marquis.

Voir aussi : Vagues successives du peuplement de Calypso :
https://calypso1577.blogspot.com/2016/06/vagues-successives-du-peuplement-de.html

mercredi 17 octobre 2018

La Guerre d'Oracle (issue de la chronologie du Bras d'Orion) à intégrer dans "Une Histoire du Futur"

Orion's Arm est un projet de création de mondes de science-fiction en ligne regroupant plusieurs auteurs. Il a été créé en 2000 par M. Alan Kazlev, Donna Malcolm Hirsekorn, Bernd Helfert et Anders Sandberg, et a ensuite été co-écrit par de nombreuses personnes.

Le site du Bras d'Orion ("Orion's Arm" en anglais) fournit aux internautes tout un univers où les intelligences artificielles ont atteint un statut divin et où les individus génétiquement modifiés côtoient une grande variété de machines conscientes. Cet univers évoque celui de l'auteur de science-fiction Iain M. Banks et sa série La Culture.

Concernant les événements d'anticipation historique qui y sont décrits, je vais m'intéresser plus particulièrement à la période correspondant à leur "époque contemporaine" (c'est-à-dire au-delà de l'année 12.000 selon notre calendrier chrétien) et retenir certaines dates de la Guerre d'Oracle ("Oracle War" en anglais) pour étoffer et/ou préciser la chronologie d'Une Histoire du Futur; mon prochain livre.

Dans Orion's Arm, toutes les dates sont exprimées en "AT" ; ce qui signifie "Après l'alunissage dans la mer de la Tranquillité.". Le dimanche 20 juillet 1969 "AD" ("Anno Domini",  du calendrier chrétien) sert donc de référence au calendrier. C'est en quelque sorte le jour où l'humanité est passée du niveau technologique 3 (NT3 = industriel) au niveau technologique 4 (NT4 = interplanétaire).

Dans la chronologie détaillée qui est proposée, j'ai identifié les périodes suivantes qui correspondent bien à ce que j'avais déjà glané dans d'autres classiques de la science-fiction (cf. : L'Histoire du Futur inspirée des classiques du space opera ).


1) Premiers mondes dotés de Machines Oracles - Après 5000 AT (soit après 6969 AD)

L'émergence et la diffusion des Machines Oracles sont rendues possibles par la communication instantanée mise au point en 7017 consécutivement à la découverte des hyper-ondes, puis la mise au point de la communication hyper-spatiale.
L'humanité passe d'une période dite de "Colonisation" à une autre dite "d'Expansion". C'est à cette époque que la Loge Tekno est créée, et que la régression technologique des mondes éloignés est stoppée.

2) Les Machines Oracles s'établissent dans de nombreux systèmes indépendants au-delà des Régions du Milieu - 7700 AT (soit 9669 AD) :

Cette période correspond à la Décadence (9512-9798) dans ma synthèse L'Histoire du Futur d'après les classiques du space opera.
Les mondes dominés par les machines pensantes (Mondes Synchronisés) rivalisent avec ceux qui refusent leur domination (Ligue des Nobles).
Il semblerait toutefois que les Machines Oracles s'intéressent plutôt aux mondes de niveau technologique inférieur (les Planètes Non Alignées) qui sont mis en quarantaine.

3) La Guerre Sectaire entre les  adeptes de deux branches du culte des Machines Oracles
8620 AT (soit 10589 AD) La Guerre Sectaire commence
8700 AT (soit 10669 AD) La Guerre Sectaire  dégénère - "Mascarets infernaux" (Hellbores) et "Bombes à impulsions" (Boostbombs) sont utilisés
9107 AT (soit 11076 AD) La Guerre Sectaire se termine - Les Tempobouclistes sont vaincus par les Variabilistes

La majeure partie de ce conflit se déroule pendant le Kralizec, juste après le décès de l'Empereur-Dieu Leto II Atréides (10570). Il se poursuit jusqu'à l'époque de l'Empereur de l'Humanité ("Osiris", père d'Horus), vers 10840 (soit 28 décennies après la mort de Leto II).
Quelques poches belliqueuses, éloignées de la Centralité, font que la Guerre Sectaire ne se terminera dans la Bordure que plusieurs décennies après le Concile d'Amiltène de 11000 qui détermine quelles sont les Églises officielles de l'Empire Galactique.

4) Le Culte unifié se dote d'une figure mythique et envoie des missionnaires dans les régions frontalières de l'Empire

9150 AT (date approximative) (soit 11119 AD) Ascension (élévation) de la Sibylle (une prophétesse, une femme qui fait œuvre de divination).

9200 AT (soit 11169) Le travail de mission commence dans la province impériale MPA (Mutual Progress Association) supervisée/gérée par l'IA Binah, tolérante, qui ne mesure pas le caractère invasif des Machines Oracles.

Cette époque correspond à celle de la dynastie Trans-Bourbon (11035-11403) et, plus précisément, à la fin du règne de Rosemonde Ier le Rebis et au début de celui des siamois Artaran et Marlana.
Les Teknos de la Centralité, aussi, auront un culte pour une entité maléfique : la Tenebrae.

5) Le Culte du Mystère devient indésirable dans l'Empire
9966 AT (soit 11935) Enclaves du Culte du Mystère dans les mondes/mégastructures Kepleria, le Monde-échelle Jke et ailleurs
Kepleria
 Echelle de Jke
9992 AT (soit 11961) Fin de la guerre sur le Monde-échelle de Jke
10075 AT (soit 12044) Le Réseau de Trou de Ver (ou Tunnels) place le Culte du Mystère en  quarantaine

Le Grand Empire de Trantor (11600-12330) se débarrasse de la nuisance que représente le Culte du Mystère et les Machines Oracles pendant la décennie de dictature militaire qui succède à l'assassinat de l'empereur Cléon Ier (12038). En 12048, la junte militaire met le fantoche Agis XIV sur le trône impérial.
Hari Seldon vit à cette époque (11988-12069) et c'est en 12020 qu'il présente la psychohistoire au Congrès Décennal de Mathématiques sur Trantor. Peut-être que cette nouvelle science libère l'Empire du recours à ces Machines Oracles invasives.


6) Des flottes d'invasion se ruent sur les fragments de l'Empire disloqué

10480 AT (soit 12449) Départ des premières flottes de "porteurs-de-joie"
10513 AT (soit 12482)  Destruction du monde Hattusas
10515 AT (soit 12484)  Une guerre interstellaire à grande échelle éclate dans toute la MPA et le Pays du Cœur du Néant
10519-10530 AT (soit 12488-12499) Ascension de Binah au 6ème niveau toposophique
10537 AT (soit 12506) Desheilo est détruite
10545 AT (soit 12514) Le Réseau Sephirotique est fermé dans le volume des combats
10552 AT (soit 12521) Le Réseau de Diamant est fermé
10565 AT (soit 12534) La guerre du Monde-Cerceau se termine - L'évacuation commence

10574 AT (soit 12543) La mégastructure Kepleria est sauvée
10580 AT (soit 12549) Le Monde-Cerceau se déchire
10591 AT (soit 12560) Le Groupe de Prédiction est capturé. La Sibylle disparaît.

En 12330, c'est le Seigneur de la guerre Gilmer qui sonne le glas de l'Empire de Trantor.
Les différentes régions sont ensuite la proie à des invasions diverses : celle du Mulet (12366-12380) qui fonde l'Union des Mondes (avec Kalgan pour capitale).
Puis les "porteurs-de-joie" de 12449 à 12560.
Mais aussi les Honorées Matriarches, les Belluaires, etc.